‹ Sa vie et ses œuvres;Chapitre 2 sur 46 · A. DE FALLOUX · texte numérisé non relu

A. DE FALLOUX

RLURVA PODSNEJNAIA

{Airelle qui a été sous la neige).

Cette Airelle se distingue (i<' toutes les auties, |»ar sa forme et sa corolle. Elle est commune dans fous les marais septentrionaux de l'Europe et de l'Asie, et même de l'Amérique, oii elle trempe avec ses tiges très déliées dans la mousse. En Russie, elle fleurit au mois de juin et miirit son fruit au mois d'octobre; mais il est âpre dans cello saison et, pour l'adoucir, on lui fait passer l'hiver sous la neige, et on ne le récolte que le printemps d'après. De là vient le nom de pôcknepiaia (qui a été sous la neige).

Je mets sous les auspices de cette luimble plante les pensées qui suivent. Elles aussi ont mûri sous les neiges, et se sont colorées, comme cette petite baie rouge, au feu du soleil intérieur. La plupart de ces pensées ont été écrites durant l'hiver de 1811 que je passai à la campagne dans une profonde retraite; ce sont des voix qui s'échappaient de mon cœur et qui n'arrivaient à aucun autre; des impressions qui se revêtaient d'images pour peupler ma solitude.

On a pu dire auprès d'nup tombe : 11 ne me répond pas, mais peut-être il m'entend ; on peut dire à la lecture de quelques livres : Il ne m'entend pas et pourtant il me répond.

M"^ SvVETCUhNE.

Que notre vie soit •pure comme un champ de neige où nos pas s'impriment sans laisser de souillure.

Dans la saison qui dépouille la nature, il n'esl pas de brise, de sout'ilc si léger (jui ne soient

10 AIRFLLKS.

assez forts pour détacher h feuille de l'arbre qui la portait. Dans l'automne du cœur, il ne se fait pas un mouvement qu'il n'emporte un bonheur ou une espérance.

Montrer imprudemment ce qu'il y a de plus vulnérable dans notre sensibilité, c'est inviter à y frapper. Achille, le demi-dieu, n'avait mis personne dans sa eonlidence.

rv.

Le Bonheur et le Vice s'excluent, le Bonheur et le Bepentir se nuisent mutuellement : le Bonheur et la Vertu se donnent la main pour marcher ensemble.

Quand de nouveaux chagrins nous ont fait faire quelques pas dans la bonne voie, il n'est pas

permis de se plaindre. C'est avoir placé à fonds perdu, mais la rente reste.

L'esprit porte les couleurs de rànie. comme un valet celles de son maître.

vn.

Il est des âmes qui, semblables aux pontifes de l'ancienne loi, ne vivent que des sacrifices qu'elles offrent.

vm.

Il y a des gens qui ne parlent jamais d'euxmêmes; mais c'est pour y penser toujours.

A combien de signes futiles, de superstitieuses inductions, n' attachons-nous pas notre destinée, lorsqu'un puissant besoin de bonheur nous presse!

Toute la nature alors semble conspirer pour nous ou contre nous, et il n'esl j)as un seul de ses secrets (jui ne nous présente quelque mystérieux rapport avec le nôtre. Pauvres humains ! si dépendants, si abaissés et pourtant si grands! Dans ces vertes prairies où le troupeau paisible broute avec toute la dignité et l'incurie d'une tranquille possession, qui n'a vu l'être intelligent, l'être supérieur à toute la magnificence de la création, subordonner toutes ses espérances d'avenir à la destinée de quekpies feuilles laissées immobiles ou emportées par les vents, chercher d'un œil inrpiiet la direction d'un nuage, et demander compte à la marguerite des sentiments de ce qu'il aime?

Des deux fils du second Paul-Emile, le premier mourut trois jours avant le triomphe de son père, et l'autre trois jours a|)rès. C'est toute la destinée de l'homme, qui meurt avant d'être heureux ou qui n'a que quelques jours pour l'être.

Les êtres qui paraissent froids et qui ne sont que timides, adorent dès qu'ils osent aimer.

xn.

Il semble que nous ne soyons appelés à connaître l'intini que pai' nos douleurs. Sommesnous lieureux? Les bornes de la vie nous pressent de toutes parts.

xm.

Dans la retraite, le temps semble accélérer encore sa marche. Rien n'avertit de sa fuite ; c'est une onde sans murmure, parce qu'elle coule sans obstacle.

Qu'est-ce que se résigner? C'est mettre Dieu entre la douleur el soi.

14 AIRELLKS.

Une chanson anglaise commence par ces mots : L'amour frappe à la porte. — ïl y frap])e moins souvent qu'il ne la trouve ouverte.

Ceux qui ont fait sen ir à leur retour à la vertu les forces mêmes excitées par les passions, rappellent ces peuples, dans le voisinage du Vésuve, dont les habitations sont construites avec cette même lave qui devait les détruire.

Les expressions exagérées font dissonance avec l'idée et blessent l'oreille des esprits justes.

xvm.

Avoir beaucoup souffert c'est, comme ceux qui savent beaucoup de langues, avoir appris à

tout comprendre et à se faire comprendre de tous.

On peut dire de beaucoup de chrétiens dont les actions ne répondent point au langage : — Pour la voix, c'est bien celle de Jacob, mais ce sont les mains d'Esaû.

Il n'y a que deux futurs que Ihomme puisse s'appliquer avec certitude et sans orgueil : « Je souffrirai, je mourrai. )>

« Ne le plaignez pas. il est coupable. » Dure et révoltante parole! 11 est coupable! et c'est là à quoi s'attache ma plus vive, ma plus tendre compassion. L'innocent opprimé par le sort ou par les hommes a deux asiles qui ne peuvent lui manquer : Dieu et sa conscience. Le coupable

1b AIRELLES.

n'ose lever les yeux vers Dieu qu'il a offensé; il n'ose descendre en lui-même, où le remords se reproduit sous toutes les formes. Son seul et dernier asile, c'est notre pitié. Ah! que notre estime, notice admiration soient pour la vertu persécutée ou même triomphante, mais que nos larmes tombent sur les plaies de la conscience comme l'huile du Samaritain.

Que la pureté est difficile pour les âmes pures ! Un peu de poussière d'étamine suffit pour ôtei- au lis sa blancheur.

S'il était permis d'oublier ce que l'on doit à la supériorité du rang, ce serait lorsque ceux qui jouissent du piivilége s'en souviennent.

Celte pierre mystérieuse sur laquelle reposa

AIRELLES. il

Jacob, c'est la Foi. Endormons-nous dans son sein et nos grandeurs futures nous seront révélées.

i\ous ne jugeons pas les hommes sur ce qu'ils sont en eux-mêmes, mais sur ce qu'ils sont relativement à nous.

Les caractères passionnés n'atteignent le but qu'après l'avoir dépassé.

xxvn.

La conscience est l'hôte le plus doux et le plus incommode; c'est la voix qui redemandait Abel à son frère, ou cette harmonie céleste qui retentissait aux oreilles des martyrs pour adoucir leurs souffrances.

xxvni.

La littérature russe est un peu comme cette II. 2

monnaie de Lacédémone qui était de fer et n'avait de cours que dans le pays.

Il y a des questions si indiscrètes qu'elles ne méritent ni la vérité ni le mensonge.

Les signes de compassion et de bienveillance sont, dans quelques personnes, comme le canon de détresse qui dit que vous allez périr.

0 denier de la veuve! Pourquoi n'as-tu pas dans la balance des hommes ce poids immense que la miséricorde céleste t'accorde dans la sienne !

On peut se faire une solitude au fond de son

cœur au milieu de la vie dissipée du monde. On peut aussi, quand l'isolement accable dans la solitude, s'y créer des êtres à son choix, selon son âme et uniquement à son usage.

XXXTII.

Les dons magiques des romans orientaux, que les fées bienfaisantes dispensaient avec choix et liberté, sont peut-être l'image fantastique des dons plus réels que la Providence a répartis avec égalité sur tous les hommes. Ainsi, notre volonté rappelle cette baguette mystérieuse douée d'une force créatrice ; la prudence, le talisman qui prévient ou élude les dangers; l'imagination, ce tapis mystérieux qui rendait présents tous les lieux et anéantissait toute distance; la résignation, enfin, le baume universel, puisqu'à elle appartient de calmer et d'adoucir jusqu'aux maux qu'elle ne peut guérir.

L'humilité est une cuirasse qui amortit les coups

portés par l'hostile volonté humaine ; mais cette cuirasse fait défaut au cœur.

Il y a des paroles qui valent les meilleures actions, parce que, en germe, elles les contiennent toutes.

XXXVT.

La politesse, chez une maîtresse de maison, consiste à alimenter la conversation et à ne s'en emparer jamais ; elle a la garde de cette espèce de feu sacré, mais il faut que tout le monde puisse s'en approcher.

Le mot de malheur est comme T honnête homme : il tient tout ce qu'il promet.

Les qualités destinées à servir au bonheur des

autres restent trop souvent oisives et concentrées en elles-mêmes; c'est comme une lettre charmante qui n'a point été envoyée.

L'injustice des hommes sert la justice de Dieu et souvent sa miséricorde.

Avant Socrate, on disait : « Faisons du bien à qui nous aime et du mal à qui nous hait. » Socrate a changé ce précepte et a dit : « Faisons du bien à nos amis et ne faisons point de mal à nos ennemis. » Jésus-Christ seul a dit : « Faisons du bien à ceux qui nous font du mal. « 11 n'appartenait qu'au Sauveur des hommes de les former aux vertus surnaturelles.

Quelquefois il ne faut point interroger son ami, afm de ne point arracher ce (ju'on doit obtenir,

et surtout pour ne point l'exposer à nous tromper.

Toutes les joies de la terre n'assouviraient pas encore notre soif de bonheur, et une seule douleur suffit pour envelopper la vie d'un sombre voile, pour la frapper de néant sur tous les points!

XLin.

Ne désirons d'esprit que ce qu'il en faut pour être parfaitement bon, et c'est en désirer beaucoup; car la bonté se compose avant tout de l'intelligence de tous les besoins hors de nous et de tous les moyens d'y pourvoir qui sont en nousmêmes.

La culture de l'esprit et une instruction bien ordonnée aident la mémoire. Une idée isolée se grave difficilement dans l'esprit ; mais lorsque cette idée d'importafion nouvelle trouve un point

(Je contact déjà préparé dans l'intelligence, elle s'attache à ce qui lui est analogue et forme, avec ce qui précède et ce qui suit, une chaîne dont le prolongement même assure la force. Là, comme ailleurs, plus on est riche et plus il est facile de s'enrichir", et c'est encore ici que s'applique la parabole des talents : « Il sera donné davantage à celui qui a déjà; à celui qui n'a pas, cela même qu'il a lui sera ôté. »

Le sourire sur les lèvres du vieillard, ainsi que les rayons du soleil couchant, pénètre l'àme d'une émotion douce et triste : c'est encore un rayon, c'est encore un sourire, mais ils peuvent être les derniers.

Il y a des esprits' faits comme les yeux de certains insectes, qui distinguent admirablement les linéaments les plus délicats, les nervures les plus fines de la feuille qui les porte, sans pouvoir em-

brasser l'ensemble de la plante ou de larbrisseau. Quand Terreur est entrée dans ces espritslà, elle y demeure invincible, parce qu'aucune vue générale ne les aide à s'affranchir de l'impression immédiate et fortuite.

XLvn.

C'est surtout dans les combats que les passions nous livrent qu'il est juste de dire : Vœ victis!

XL vin.

Le plus coupable des excès de la liberté est de se nuire à elle-même.

Résistons sans crainte à l'opinion du monde, pourvu toutefois que notre respect pour nousmême croisse en proportion de notre indifférence pour elle.

Malheur à celui qui, dans le calme de son

coeur, peut désirer mourir tant qu'il lui reste un sacrifice à faire, un bonlieur à soigner, des besoins à prévenir, des larmes à essuyer !

A l'égard des princes, je dirais comme les protestants pour un plus haut maître : — Le service sans le culte.

LU

Si l'on mettait toujours à comprendre le temps que l'on met à paraître avoir compris, et à écouter le temps où l'on ne songe qu'à répondre, tout le monde n'y trouverait-il pas son compte?

Lm.

Notre vanité est sans cesse l'ennemie de notre amour-propre.

La Providence a voulu (jue toutes les vertus

naquissent de nos véritables besoins, et tous les vices de nos besoins factices.

L'amour élève parfois, crée des qualités nouvelles, suspend les penchants coupables ; mais ce n'est que pour un jour. Il est alors comme les monarques de TOrient dont un regard tire l'esclave de sa poussière et l'y laisse retomber.

Nous ne voyons que dans le passé et nous regardons toujours dans l'avenir.

A force d'agir comme on devrait penser, on finit par penser comme on doit agir.

Lvin.

Les âmes froides ne se quittent jamais; les

âmes passionnées se quittent et se reprennent faute de mieux.

Qui a cessé de jouir de la supériorité de son ami a cessé de l'aimer.

Voulez-vous pousser le méchant aux derniers excès, décourager le faible, envenimer le cœur aigri? Revêtez la sévère vérité de paroles dures et hautaines, et soyez certain que les mauvaises passions qui provoquent votre zèle vont redoubler de violence. 0 vous ! dont le cœur est selon Dieu, oubliez s'il le faut, oubliez un instant votre haine contre le vice pour lui arracher des victimes. Animés par ce saint et consolant espoir, que le fer salutaire dont vous armez votre main pénètre dans la blessure, mais sans la déchirer, relevez après avoir terrassé, attachez votre pitié à chaque faute, un rayon d'espérance à chaque épreuve ; que l'infortuné, en vous quittant, loin de s'écrier :

Tout est perdu ! terribles paroles qui à elles seules font lEnfer. bénisse en vous le consolateur, et sente que tout peut encore être réparé.

Le courage qu'on a eu fait souvent la meilleure partie de celui qu'on a.

La chrysalide est l'image du vieillard, il végète, il est engourdi, mais il vivra! et c'est pendant ce sommeil et cette impassibilité passagère que se forment les ailes qui le porteront à l'immortalité.

Les cœurs aimants sont comme les indigents : ils vivent de ce qu'on leur donne.

Il est des choses qu'on ne peut s'empêcher de

savoir, mais qu'il n'est jamais permis de s'avouer.

La plus dangereuse des flatteries est l'infériorité de ce qui nous entoure.

Le travail qui perfectionne nos facultés intellectuelles, qui développe nos idées, les élève, les rectifie, les éclaircit ou les trempe, est la source d'une richesse qui nous devient inhérente et qui augmente positivement notre valeur. Les connaissances qui ne font que meubler notre esprit, qui y demeurent importées sans y prendre racine, sans ajouter à sa force ou à son étendue, sont bien notre propriété, mais ne sont pas nousmêmes, et nous laissent au degré de valeur morale où elles nous ont pris. L'or, Técaille et l'ivoire peuvent embellir une lyre, mais ce ne sont pas ces vains ornements qui lui font rendie des sons pleins et sonores.

Avoir des idées, c'est cueillir des fleurs; — penser, cest en tresser des couronnes

Lxvni.

Nous estimons la vertu dans les autres par les fruits qu'elle porte, en nous-mêmes par les sacrifices qu'elle nous fait accomplir.

La véritable douleur est presque aussi difficile à découvrir que la vraie misère. Une pudeur instinctive couvre les haillons de l'une et les blessures de l'autre.

Celui qui pour donner ne s'est point imposé de privations, n'a fait qu'effleurer les joies de la charité. Nous devons notre superflu, et le bon-

heur dans le devoir, c'est d'en dépasser les limites.

Le don qui ne laisse point de vide, comment laisserait-il une trace?

Lxxn.

11 est des coupables dont la justification n'est" nulle part, et l'excuse partout.

Lxxni.

C'est dans les principes qui les dirigent qu'on doit chercher, pour les caractères fermes et réfléchis, les motifs de leurs actions et de l'ensemble de leur conduite ; c'est dans les impressions qui gouvernent passagèrement les caractères impétueux que l'on trouve la raison des idées par lesquelles ils croient se conduire.

La vie n'est-elle pas utile si elle est heureuse?

dit l'égoïste. N'est-elle pas assez heureuse si elle est utile? dit Ihonime de bien.

Chimère pour chimère, comment la perfection n'est-elle pas celle de tous les hommes?

La prière, dit saint Jérôme, est un gémissement. Ah ! nos gémissements sont aussi des prières! Le cri de la douleur est par lui-même un appel involontaire à cette force invisible dont notre àme invoque l'appui.

Lxxvn.

Les chaînes qui nous serrent de plus près sont celles qui nous pèsent le moins.

La Vertu est fille de la Religion, le Repentir son

entant d'adoption : pauvre orphelin qui, sans l'asile qu'elle lui offre, ne saurait où cacher son unique trésor, ses larmes !

Il y a des gens qui trahissent un peu leurs amis, rien que pour montrer qu'ils leur sont fidèles.

Quand la charité commande d'aimer les indifférents comme soi-même, elle autorise sans doute à aimer ses amis plus que soi.

L'indulgence est belle dans celui qui n'a point failli, la tolérance adorable dans un cœur croyant et pieux ! La modestie sied surtout à la supériorité, l'affabilité à la grandeur, la modération et la simplicité à la richesse, et le détachement II. • 3

d'eux-mêmes à ceux que jamais les autres n'oublient.

L'homme coupable, obscur ou médiocre est trop intéressé à la bonté des autres pour qu'on lui sache gré de celle qu'il exerce ; il est toujours dans les termes d\ni malheureux débiteur qui cherche à fléchir son créancier, et lorsqu'une disposition est utile, il est bien rare qu'elle ne soit suspecte. L'homme vertueux est le seul qui puisse être compatissant, généreux, à l'aise.

Lxxxn.

Il est utile, dans l'intérêt de notre perfectionnement, de ne jamais rejeter sur des causes extérieures nos fautes et nos déviations, pas même celles qu'on appelle fortuites. Nos fautes sont nos vrais malheurs, mais leur souvenir est un héritage précieux ; elles seules peut-être font sérieusement réfléchir ! N'en répudions pas la moralité pour nous alléger de leur poids incommode; cherchons au contraire à remonter toujours en nousmêmes de l'effet à la cause, rejetons le fortuit,

nions l'involontaire, n'accusons jamais que nous, frappons sur les doutes de la conscience, sur les mouvements d'origine obscure ou suspecte, sur les remords sans nom, frappons toujours et tenons-nous tranquilles : « Dieu saura bien reconnaître les siens ! »

Lxxxni.

Allons toujours au-delà des devoirs tracés et restons toujours en deçà des plaisirs permis.

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