‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 70 sur 207 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

parties; l'anti-Fébroniiis. de l'abbé Zaoharia. Il n'y en a que huit volumes in-8°, ce n'est pas une affaire. Puis, si vous m'en croyez, Madame, vous apprendi'ez le grec, pour savoir précisément ce que signilie cette fameuse égémonic que saint Irénée attribuait à l'Eglise romaine dans le ni^ siècle, d'après l'ancienne tradition, poiu" savoir enfin si ce mot signifie la primauté de l'Eglise romaine, ou la suprématie de l'Eglise romaine, ou la principauté de l'Eglise romaine , ou la juridiction de l'Eglise romaine, etc. Le célèbre cardinal Orsi, ayant entrepris une réfutation de Fleury, y trouva tant d'erreurs qu'il se détermina à écrire une nouvelle histoire ecclésiastique, croyant que l'unique réfutation d'une mauvaise histoire était une bonne histoire. Il entreprit donc une nouvelle histoire, et il mourut au vingtième volume in-4'', qui n'achève pas le \f siècle. Croyez-moi, Madame, lisez encore cela, autrement vous ne serez jamais tranquille, etc. »

Le comte de Maistre croyait jeter un défi, il ne faisait que tracer un programme qui fut suivi de point en point. Durant les journées d'automne et d'hiver, si courtes en Russie, durant d'interminables nuits, M^e Swetchine ne cessa de compulser les documents les plus contradictoires, laborieusement amassés d'avance , de remonter aux sources historiques, de confi'onter les dates, d'étudier les langues et enfin de prier. La princesse Alexis Galitzin , déjà catholique, avait composé une invocation à Dieu pour implorer la même grâce en faveur de son amie. Cette prière était répétée par elle chaque jour depuis le mois de janvier 1810.

Des innombrables éléments de sa conversion, un seul

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nous <i été consemé intact : ct4ui ([ui avait le plus invinciblement éclairé et enchaîné sou esprit, c'était Fleury. Bossuet était également au nombre de ses auteurs de [ rédilection ; on lit sur l'album de M. de Saint-Priest un long fragment du discours sur l'unité de l'Eglise, avec cette date : 2 septembre 1815; campagne Bariatinsky.

L'analyse approfondie de Fleury à laquelle elle se livra se retrouve tout entière dans un volume in-folio de 450 pages, couvert, sans une seule lacune , de son écriture la plus serrée et la plus fine. Ce volume est, comme tous les autres, formé de cahiers successifs reliés postérieui'ement ; il porte en tète : Histoire ecclésiastique, par Fleury, nouvelle édition comprenant en li volumes les 36 de P édition de Paris. Caen.

Son bon sens exquis lui avait aisément fait deviner cpi'il ne s'agissait pas, entre l'Eglise latine et l'Eglise greccpie, d'une question dogmatique à proprement parler, mais surtout et avant tout d'une question historique. Ce qu'elle analysa donc avec le plus de soin, ce furent les actes des principaux conciles œcuméniques tenus en Orient, et tout ce qui dans ces actes attestait plus clairement la suprématie du Pape. L'attention est portée en outre sur l'histoire de Photius, son intrusion sur le siège de Constantinople, sa déposition , son rétablissement, ses longs démêlés, sa rupture avec Rome, et au milieu de ces péripéties, sur les témoignages plus nombreux, plus irrécusables que jamais de 1" autorité des souverains Pontifes reconnue et acceptée à Constantinople. Dans ce dédale historique, un guide était indispensable ; M^e Swetchine le voulut impartial et autant que possible respecté des différents partis. Elle crut trouver la réunion de ces qua-

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