‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 207 sur 207 · I.ETTHK AL' CO.MTK · texte numérisé non relu

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sorti pour quelques instants. Lorsque je rentrai , M^'^ de Poniaret et M'"*^ de La Rochefoucauld causaient auprès de son canapé. Le nom de M. Andral avait appelé celui de M. Royer-Collard. M^^e Swetchine qui aimait beaucoup ^L Royer-Collard. alimenta encore cette conversation. On en vint à parler de la révolution de Juillet et de l'adresse des 221. Mi'e de Pomaret racontait comment, en contribuant au vote et à la rédaction de cette adresse, M. Royer-Collard n'avait entendu que ménager au roi Charles X , pour lequel il professait un affectueux respect, l'occasion de reculer honorablement, et de rentrer dans des voies qui eussent été celles de la prospérité générale de la France et de l'Europe. — Cela rappelle un peu, dit la duchesse de La Rochefoucauld, en se tournant vers Mnie Swetchine. ce monsieur qui vous promettait de faire le bonheur de sa femme , et auquel vous répondiez : Contentez-vous de ne pas l'empêcher. — On s'entretint aussi avec un intérêt animé de M™« de Gontaut et du mariage de sa petite-fille avec M. de Cossé.

» t'n peu avant le dîner, M. Andral revint et procéda, comme de coutume, à la visite des jambes. Il sortit beaucoup plus content. La gangrène avait pour ainsi dire disparu. — n y a là, dit-il, un tour de force de vitalité dont je suis stupéfait. — A ces mots, nous ne pûmes nous défendre d'un mouvement de joie inespérée. La soirée ne démentit pas ces heureux pronostics. }i\^^ Swetchine parla moins librement que dans la journée, mais continua à témoigner le même intérêt et la même affection à ceux qui l'approchaient. Elle gardait encore sa gaieté douce et l'ingénieuse rédaction quilni était habituelle, même pour les choses communes. Elle disait à M"ie Craven en parlant

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du fauteuil plus commode qu'elle avait accepté depuis deux ou trois jours, et qui était celui de sa femme de chambre : — Comprenez-vous, ma chère Pauline, que je découvre pour la première fois ce que c'est qu'un fauteuil, et que j'ai attendu jusqu'à cette heure-ci pour me douter de ce que c'est que le confortable ? Que d'actes de macération involontaire, ajoutait-elle eu souriant, j'ai fait faire à tous ceux qui sont venus s'asseoir chez moi depuis tant d'années, sur des fauteuils durs, avec des bras de bois ! — M. Andral lui avait recommandé de manger le plus possible. Lorsqu'il fut sorti . elle dit à M'ne Craven : — ]\[aintenant je vais m'occuper à recueillir tous mes souvenirs et toute ma science gastronomique pour composer un menu qui fasse plaisir au docteur.

Le soir venu, le mieux se soutenait encore; elle reçut M. et M°" Cochin, les retint lorsqu'ils voulurent la quitter, et nous nous séparâmes tous pour aller prendre pour la première fois un repos accompagné d'une sorte d'espérance. Le lendemain, lorsque je rentrai chez elle, ma première impression fut celle d'une douloureuse surprise. Elle avait fait apporter son lit dans le salon, et elle me reçut couchée. Je lui demandai si sa nuit avait été mauvaise. — Non. me dit-elle; mais soyez sur que le mieux ou le plus mal ne signifie absolument rien. J y mets bien de l'impartiahté, je vous assm^e. J'ai en moi le vague sentiment que j'ai encore plus de vie qu'on ne l'imagine peut-être ; d'autre part, je sens aussi que je puis paraître devant Dieu d'ici à quelques heures; .c'est donc à cela surtout qu'il faut s'attacher. — Ces paroles, succédant sans transition aux espérances de la veille, me pénétrèrent il uiif inexprimable trislesse. Tout, dans son accent,

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dans le serrement de sa main, dans son attitude, me révélait que rencouragement était destiné à nous soutenir, mais que sa conviction était tout entière du côté de l'arrêt le plus prochain. J'eus beaucoup de peine à surmonter mon émotion , pas assez de force pour la lui cacher tout entière, et je lui dis du moins combien j'avais remercié Dieu de m'avoir conduit et laissé près d'elle en ce moment. — Ce que je vais vous répondre est presque singulier à dire; eh bien! mon ami, je vous crois, et j'ajoute que vous avez raison ; il faut toujours remercier Dieu de nous montrer la vérité, et, croyez-moi, la vérité est ici. — Elle prononça ces derniers mots avec une sorte de solennité douce, pleine d'onction et un geste qui, en me montrant son lit. disait : c'est le lit de mort. Elle reprit avec calme : — Il faut maintenant mettre encore ces quelques moments à profit ; à l'heure où me voilà , vous pensez bien qu'une ombre de respect humain ne peut pas approcher de moi. Eh bien ! je tiens à vous prononcer une dernière fois le nom de mon mari. On ne lui a peut-être pas assez rendu justice. Il a été constamment bon pour moi^ et Dieu m'est témoin que, depuis sa mort, je ne me suis jamais consolée.

» C'est alors aussi qu'elle me parla de ses papiers. Je n'osai l'interroger directement sur ses intentions, dans la crainte d'entendre quelque interdiction ou quelque condition absolue. Elle ne parut pas s'en préoccuper, et glissa rapidement sur ce qui lui appartenait pour me parler de la correspondance du P. Lacordaire. Je lui avais souvent entendu répéter : ■ — ()n ne connaîtra vraiment le P. Lacordaire qu'après la publication de ses lettres. — Elle revint avec netteté sur ce sentiment, s'y attacha

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à mesure qu'elle m'en parlait. Son petit lit était élevé à peine à un pied au-dessus de terre ; j'étais à genoux sur le tapis et courbé sur son lit pour mieux l'entendre. Elle me dit : — Levez-vous , ouvrez l'étagère qui est au coia du salon ; apportez-moi un volume relié et enveloppé dans un étui. — Je trouvai et apportai le volume. C'était la Vie de saint Dominique, écrite tout entière de la main du P. Lacordaire. Elle y reposa ses yeux avec une satisfaction visible, mais sans attendrissement, ni larmes; puis , replaçant le manuscrit dans ma main : — Faitesmoi le plaisir de me lire la lettre qui est à la première page. — Je lui lus aussitôt cette dédicace empreinte d'un si filial attachement. Quand j'arrivai à cette phrase : « Je souhaite qu'un jour quelqu'un de vos neveux sache qu'il eut pour aïeule une femme dont saint Jérôme eût été l'ami, comme de Paule et de Marcelle, et à qui rien ne manqua qu'une plume assez illustre et assez sainte pour dire ce qu'elle était, » elle m'interrompit et dit : — Cette phrase-là est désagréable; elle est ridicule appliquée à moi. — Puis après une courte pause, elle reprit : — Du reste, là où je serai, blâme ou éloge ce me sera bien égal. » La lecture de la lettre du P. Lacordaire achevée, et ces quelques mots échangés , eUe me lit sonner Cloppet , lui indiqua où était toute la correspondance du P. Lacordaire , se la fit apporter, me la remit entre les mains avec le manuscrit et me pria de les emporter chez moi le jom* même. On voyait que c'était là sa plus chère préoccupation, et quelle n'admettait pas pour ce dépôt les chances de malentendu ou de hasard qu'elle acceptait si volontairement pour elle-même. Elle avait destiné à la duchesse llamilton un petit bénitier portatif en argent : — Lais-

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sez-moi vous montrer eoiiiiiit'iit on doit s'en servir, me (lit-elle, afin que vous l'expliquiez après ma mort à la princesse Marie. — Et elle me donna les explications les plus minutieuses , le petit bénitier à la main , avec une inexprimable sérénité. Elle me parla avec la même affection de la princesse ^^ittgenstein , fille du prince Bariatinsky, dont le nom se trouvait lié aux études et aux résolutions décisives de sa conversion. Enfin, elle me dit : — Me voilà bien fatiguée ; désormais nous ne pourrons plus parler dafi'aires aujourd'hui , mais demain faites-moi commencer par-là.

» Je passai dans sa bibliothèque, j'y retrouvai quelques amis entrés comme moi pleins d'espérance et auxquels je communiquai mon alarme. Cependant aucune aggravation extérieure n'étant survenue, nous essayâmes de nous rassurer mutuellement, jusqu'au moment de la visite de M. Andral. J'assistai derrière son rideau à l'inspection de ses jambes ; de larges taches bleues avaient reparu, et un érésipèle enveloppait le genou. Le visage de M. Andral s'assombrit; je voulus le suivre quand il s'éloigna. M'"' Swetchine m'aperçut et m'appela d'une voix suppliante : — Alfred, me dit-elle, je vous en prie, suivez M. Andral ; je vois bien qu'on me trompe sur M"" Uayer : sachez la vérité et dites-la moi, je vous en conjure, — Hélas ! je n'avais plus besoin d'interroger M. Andral !

» Du reste, j'étais sur que, sous une forme ou sous une autre, elle allait me tenir ce langage. Aux deux premières visites de M. Andral, elle avait toujours commencé par le questionner avant toute chose sur M"^ Rayer. Le diniancjie soir, elle n'en avait plus parlé et je dis

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à Gloppet : — Soyez sur qu'elle ne l'a pas oubliée , mais elle veut nous éviter quelque troniperie dont elle s'aperçoit. Combien de fois ne Tai-je pas vue agir ainsi ! — Le lundi, elle n'avait pas davantage articulé son inquiétude; mais notre silence se prolongeant, l'inquiétude venait de l'emporter en elle. Mon premier mouvement fut d'aller aussitôt trouver le docteur Rayer lui-même; M. de Melun m'en détourna. Nous connaissions le profond désespoir dans lequel cette perte soudaine avait plongé M. Rayer et sa fille unique ; jM. de Melun crut que mou instance directe aurait trop d'indiscrétion. Je me bornai à un message verbal dont un tiers fut chargé ; M. Rayer me lit dire qu'il viendrait le lendemain, mardi, à neuf heures du matin. » Je l'attendis d'avance dans la salle à manger ; les sanglots le suffoquaient ; il ouvrit la fenêtre et y cacha quelques instants son visage sans parler. Il me dit enfin : — Ce matin, je n'avais plus le courage de tenir parole; mais ma tille m'a dit : Si ma mère existait encore, elle vous prierait d'aller. Je suis venu. — Je ne pouvais qu'admirer dans une émotion respectueuse le dévouement du médecin et de l'ami, et cette profondeur d'attachement que savait inspirer à tous ceux qui l'approchaient notre bien-aimée malade. Je me hâtai, aussitôt que je le pus, d'intéresser la science et de l'appeler à notre secours. Je rendis compte au docteur Rayer des accidents de la nuit du lundi au mardi, ils avaient été très-graves. Habituellement elle avait fait tenir ses fenêtres ouvertes jusqu'à une heure avancée de la soirée ; cette nuit, au contraire , elle s'était plainte du froid. A une heure, le frisson l'avait saisie, elle avait fait allumer un grand feu et on l'avait enveloppée, jusqu'à quatre heures tlu matin, dans des cou- I. 3i>

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verturfis brûlantes. Le docteur Rayer m'avait dit quil voulait aussi lui-même épargner à M""" Swetcliine la secousse que pouvait lui causer la perte de Mi"e Rayer. Il entra et lui tendit la main en souriant. — Comment va M'"" Rayer ?

— fut la première parole de M'"" Swetcliine. — Madame, c'est elle qui m'envoie. — lui répondit M. Rayer avec un acccmt que n'oublieront de leur vie ceux qui l'ont entendu. — Il ne fallait pas la quitter, reprit M'"*" Swetchine , avec une atfection digne du sacrifice de son ami ; vous ne deviez pas quitter celle que vous pouvez encore guérir pour moi que personne ne peut plus sauver. — M. Rayer, pendant vingt minutes, procéda à l'enquête la plus minutieuse sui' tout ce qui avait été pratiqué durant son absence; puis, en sortant, ne cacha point aux deux princes Gagarin que tout espoir était perdu.

» Cette journée du mardi fnt pénible, sans être sensiblement inquiétante ; la somnolence etl'abattement furent continuels. On entrait dans le salon, on s'asseyait près de son lit, sans qu'elle parût y prendre garde. La voix de sa nièce, de ses neveux lui baisant la main , éveillait cependant de temps à autre quelques mots toujours affectueux. Elle dit à Mnie Craven : — La suffocation nie rend la voix toute rauque, et cela me donne l'air grognon malgré moi.

— Elle dit à ses femmes de chambre ; — Quand je force ma voix, ne croyez pas qu'on m'impatiente , mais c'est ((ue je m'aperçois qu'on ne m'entend plus. — Sa parole devenait en effet très-difficile à saisir. Depuis le lundi matin, elle ne quittait plus son lit; elle y restait constamment assise sur son séant, la tète toujours com^bée et penchée en avant , ou bien inclinée sur un oreiller maintenu droit sur le côté gauche de son lit.

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h Du reste, aucun désordre dans son salon, aucun meuble hors de sa place , aucun appareil de malade , pas une table qui portât un verre ou un remède. Lorsqu'elle voulait boire, elle faisait sonner Cloppet ou M"* Henry, ou bien faisait un signe à Parisse qui . de près ou de loin , tenait les yeux constamment tixés sur elle. Son petit lit, posé au milieu du salon , semblait là comme pour le repos d'une insignifiante et passagère indisposition. Elle ne permettait pas à la douleur de se traduire par un appareil extérieur plus que par un murmure ou par un soupir.

» Le dimanche et le lundi, on l'avait portée dans un fauteuil à sa chapelle , elle y avait reçu la communion. Un de ces deux jours, elle était rendue dans la chapelle bien avant tout le monde. M'"^ d'Esgrigny entra et se plaça sur le seuil sans que M""*" Swetchine s'en aperçût. Se croyant seule , elle priait à haute voix , et souvent interrompait sa prière pour adresser à Dieu des paroles d'action de grâces pleines du plus ardent amour. Le lundi, elle était restée seule cjuelques instants avec le Père Souamier. Tous les soirs le curé de Saint-Thomas venait aussi la voir et s'entendre avec elle pour la messe du lendemain matin. Ce mardi soir , 8 septembre, elle demanda la messe pour le mercredi à sept heures et demie. Le curé la lui promit, mais nous étions tous convaincus quelle ne pourrait pas même supporter dans son fauteuil le trajet jusqu'à la chapelle. Nous restâmes plus tard qu'à l'ordinaire dans sa bibliothèque . allant et venant du salon au petit groupe d'amis inquiets, échangeant, commentant nos mutuelles observations. La nuit s' avançant paisiblement, le frisson de la veille ne s'annonçant pas, nous nous séparâmes.

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» Le leiulemaiu. juiii'Z (jiu'lle fut ma surprise en recevant à mon réveil le petit billet suivant, d'une écriture un peu tremblante aux trois premières lignes, parfaitement ferme pour tout le reste : « Mon bien cher Alfred , ter- » minez , je vous en conjure, le papier en question. J'ai » tout espoir de l'avancer au moins beaucoup aujour- » d'hui. Entre onze heures et midi, j'aurai je crois un » moment à vous demander. Que d'ennuis qui comptent, » qui demandent déjà pour le ciel, pour le ciel et pour le » ciel, je vous en réponds !

» Mercredi, 9. »

» Je ne pouvais d'abord en croire mes yeux. Je me flattai un instant d'un nouveau miracle de son énergie vitale, ou plutôt de la miséricorde divine; mais bientôt je craignis que ce ne fut le dernier et suprême gage de sa tendresse maternelle. Hélas ! c'était ma crainte qui était fondée!

» Je courus chez elle. Elle était habillée et assise sur sa chaise, près de son bureau. Elle avait fait demander M. des Essarts, son homme d'afl"aires, et comptait les instants avec une sorte d'impatience. 11 vint plus tard qu'elle ne l'attendait. Quand je le lui annonçai, elle me dit : — Maintenant, c'est tini; le bon moment est passé, et il ne reviendra peut-être plus. Cependant, priez-le d'attendre. — Elle me répéta encore que la délicate générosité de ses neveux la laissait après tout sans inquiétude, et demanda à être remise dans son lit.

» Quand elle fut couchée, je revins près d'elle ; ses idées étaient un peu troublées. Aubout d'un quart d'heure, elle me dit de faire entrer M. des Essarts. J'obéis; mais

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([uand elle voulut s'entretenir avec lui, sa pensée lui échappa complètement. Elle croyait qu'on venait de lui enlever tous ses papiers et tous ses meubles ; nous essayâmes vainement de la convaincre du contraire. Je lui dis alors en serrant ses deux mains : — Vous me reconnaissez bien ; vous croyez bien que je ne voudrais pas vous tromper; eh bien! je vous assure que tout cela est i'etfet d'un peu de lièvre que vous avez en ce momentci. — Elle me répondit posément : — Vous ne voulez pas me tromper, vous voulez seulement me ménager; mais moi, je n'ai pas besoin d'autre ménagement que la vérité. — Et élevant la voix avec énergie, elle ajouta : — Oui, la vérité! J'aimerais mieux un lit d'hôpital avec elle, que toutes les somptuosités du monde sans elle. — Ainsi, vous le voyez, mon ami, son délire même avait des accents et une grandeur que beaucoup de sagesses n'ont jamais atteinst.

» L'agitation et la fièvre ne cessèrent point durant toute l'après-midi; cependant elle reconnut encore le docteur Raver. Vers la nuit, elle redevint tout à fait calme. A neuf heures du soir, elle nous demanda le P. Souamier. ?sous lui fimes observer qu'il était bien tard pour l'envoyer chercher, et nous lui proposâmes de faire entrer M. l'abbé Serres qui était dans la bibliothèque. Elle l'agréa. Elle ne pouvait plus du tout soulever sa tète ; quand elle l'entendit près de son lit, elle lui demanda encore une fois l'absolution, et, l'ayant reçue avec l'union la plus visible de foi et de piété, elle demanda si elle pourrait recevoir la communion le lendemain matin, et fixa encore à sept heures l'heure de la messe. Vers dix heures, tout fit silence autour d'elle; de temps à autre on entendait; —

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Mon Dieu, prenez pitié de moi, — ou (pu'kpr autre parole entrecoupée de sa prière. A minuit, elle compta les coups, redemanda l'heure quekpefois, puis arrivée à cinq heures et demie, elle dit • — Voilà bientôt Theure cle la messe, il faut (juon me lève, — Ouel(pies instants après, sans aucune autre parole, sans aucun signe de souffrance, elle était au sein de Dieu.

A. UE Falloux. »

Caradeuc, 22 septembre 1!^51

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