‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 69 sur 207 · CONVERSION DE MADAME SWETCHINE · texte numérisé non relu

CONVERSION DE MADAME SWETCHINE

Nous touchons enfin à l'époque où M"" Swetchine prit la résolution de mettre, par une étude approfondie, un terme à ses doutes, et embrassa la foi catholique.

La vie de Pétersbourg, envahie comme elle Tétait pour M""* Swetchine, par tant de soins de famille et de préoccupations bienveillantes contre lesquelles elle ne sut et ne voulut jamais se défendre, était incompatible avec le travail assidu dans lequel elle brûlait de se plonger. La santé du général avait été momentanément altérée; il touchait à sa soixantième année, et, quoique d'un caractère flegmatique, il sentait vivement toute absence de M'"^ Swetchine. La princesse Gagarin, vouée à l'éducation de cinq enfants, ne pouvait quitter Pétersbourg. M""" Swetchine chercha donc à accomplir son projet sans mettre «>ntre les siens et elle une distance qui entraînât

une complète séparation. Un des hommes distingués de la Russie, le prince Bariatinsky, possédait une maison de plaisance qu'on nommait la campagne Bai'iatinsky, voisine de Pétersbourg et agréablement située sur les bords du golfe de Finlande. M"^ Swetcbine obtint du prince Bariatinsky que cette paisible et pittoresque demeure lui fut louée et s'y retira, dans les premiers jours du mois de juin 1815, accompagnée seulement de sa fille adoptive, Nadine, et d'une bibliothèque choisie qu'elle se proposait d'épuiser.

Des amis en petit nombre reçurent sa confidence. Le comte de Maistre fut au premier rang des initiés, mais il lui refusa son approbation : il blâmait ce plan et en redoutait l'effet. Le volume de correspondance publié par son fils contient une longue lettre dans laquelle ^L de Maistre accumule ses objections avec une éloquente franchise. « Jamais, Madame, lui écrivait-il le 31 juillet 1815, vous n'arriverez par le chemin que vous avez pris. Vous vous écraserez de fatigue ; vous gémirez mais sans onction et sans consolation ; vous serez en proie à je ne sais quelle rage sèche qui rongera l'une après l'autre toutes les fibres de votre cœur, sans pouvoir jamais vous débarrasser ni de votre conscience, ni de votre orgueil

» Vous lisez maintenant Fleury, condamné par le souverain Pontife, pour savoir exactement à quoi vous en tenir sur le souverain Pontife ; c'est fort l>ien fait. Madame, mais quand vous aurez achevé, je vous conseille de lire la réfutation de Fleury, par le docteur 31archetti ; ensuite, vous lirez Fébronius, contre le siège de Rome, et d'abord après (en ([ualité de juge qui entend les deux

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