Sa vie et ses oeuvres;
Ce volume contient ce que Ton pourrait appeler les Œu\Tes de M"^ Swetcliine, si ce mot n'impliquait un genre de préméditation cpi n"a jamais existé chez elle.
Les pages placées sous le titre à' A irelles que M"* Swetchine leur avait donné sont les seules qui aient été recueillies avec soin et transcrites par elle-même en un petit volume.
Les Pensées et les autres pages qu'on va lire, celles même qui pomTaient porter le nom de Traité, ont été écrites à diverses reprises, sans plan fixe, sans dates certaines, sur des feuilles volantes jetées successivement au fond d'une enveloppe , ou roulées en liasses informes sous la garde d'une épingle. L'écritm"e en est toujours
très-rapide, souvent presque indéehilFrable ; beaucoup ont été tracées au crayon.
Le Traité de la Vieillesse était loin d'être achevé, selon la pensée de l'auteur; on a dû, avant de le publier, en retrancher plusieurs fragments qui n'étaient que l'indication sommaire de points de vue sur lesquels M"^ Swetchine se proposait de revenir, des recherches entamées, des plu*ases incomplètes.
Le Traité de la Résignation, plus suivi , plus développé, divisé par chapitres ayant déjà reçu leur titre, n'est point terminé, et on reconnaissait, à une foule d'indices, que la main de l'auteur se proposait d'en retoucher toutes les parties.
Ce travail , tantôt de correction , tantôt de coordination, toujours profondément respectueux pour la pensée primitive de M""^ Swetchine dès qu'elle se dégageait en caractères distincts, a exigé des prodiges de sagacité, de patience, de dévouement. J'ai le droit de constater tous ces mérites, car aucun d'eux ne m'a appartenu. Une constante souffrance aux yeux m'interdit, depuis plusieurs années, la lectiu-e et l'écriture, et j'ai dû appeler à mon aide les amis de M"" Swetchine , qui ont bien voulu être les miens.
Je ne me permettrais pas cette confidence personnelle,
si elle n'était le strict accomplissement d'un devoir envers eux. Je n'avais qu'un moyen d'acquitter ma dette : c'était de placer leurs noms à côté du sien.
Le public, j'ose l'espérer, s'unira à mon sentiment lorsque je signalerai chacun de mes collaborateurs par un hommage de reconnaissance en regard de l'œuvi'e à laquelle il aura plus particulièrement contribué à rendre la vie.