CHAPITRE
D'elle-même. — De Dieu. — De l'âme. - De l'intelligence.
J'aime la science, j'aime l'intelligence, jaime plus encore la foi. la foi simple; j'aime mieux l'ombre du côté de Dieu que la lumièie du côté des hommes (l).
(1) Quelques-unes de ces Pensées ont été publiées dans le Correxpondant du 2.5 novembre 1858, et reproduites par un grand
C.liosc siii<iiilièr(' (|U(' la disposilioii (l(^ l)ean- (•(mp (riiit(^Hiii<Mic<s pieuses à admettre légèrement joui ce (pii loiielie au surnaturel ! — .lai [précisément la dis|)osition contraire; cest la foi qui me garde de la crédulité.
.Faime Dieu comme sil était seul dans l'Univers, .lai pitié de la race humaine comme si elle navait pas de Dieu! Deux termes qu'un abime sépare et que rapproche et relie Notre Seigneur .lésus-Christ. Dieu et homme.
En fait de bon plaisir, je naime que celui de Dieu : celui-là est toujours bon.
nombre de journaux iiuotuliens. Il importe de le rappeler ici pour éviter toute couFusion daus la mémoire du lecteur.
.1»' NOUS \)nvW <lt' tout. (I ni(»u Dieu! Je nous ocrupp (le tout ce (jui m occupo. jo vous rouvio ;i tout re qui ui iutéresse; c'est si simple, serait-ce téméraire ?
Si on me demandait comment je comprends à mon usap:e le bonheur céleste, je répondrais : Le ciel, c est aiuKM' en |>ai\.
vir.
•le suis avec le bon Dieu comme on dit que les femmes russes sont avec leurs maris, plus il me bat et plus je Taime. Voilà tout ce que le démon y 2:aprne.
vin.
Trop souvent je me suis éloignée de Dieu, mai^ p:ràce à lui je ne men suis jamais séparée.
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Mon Di(Hi ! [larclonnez-moi et faites ce que vous voudrez !
Ce qui me "àte un peu la résignation, c'est de la voir si conforme aux lois du bon sens ; j'aimerais encore ini peu plus de surnaturel dans l'exercice de ma plus chère veitu.
Ma seule force contre Ihorreur naturelle quinspire la mort cest d'aimer au-delà.
Ouoi ! me disait qiicl(|u un pendant une de mes \ iolcntes crises névralgiques, vous aimez Dieu qui vous éprouve tant! — Ah! Madame, cela s'est vu quelquefois, jaime celui qui me fait souffrir.
Mon Dieu! laiies-nioi l'airr ([iielque chose que vous puissiez récompenser.
Mon Dieu ! mon sort est entre vos mains ! je l'y mets, je l'y mettrais s'il n'y était pas, je l'y remettrais sans cesse î
Dieu voit tout ! Années accumulées de souffrances, aujourd'hui, puis-je vouloir n'avoir pas souffert?
L'Océan, solennel, admirable, majestueux ! ïl m'enlève, mais c'est pour m'écraser sous une grandeur sans bornes, sans nul retour ou sans pitié pour mon néant. Ouy a-t-il entre lui et
IH i'i:.\sKt:s.
iiuti".* l/iiiiiii('iisil('(l«' l Cspiicc cl (le In pioloiidcur. Oiic in'îipportc-l-il? \a' seniiment de linlini cl (le I ;il)iiiic (|ui m (Ml si'pni'c. L'Oc(''an dans sa ioicc. son iimmitahililc iii(ni\aiilc. ses [)n)iM)rtiovis (jui (lc[>assciit iiis(ju aux li;u'diess(^s de ma pensée, c'est Dieu, mais Dieu sans son ( IhiisL
L'invcntaii-c de ma foi pour ce l»as monde est bientôt l'ait : je crois à celui (pii 1 Ji tait.
xvni.
Je mabandonne à Dieu connue quelqu'un qui sait que sa justice ne lui doit rien.
.le ne suis ce (pie je suis que devant Dieu ; mes peines sont si profondes, il \ a si loin d'elles à la surface, que j ai trop peu de souffle p(jur les y l'ai le arriver.
•t.NSEES.
Ce que j'estime iuiuiédiatemenl apiès 1* Eternité, c'est le temps.
Il n'y a plus un moment à perdre, ni à excepter ; c'est la dernière main qu'il faut donner aux derniers jours. Je me sens, par la grâce de Dieu, dans la bonne voie : le rivage fuit à tire d'aile.
Xotre position devant Dieu, c est (|ue tous les obstacles sont pour nous des moyens.