CHAPITRE II
lequel Bossuet figure pour la première fois. Les sonnets italiens abondent ; l'allemand et le russe reçoivent aussi une part. Le troisième volume se termine par une longue analyse des Préceptes de la législation de Lycurgue.
Le quatrième volume porte la date de 1 806 . Les romans de M"'' Cottin, les sermons de l'abbé Poule, des poésies anglaises et italiennes le remplissent.
Le tome cinquième s'ouvre par de longs extraits de Delphine, de M™^ de Staël. C'est ici que pour la première fois M"'' Swetchine interrompt ses citations et prend ellemême la parole avec quelque développement.
« Si ce recueil n'était pas uniquement destiné à moi seule, j'aurais hésité à transcrire des fragments de cette lettre où Delphine déploie des opinions si peu semblables aux miennes. Les moins dévots en seraient peut-être scandalisés, les plus indulgents pour moi y eussent vu une disparate choquante et tous se seraient mépris sur mon intention. Mais comme je ne rassemble ces matériaux épars que pour moi seule, et que par conséquent je n'ai point à redouter les interprétations malignes, j'ai cru devoir me permettre de placer ici un morceau qui m'a paru plein de sensibilité, de chaleur et de vie, me contentant d'ajouter, pour prévenir un faux jugement, que l'oubli du passé pourrait me faire porter contre moi-même dans l'âge avancé où je relirai ce recueil que, depuis que mes yeux dessillés se sont ouverts au jour de la vérité, mes opinions sur ce point important n'ont jamais varié. »
Au-dessous de ces lignes écrites à l'encre, on lit , écrit au crayon :
« Aujourd'hui, 5 mai 1834, à l'âge de 51 ans et 3 mois, j'atteste en souriant de ces scrupules, <{ue dans ces vingt-
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huit années qui ont complété, toujours de plus en plus animé et fortifié ma foi, jamais le plus léger doute ne s'est élevé en moi, et, qu'invariablement attachée aux grandes bases du christianisme , je n'ai connu quelques oscillations que pour devenir, dans le sein de l'Eglise catholique, plus chrétienne encore. »
Après le fragment de Delphine, on lit :
En attendant que Dieu nous délivre de nous-mêmes, nous devons en être désabusés. " (Saint Augustin.)
La perfection supporte facilement Timperfection d'autrui Dieu laisse dans les âmes les plus avancées certaines faiblesses disproportionnées à leur état éminent, comme on laisse des monceaux de terre qu'on nomme des témoins dans un terrain qu'on a rasé , pour faire voir par ces restes de quelle profondeur a été l'ouvrage de la main des hommes. Dieu laisse aussi dans les grandes âmes des témoins ou restes de ce qu'il en a ôté de misère.
L'âme n'a pas de secret que la conduite ne révèle — (Je crois que c'est Chinois.)
Le Français est ce méchant enfant que caractérisait la mère de Du Guesclin : Celui qui bat toujours les autres.
Si je fais quelque cas de la science, c'est qu'elle me donne le droit de réclamer le silence quand je parle de religion. (Leibnitz. )
Quand on me fait une offense, je tâche d'élever mon âme si haut que l'offense ne parvienne pas jusqu'à elle. (Descartes.)
Il ne faut pas se mettre en colère contre les choses , parce que ça ne leur fait absolument rien. ( Marc Aurele. )
Le célèbre Morgagni, au milieu d'une dissection, s'écria en laissant tomber son scalpel : — Ah! si je pouvais aimer Dieu comme je le connais!
Mes pauvres, disait Boerhave, sont mes meilleurs malades : c'est Dieu qui p.iie pour eux.