‹ Sabine de Ségur, en religion sur Jeanne-FrançoiseChapitre 76 sur 116 · CHAPITRE SEPTIÈME i · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME i

Jésus-Christ que je vous ai donné, vous y trouverez tout ce que vous cherchez ; prenez du temps pour cela, c'est une affaire qui en vaut bien la peine, et puis priez humblement Dieu de vous éclairer. Soyez-lui fidèle afin qu'il puisse vous compter au nombre de ses enfants, et que, dans quinze jours, lorsqu'il renouvellera sur le monde les effets du mystère de l'Incarnation, Il puisse dire de vous : « Il est venu chez lui et les siens l'ont reçu. * Priez beaucoup la sainte Vierge pour qu'elle fasse naître en votre cœur celui qu'elle a donné au mande. Enfin, mon bon monsieur JN***, malgré tout ce que je vous dis, n'ayez pas peur de votre petite directrice, et revenez la voir bientôt et souvent, sans craindre qu'elle vous pousse, car elle sait bien que c'est avec un cœur libre qu'il faut aller à Dieu. J'espère donc que vous viendrez me voir pour commencer l'année. En attendant je prie pour vous plus que je ne puis dire.

Sœur Jeanne-Françoise de Ségur. »

Enfin, le 6 mars 1868, déjà bien gravement malade, elle lui écrit cette dernière lettre , solennelle comme un avertissement

i'en haut et pleine d'une force toute divine. « Je ne puis vous écrire que quelques lignes parties d'un cœur brûlant du salut de votre âme. Pourquoi tentez- vous ainsi Dieu, jouez-vous votre éternité, méprisez-vous ses avertissements ? Qu'attendez-vous et de quoi avez-vous peur? Ne savez-vous pas qu'il ne s'agit que d'aimer et d'être aimé de ce bon Dieu? Ne savez-vous pas que cette confession qui semble si terrible, c'est l'enfant qui va se jeter dans les bras de son Père, tout ouverts d'avance pour tout pardonner? Et la communion? avoir peur de recevoir Jésus-Christ qui est votre Sauveur . votre vie, votre salut ! Que si vous devez rester encore quelque temps sur la terre, pourquoi fuir ce Dieu que lui tout seul vous aurez à aimer pendant l'éternité? Vous voulez aller au ciel, je pense, à moins d'être vous-même votre plus grand ennemi. Eh bien 1 dans ce ciel, vous ne ferez autre chose qu'aimer Dieu, et vous ne pourrez le faire que si vous avez commencé sur la terre ; car après la mort il n'y a plus de changement. — Que si lassant la patience de Dieu, vous êtes surpris par la mort, sans vous être mis dans l'état où Dieu vous veut, aurez-vous une seconde fois à revivre pour refaire votre éternité ? Si vous ne sentez pas que vous avez la foi, confessez-vous

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