‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 74 sur 207 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

des prophètes, des pasteurs et des docteurs, mais il n'a pas parlé des empereurs.

Une note marginale porte admirable discours en regard du passage suivant :

Zacharie, évêque ordonné par Photius, voulut répliquer. Alors le secrétaire de Constantin monta sur la tribune et lut un long discours au nom de l'empereur, pour exhorter les schismatiques à se réunir. — « Sondez, leur dit-il, le fond de votre conscience, et vous trouverez que vous avez mal fait de vous séparer. Nous sommes à la dernière heure, mes frères, le juge est à la porte ; qu'il ne nous surprenne pas hors de son Eglise. N'ayons point de honte de découvrir notre mal pour y chercher le remède. Si vous craignez tant cette confusion je vous montrerai l'exemple de vous humilier. Je me prosternerai le premier sur le pavé, au mépris de ma pourpre et de mon diadème. Montez sur mes épaules, marchez sur ma tête et sur mes yeux, je suis prêt à tout souffrir pourvu que je voie la réunion de l'Eglise et que je sauve mon âme. «

Epigraphe du dix-huitième cahier : — 25 novembre.

La vérité ne se développe jamais qu'au besoin ; c'est le temps et non l'homme qui la découvre. (BoN.\LD.)

Epigraphe du dix-neuvième cahier : — 27 novembre.

Les troupes célestes n'ont qu'une volonté ; les hommes en ont plusieurs. (Paroles de S. Arsène, solitaire.)

Le dernier signe au crayon s'applique à la réfutation de la fable de la papesse Jeanne.

On lit au bas du premier cahier : Fini le 9 juin 1815. On lit à la dernière page du volume entier : 4 décembre 1815. Cette prodigieuse compilation avait donc été entreprise et accomplie dans un espace de six mois.

184 MADAMK SWEÏCHINE.

M"'*' Swetchine n'avait pas encore achevé ce travail lorsque la lumière se fit clans son esprit ; il est permis d'affirmer que la vérité ne remporta jamais un triomphe plus complet sur un cœur en même temps plus doux et plus rebelle. D'une éducation sans christianisme, de l'incrédulité f[ui avait enveloppé sa jeunesse, elle n'arriva pas d'un bond au catholicisme. Subjuguée d'abord par les preuves qui établissent la divinité de Jésus-Christ et l'inspiration de l'Evangile, elle commença par pratiquer avec soumission et amour la religion grecque. Elle s'arrêta ensuite à examiner la constitution de l'Eglise en général, l'organisation de la hiérarchie et la primauté du successeur de Pierre. Enfin, elle comprit qu'en présence de deux Eglises séparées l'une de l'autre et qui s'excluent réciproquement, elle ne devait pas rester neutre ; qu'une seule peut mériter le titre sacré d'Epouse de Jésus-Christ, et que cette Eglise une fois connue, il faut nécessairement lui appartenir. iXaturellement méfiante envers les sectes et les novateurs, comme on l'a vu dans sa correspondance avec M"^ Stourdza, instinctivement portée vers la tradition , elle ne supporta pas longtemps , sur de telles questions, un état de notions vagues et incomplètes. Alors elle entreprit sa marche à travers les contradictions et le doute, mais sans précipitation, à pas comptés et ne posant le pied que sur le terrain dont elle avait recoinm la solidité Une fois introduite au sein de l'Eglise catholique , cette magnifique organisation de la hiérarchie attirait fréquemment encore son intelligence, la ravissait d'admiration , et elle exprima plus d'une fois son étonne ment que , dans ses conférences, M. Frayssinous l'eût prest[ue totalement laissée de coté.

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