‹ Sabine de Ségur, en religion sur Jeanne-FrançoiseChapitre 47 sur 116 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Adieu, ma bonne, ma chère Henriette,

quel sacrifice pour moi d'être séparée de toi en un tel moment 1 Je t'écrirai après ma profession. Adieu encore, mon Henriette, à jeudi l

Sœur Jeanne-Françoise.

C'est dans ces sentiments de paix, d'amour profond et serein pour son divin fiancé, de tendresse attentive pour chacun de ceux qu'elle aimait, que Sabine se préparait à la grande cérémonie de ses vœux.

Tout se passa comme elle l'avait indiqué dans cette lettre. Le S décembre 1859, à huit heures et demie, son père et sa mère, ceux de ses frères. et sœurs qui se trouvaient à Paris, ses autres parents, quelques amis, des pauvres, étaient réunis dans l'humble chapelle de la Visitation parée de fleurs et resplendissante de lumière, comme pour un mariage. C'était un mariage, en effet, la plus belle, la plus indissoluble des unions : la fiancée du Christ allait devenir son épouse. De l'autre côté de la grille qui sépare le chœur de celui des religieuses, les sœurs étaient rangées sur deux lignes; les petites filles du pensionnat se tenaient derrière elles. Sabine entra et vint s'agenouiller au milieu du chœur des religieuses, tout près de la grille. Son visage

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