‹ Sa vie et ses œuvres; (volume 2)Chapitre 78 sur 207 · MÉDITATION SUR LE BON PASTEUR · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LE BON PASTEUR

« Je suis le bon Pasteur et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent.

» Je suis le bon Pasteur :

» Yous vous nommez, ô mon Dieu! à nos cœm's croyants et attendris ; n'étaient-ils donc pas assez touchés pour vous reconnaitre, pour vous désigner comme leur Sauveur miséricordieux, leur unique Sauveur ! Mais vous

voulez que votre parole vienne confirmer votre présence, parce que votre présence sur la terre ne sera pas éternelle comme votre parole. Je suis le bon Pasteur! Oui, Pasteur à la fois Dieu, père, maître, mère, ami, frère de ces pauvres brebis qui ne veulent plus entendre qu'une seule voix, n'obéir plus qu'à une seule houlette.

» Je connais mes brebis :

» Seigneur qui me connaissez, que voyez-vous en moi ? Qu'y voyez-vous qae vous ne dussiez réprouver, jusqu'au bien que vous avez mis en moi, bien que j'ai laissé se perdre ou se corrompre , bien que , mandataire infidèle, j'ai négligé de faire valoir? Et pourtant, je vous aime, Seigneur, oui, je vous aime : l'humilité qui le nierait serait un mensonge. Mais n'est-ce pas vous encore qui le premier avez ému mon àme par un regard divin, qui m'avez jeté dans la piscine pour m'y purifier et me guérir? N'est-ce pas vous qui m'avez appelé deux fois, et par l'amer dégoût du monde, et par Tattrait impérieux et puissant de votre grâce ? Quelle est donc ma part dans ma vie telle qu'elle s'est faite, si vous en ôtez mes infidélités?

» Et mes brebis me connaissent :

» Oui, Seigneur, elles vous connaissent et demandent à vous connaître encore mieux pour vous aimer davantage. Mon Dieu! je ne vous ai pas toujom's connu, je ne vous ai pas toujours aimé! Il y a longtemps, heureusement bien longtemps, que venant à moi, vous avez touché mon cœur, vous avez voulu que je vous aimasse. C'était d'abord une petite lumière qui est devenue un grand soleil, un grain de sénevé qui, devenant un grand

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arbre, me protège de son ombre, me donne le vivre et le couvert. Pendant un temps, ô mon Dieul un temps cpie je ne puis concevoir, vous étiez partout comme à présent, et je ne vous voyais nulle part. Enfin pourtant je vous entrevis dans la foule des objets qui sans cesse vous dérobaient à ma Mie, bientôt après votre tête adorable s'éleva au-dessus de toutes les autres, les domina. Je la vis, cette tête divine, dispenser la miséricorde, supporter les outrages, être en butte à bien des traits. Votre beauté di- \dne, l'acharnement de vos ennemis , qui étaient ceux de la vertu, m'attendrirent. D'abord je tournai souvent mes regards vers vous, ensuite plus souvent encore, enfin je ne les en détournai plus et j'en ■s'ins à mêler cette chère \Tie à toutes les autres, à ne la séparer de rien, pour que tout en moi fût meilleur et plus sage. J'en étais là et je m'y croyais arrêtée, quand U se fit, je ne sais plus comment, qu'un jour, une heure, heure rapide et heureuse, je ne vis plus que vous seul! 0 mon Dieu! c'est lorsc^ue. auprès de vous, tout ce qui n'était pas vous me parut frappé d'amertume et de néant, que je vis bien, mon bon Jésus, qu'enfin la pauvre brebis avait connu son vrai pasteur! »

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