CHAPITRE SIXIÈME ili
Que voulez-vous? je ne sais qu'aimer mon Jésus, et encore je ne sais le faire qu'à ma manière, c'est-à-dire ainsi qu'il me l'a appris luimême. Du reste, comme lui et moi nous ne sommes qu'un, c'est tout simple qu'il fasse ce que je ne sais pas faire. Et puis, quand c'est lui qui présente nos demandes à son Père, nous sommes bien plus sûrs d'être promptement exaucés.
» C'est aussi mon Jésus qui est la préparation à mes communions, puis mon action de grâces. Quand je l'ai dans mon cœur, je lui dis : « Mon bon Sauveur, aimez-vous en moi, glorifiez-vous en moi, priez en moi ! » En faisant ce qu'il veut, il fait toujours ce que je veux moi-même, et moi je jouis du bonheur que sa présence réelle apporte dans mon âme ou je le retiens le plus que je peux. »
Malgré ces ardeurs d'amour, elle craignait toujours de ne point aimer assez. Entendant un jour une de ses sœurs dire qu'il fait bon de prier la nuit quand on se réveille, elle s'écria : « Quoi ! vous vous éveillez la nuit et vous pensez à notre Seigneur 1 Et moi qui crois tant l'aimer, je m'endors tout de suite et je ne me réveille pas pour penser à lui 1 les saints n'auraient pas fait ainsi 1 » Cette pensée la préoc-