‹ Sa vie et ses œuvres;Chapitre 11 sur 46 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

Il n'y a pas de petites choses dans ce monde, attendu que Dieu se mêle de toutes.

On pense à l'action de Dieu dans les grandes choses, on l'exclut dans les petites ; on ouhlie que le maître de l'Éternité est aussi le maître de r heure.

La vie humaine est un livre ouvert, où à chaque Hgne on Ht la justification de la loi de Dieu.

xxvm.

Ce que nous comprenons de Dieu n'est pas ce qu'il est en lui-même, mais ce qu'il a voulu que nous en comprissions. Le trésor de la science divine se divise en deux parts : la vérité entière, complète et suprême qui est Dieu lui-même, et puis les vérités éternelles, mais voilées, qu'il livre, c'est-à-dire qu'il impose aux enfants des hommes.

Le Dieu des chrétiens est le Dieu des métamorphoses. Vous jetez dans son sein la douleur, vous en retirez la paix : vous y jetez le désespoir, c'est l'espérance qui surnage; c'est un pécheur quil a louché et c'est un saint qui lui rend grâce.

Sa PKNSKKS.

Je trouve que le (^Jiristiauisnie dissipe plus d'obscurité qui! u'en apporte. Avec le Cliristianisme. ce monde-ci est dans un crépuscule; sans lui. il est dans la nuit. Le Christianisme n'achève pas la statue, c'est l'œuvre du ciel, mais il dégrossit tout, la vérité, notre esprit et notre àme.

Croire que quelque chose de ce que Dieu nous let'use puisse nous être nécessaire, est une erreui' bien inintelligente.

xxxn.

Pour choisir le remède, le malade est-il donc médecin?

Les obscurités de la foi laissent toujours |)éné-

trer un peu dans 1" impénétrable; c'est un rideau qui ne se lève jamais, mais qu'on soulève toujours.

xxxrs"

La foi dans le désordre d'une vie coupable, c'est la lampe antique qui brûlait dans les tombeaux.

C'est la piété qui garde la foi.

La piété adoucit tout ce que le courage supporte.

xxxvn.

Il faut travailler sans se lasser à rendre sa piété raisonnable et sa raison pieuse.

XXX vni.

Les joies de la piété ne sont comprises que par ceux qui les goûtent. De tous les bonheurs, c'est celui dont l'expression doit être la plus mesurée, et la plus huml)le devant ceux qui ne le partagent pas. « Quand tu entres chez un aveugle, dit un proverbe arabe, ferme les yeux. »

L'oraison a droit au mol ineffable ; c'est l'heure des effusions qui n'ont pas de mots pour les exprimer, et de ces paroles intérieures qu'on n'articule pas, même quand on les trouve.

Buffon a dit : « Le style c'est l'homme. » L'oraison, c'est l'homme aussi, l'homme intérieur ; c'est Yecce homo non pas devant les Juifs, mais devant Dieu.

•ENSÉES. 85

Il ne faut jamais tant s'abandonner à Dieu que lorsqu'il semble qu'il nous abandonne.

XLn.

De nos torts à la miséricorde divine, il y a la distance de l'innombrable à l'infini.

XLUI.

Le salut est une œuvre à deux ; ainsi que dans l'Incarnation, il implique un Dieu et un homme : la grâce de Dieu, l'effort de l'homme.

Le chrétien est quelquefois faible, mais quand on n'est pas chrétien, cherche-t-on seulement à devenir fort?

m l'EMSKF.S.

Entro tard ot trop lard, il va. par la grâce de Dieu, une distance incommensurable.

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