‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 67 sur 207 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

decin allemand l'aurait tiré d'affaire (Peut-être!). Sur ce point , comme sur tant d'autres, Madame, ie suis parfaitement de votre avis.

» Cette mort influera beaucoup sur la maison qui en a été témoin. On avait transporté la princesse de sa chambre que vous connaissez, dans celle de la bibliothèque. Elle a été parfaitement servie, comme vous Timaginez bien ; mais les soins et les remèdes ont été également inutiles. Elle est morte à 50 ans précis et, ce qu'il y a de singulier, au moment même où la nature l'appelait pour la dernière fois par son nom de femme.

» Le dernier rejeton de la maison de Ghàtillon meurt à Saint-Pétersbourg, tandis que le roi de France, raidi par la goutte, s'appuie sur le bras de son cousin ***. Telle est la loi. Rome périt, tout change, tout se précipite vers l'immense Océan ;

Et rien afin que tout dure, Ne dure éternellement !

» C'est Malherbe qui dit cela; ce n'est pas tant mal dit.

» Adieu mille fois , Madame ; si vous croyez qu'on s'habitue à votre absence, vous vous trompez lourdement. Je suis mortellement en peine et mortellement isolé ; il me semble que mon fauteuil s'agite et ne veut plus de moi. Ah ! s'il faut que je m'en aille ici ou là , je suis prêt à m'en aller avec ^l^^ de Tarente ! Je ne veux plus rien dire. Recevez, Madame, mes tendres et sincères hommages. Mille compliments à la bonne Naihnka. Comment ètes-vous contente de sa santé ? »

Le comte de Maistre ne se trompait pas en pressentant l'influence qu'exercerait le spectacle d'une belle vie et

d'une belle mort sur une famille digne de comprendre ces hauts enseignements. La princesse de Tarente acquitta les dettes de l'hospitalité en laissant derrière elle le culte de la vraie foi uni au culte de sa mémoire (1).

Plus de quarante ans après, M"* Swetchine à son tour recevait la plus affectueuse hospitalité dans le féodal château de Fleury , qui avait passé des mains du prince de Tarente dans celles du prince de Talraont, son neveu, et de M"' la comtesse de Laroche] acquelein ; c'est de là que Mine Swetchine adressa à M^e Prascovie Golowine, les lignes suivantes :

Page 1