‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 20 sur 207 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Bonheur veut un parti sortable.

Riche dot et bonne maison ; Malheur se sentait moins aimable :

Il eut moins de prétention.

Bonheur épousant l'Inconstance, Se trouva bientôt malheureux; Malheur épousa l'Espérance, Et finit par se croire heureux.

Le second volume des recueils de M"* Swetchine est daté du 12 décembre 1803. Les lectures embrassent généralement un ordre d'idées plus suivi et plus élevé. Duclos s'y trouve encore de temps en temps à côté de Pascal ; mais Pascal domine, ainsi que Massillon.

Quelqu'un s'étonnait qu'elle lût avec tant de soin le Tableau de Paiis, par Mercier, et voulait lui démontrer la faiblesse de cet ouvrage. M""' Swetchine l'interrompit en disant : — Puisque je dois tout lire, qu'importe par où je commence.

C'est à leur origine même que M"* Swetchine poursuit déjà les questions religieuses :

Les autres religions, comme les païennes, sont plus populaires que la religion chrétienne, car elles consistent toutes en extérieur; mais elles ne sont pas pour les gens habiles. Une religion purement intellectuelle serait plus proportionnée aux habiles, mais elle ne servirait pas au peuple. La seule religion chrétienne est proportionnée à tous.

(Pascal.)

A la suite diiii passage du P. Bridaine, on lit :

Saint Vincent de Paul était fort assoupi le jour de sa mort; un de ses amis s'étant inquiété de ce sommeil continuel, il répondit ; — C'est le frère qui vient au devant de la sœur.

La Harpe reparait, mais c'est 1h La Harpe indigné

contre les excès du siècle dont il avait partagé les premiers entraînements :

Destructeurs imbéciles ! vous avez crié victoire ; et où est-elle aujourd'hui cette victoire? Tous les jours vous frémissez de rage en voyant Taffluence qui remplit nos temples : ils ne sont plus riches, mais ils sont toujours sacrés; ils sont nus, mais ils sont pleins; la pompe a disparu , mais le culte est demeuré ; on n'y foule plus les marbres et les tapis précieux , mais on s'y prosterne et on y pleure sur des décombres; l'appareil du sacritice est pauvre, mais l'adoration est profonde et la piété pure.

Le sens commun prescrirait aux impies, au lieu de songer à interroger Dieu, de songer à ce qu'ils auront un jour à lui répondre.

(La Harpe.)

Notre amour-propre sacrifie tout avec résignation, pourvu qu'il ne soit pas sacrifié lui-même.

Suivent plusieurs pages consacrées à la préparation et à l'acceptation de la mort.

Une amitié serait jeune après un siècle, une passion est déjà vieille après trois mois. (Vigée).

Platon donnait un repas somptueux. Diogène entre chez lui en marchant sur un superbe tapis : — Je foule aux pieds l'orgueil de Platon. — Oui, répliqua Platon, mais c'est avec l'orgueil de Diogène. ' ,

Sur un fragment de Zimmermann [La Solitude) M"* Swetchine a écrit au crayon : « Quelle bévue dans le traducteur, de mettre le mot fierté pour orgueil ! »

Les lettres du comte de Yalmont, l'histoire du jacobinisme de Barruel, Paul et Virginie, Bourdaloue, M. Laya, la marquise de Lambert, des poésies de Ducis, le Jom'des morts de Lemière, se partagent le troisième volume dans

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