‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 18 sur 207 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

core spirituelle et littéraire, résonnent dans les Souvenirs de M"" Xecker. M'"' Swetcliine leur emprunte beaucoup.

M. Borda était un marin et un voyageur distingué, fort goûté dans le cercle de M"'e Necker. On rapportait devant lui que Struenzé avait, dans son interrogatoire, laissé échapper des aveux compromettants pour la reine de Danemarck. M. Borda reprit aussitôt : — Un Français l'aurait dit à tout le monde, il ne l'aurait avoué à personne.

M. Dubucq, dont l'administration dans nos colonies a laissé de brillants souvenirs, disait : — Le gibet est une flatterie pour le genre humain : on pend de temps en temps trois ou quatre personnes pour laisser croire aux autres qu'ils sont d'honnêtes gens.

Les gens qui attendent le trait pour parler sont insupportables ; ils vous obligent à faire le fond de la tapisserie dont ils ne veulent broder que les fleurs.

L'homme qui nous est le plus inférieur en général, nous est supérieur en quelque point. Il faut donc converser avec lui sur les sujets sur lesquels il a l'avantage, afin de nous élever dans son entretien.

Recevoir une visite, c'est toujours courir un risque : on n'est pas tenu de plaire aux gens qu'on ne voit pas ; mais quand on les a reçus, il faut les traiter avec grâce, raison et patience.

Il ne faut jamais, dans la société, prendre un air imposant, ni disputer contre ceux qui ne sont pas de votre avis avec une physionomie altérée; la conversation est une arène dans laquelle on doit vaincre à la course, et avec la légèreté d'Atalante; mais il n'est permis d'arrêter son adversaire qu'en lui jetant des pommes d'or. L'amourpropre pardonne souvent des objections fortes et même sévères, dans le tête-à-tête ; il n'oublie jamais une physionomie trop prononcée ou des propos désapprobateurs tenus en public.

M. Tiiomas dit qu'un visage sans expression est un sourd-muet de naissance.

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