‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 123 sur 207 · DEUX PAYSAGES DE CLAUDE LORRAIN, DE SA PREMIÈRE · texte numérisé non relu

DEUX PAYSAGES DE CLAUDE LORRAIN, DE SA PREMIÈRE

MANIÈRE. — Aucune partie de ces deux taltleaux ne répond à la gloire sans rivale de Claude Lorrain, et pourtant ce sont des essais de son adolescence qu'il ne désavouera pas dans toute la magie et la puissance de son talent. Ces eaux, ce ciel, ces arbres ne sont pas encore l'inimitable Claude, mais Galathée n'était pas elle-même, un moment avant de recevoir le souffle divin. »

(( l'ecce HOMO du CtUerchin. — L'iiomme-Dieu, <lans ce tableau , a comme devancé sa gloire ; il règne déjà par la sublimité de son expressive et majestueuse beauté. L'excès d'une sainte douleur a pénétré toutes ses chairs ; elle est comme une flamme intérieure qui, en les dévorant, colore ses joues transparentes. Ses yeux sont levés au ciel et dans ce regard, quelle force de prière, de volonté, de désir et de miséricorde ! Toutes les plaies, tous les péchés des hommes sont présents dans cette incompréhensible unité à la pensée du Sauveur ; il en est déchiré, mais on sent qu'il n'a pas un gémissement pour lui-même. Ah ! celui que la terre n'a vu qu'im moment pour l'adorer et le pleurer toujours est là, devant elle, dans cette majestueuse et pourtant évidente union des deux natures, dont l'invisible est encore celle qui parle le plus puissamment à notre intelligence et à notre cœur ! »

Page 1