CHAPITRE VII
» En souvenir du secours reçu, reportant une part de ma reconnaissance aux saints apôtres Pierre et Paul, c'est la sui'veille de leur fête, à Vichy, où je me trouvais en 1837, que j'écrivis la prière suivante :
« 0 saints apôtres Pierre et Paul »
Enfin, dans le tome vingt-cinquième de lectures, entre cette pensée de M. de Raucé : « Faites que votre fidélité soit votre action de grâce, et que votre reconnaissance s'exprime par vos œuvres,» et l'oraison funèbre de Daniel O'Connell, par le P. Ventura, on lit, interligné en petits caractères : « Jour mille fois béni , 8 novembre, anniversaire bien-aimé ! — Tours, 1847. »
Ni dans la conversation ni dans ses correspondances on n'obtenait d'elle de détails plus circonstanciés. Deux lettres à M"* la duchesse de Liancourt renferment seules les deux allusions suivantes. La duchesse de Liancourt avait écrit à M""* Swetchine que les lettres qu'elle recevait d'elle lui rappelaient Bossuet. M""* Swetchine répond :
« Je ne m'explique ce que vous me dites de moi-même que par mon admiration passionnée et exclusive de Bossuet, ardente jusqu'à l'injustice envers Fénelon. Toute ma vie je me suis dit que si je n'avais qu'une couronne, c'est à Bossuet que je la donnerais, et de ce feu qui couvait (pielques étincelles sont allées jusqu'à vous, comme il. y a toujours une sorte de relation de l'adoration à l'objet de son culte. »
« Ma très chère,
» Je ne puis rien dire sur la date précise à laquelle une tendance fâcheuse se rend sensible dans Fleury. Au temps où je l'ai lu , j'étais en dehors du centre d'unité ; tout ce qui
ISS MADAME SWETCHLXK.
était nuance, partie intime de la vérité avec ses conséquences, devait m'échapper, mon but étant tout spécial et ne me conduisant que juscpi'au concile de Florence. C'est pendant que j'en recueillais tant de bien, que j'en entendais dire tant de mal^, sans que ma contiance ait jamais été ébranlée, pas plus que ma reconnaissance depuis. Cela ne prouve pas du tout, même à mes yeux , que Fleury soit irréprochable; seulement, la vie que je lui dois établit de lui à moi une paternité à laquelle je ne dispute rien. Pour tes livres, c'est comme pour les hommes : le bien qu'ils font ne peut être nullement allégué en preuve de leur irréprochabilité. »
La prière aux Apôtres n'a point été retrouvée jusqu'ici, mais deux méditations qui se rattachent évidemment au même souvenir, nous ont été conservées dans leur premier jet attesté par le caractère précipité de l'écriture et par deux ou trois mots surchargés.
La première de ces deux méditations mêle, aux retours sur elle-même, des expressions et des vues qui s'appliquent surtout aux situations qu'elle avait sous les yeux. La seconde méditation serait à elle seule toute l'histoire de son âme.
« Il y a une sainteté que, dans son caractère ordonné, régulier, harmonieux, j'appellerai classique. Cette sainteté pleine d'accord et d'équilibre, logique de son passé à son présent, ainsi que pleine d'accord dans tous ses éléments, a sa sphère, son esprit, sa marche, ses lois. Dieu préside tout entier à cette sainteté ; il y préside dans sa bonté et sa justice, et s'y complaît comme dans l'image la plus parfaite des lois régulières et immuables de la création. Une autre sainteté existe, plus libre, plus indi-