CHAPITRE SIXIEME J
lui citait et commentait quelque parole de l'Éritnpe ou des saints Pères, qui ne manquait araais de produire une impression d'amour ans le cœur de celle qui l'écoutait.
Un jour, elle ouvrit un livre et tomba au
iasard sur ces paroles : « L'amour ne vit que
.'excès! » Elle eut de ceci une intelligence,
rui pendant un assez long temps la réduisit ,
linsi qu'elle le disait elle-même , à une sorte
'ivresse spirituelle.
Le Saint-Sacrement , la sainte Communion taient toute sa joie. Outre les moments presrits par la règle, elle passait au pied des autels ous ses instants libres. Quand elle avait pu saisfaire pleinement cet attrait suprême de son ime, elle disait joyeusement à ses sœurs :
Aujourd'hui, je m'en suis donné ! » C'est avec ette simplicité qu'elle parlait des choses de )ieu comme de toutes choses. On ne pouvait 'empêcher de sourire presque à chacune de ses >aroles, mais ce sourire n'ôtait rien à l'admiraion qu'inspirait la présence continuelle et pres- 'ue visible de Jésus-Christ en elle.
Adorer, aimer le Sauveur, le posséder en son œur, c'était comme l'aspiration et la respiration
e sa vie spirituelle Elle avouait qu'elle ne soulaitait pas de mourir, parce que déjà, sur la
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terre, elle possédait le ciel dans son cœur. « Au ciel, disait-elle, on ne communie plus 1 » Une sœur lui dit que, puisqu'au ciel tous les désirs sont remplis, elle y aurait certainement è sa disposition un autel et une hostie. « C'est un ciboire tout plein qu'il me fautl > s'écria-t-eile avec une expression toute céleste.
Pendant quelque temps, elle fut chargée de sonner les cloches : ce fut d'abord pour elle un sujet de continuels et douloureux sacrifices ; absorbée en Dieu, elle s'oubliait sans cesse devant 18 Saint-Sacrement et n'entendait pas le signal que devait lui donner l'horloge du couvent. De même, quand il lui fallait interrompre son adoration pendant la Messe pour dire le Confiteor et disposer la nappe avant la communion, elle pleurait souvent et disait : « Je ne peux pas entendre la Messe ainsi I »
Une de ses compagnes, qu'elle aimait particulièrement, lui ayant demandé ce qu'elle disait
Dieu pendant les longues heures qu'elle pas-
it en sa présence, elle lui répondit : « Je ne parle pas, j'aime, j'adore I Je m'abîme dan,« mon bon Jésus 1 Je lui livre les recommandations qui m'ont été faites, mes intentions particulières, les besoins de la sainte Église, du Saint-Père, ceux de la communauté, ceux de tout l'ordre.