‹ Sacs et parchemins (volume 2)Chapitre 1 sur 6 · I8G3 IJ · texte numérisé non relu

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La sottise humané (PRSt.iïmuètfele : Molière n'a corrigé personne. M. L^vrgiçl) K^ta*); ^firîçji à vendre du drap près du marché •aVs'Ihhdcenlig. Uhe fois retiré des affaires , Torgueil et Tambition lui montèrent par folles bouffées au cerveau. Il faut croire que les écus ont , comme le vin, des vapeurs enivrantes. Quand il se vit à la tête de trois millions, honnêtement et laborieusement acquis dans la boutique de ses pères, ce brave homme, pris de vertige, découvrit que la richesse, qu'il avait considérée longtemps comme le but de sa destinée, n'en était que le point de départ : il éprouva le besoin de faire peau neuve, de sortir des régions obscures où il avait vécu jusque-là , et de s'élancer, comme un papillon échappé de sa chrysalide, vers les sphères brillantes pour lesquelles il se sentait né. Vagues d'abord, tunides, inavouées, ces idées s'étaient glissées furtivfr-,

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SAèS ET PARCHEMIirS. 3

Le lendemain, encore tont èmu, il donna cinq francs à son portier, qui ne snt jamais à quoi attribuer cet acte de munificence. Dans une époque où l'argent pouvait prétendre à tout , ces préoccupations d'un millionnaire n'avaient rien de toop exorbitant. Toutefois il n'e«t pas douteux que sa femme ne l'eût tancé de la belle façons avec le franc-parler et les vertes allures de Madame Jb)ardain : a Levrault, tu n'es qu'un sot, lui eûtnelle dit sans plus se gêner; fais-moi l'amitié de te tenir tranquille. Nous n'avons rien à démêler avec les honneurs et les dignités. La richesse est déjà un assez beau lot: sachons en jouir avec modestie. L'argent n'est pas tout, quoi qu'on dise, et nous avons pu gagner trois millions taafi rien ajouter à notre valeur personnelle. Restons dans notre chemin, ne renions pas notre passé. Coati* nuoiis de vivre parmi les gens qui nous estiment, et n'allons pas nous fourvoyer dans un monde où Ton se moqu^aU de nous. Plus jeté regarde, plus je m'assure que lu ne tromperais personne. De mon côté, plus je m'examine, moins je découvre en moi l'étoffe d'une fèmae de qualité. En revandte, pour de gros marchands mtjiré&, nous avons t(mt à fait bon air et pouvons nous présenter avséc avantage dans tocs les salons du quai^ tter. Laisse là ces folies. Achète une bonne propriété que ta feras valoir^ Puisque tu as de l'ambition, deviens EmTB de ta eommnne ^t marguillier de ta paroisse* Pêcbe à la ligne, c'était autred'ois ta passion dominan^te. Cultive des dahlias^ tu les aimes. Fête tes amis, donna

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frir de son origine; Les plaisanteries, les fines allusions que ses jeunes compagnes ne lui ménageaient guère, paient achevé d'irriter sa souffrance. Les jeunes filles sont impitoyables entre elles : ce sont déjà des femmes. Au lieu de rendre la monnaie de leur pièce à ces petites pécores qui se faisaient un jeu de l'humilier, elle avait pris en haine sourde et profonde la boutique où elle était née, la rue des Bourdonnais tout entière, et jusqu'à ce nom de Levrault qui l'exaspérait. Quand ce nom maudit, quand ce nom funeste, presque toujours prononcé avec affectation, retentissait dans les salles d'étude ou dans les cours de récréation, elle tressaillait douloureusement et se sentait mourir de honte. Un jour, elle avait mis une robe de drap. La petite B... lui dit : « Voici une robe qui ne te coûte que la façon... » et toutes de rire, excepté Laure, qui dévorait ses pleurs. Un autre jour on lui demanda si un de ses aïeux n'était pas au camp du Drap d'or. A quelque temps de là, mademoiselle de R... et mademoiselle de C..., déjà versées dans l'art héraldique, s'avisèrent de lui composer un blason . C'étaient des armes parlantes : un champ de sinople avec un mètre d'or mis en bande, accosté de deux lièvres courants d'argent. Laure en fit une maladie. C'est ainsi qu'à tout propos, en toute occasion, on envenimait, on élargissait ses blessures. Je laisse à penser quelles sympathies mystérieuses, quelles secrètes intelligences une si belle éducation promettait d'établir entre M. Levrault et sa fille ; on juge si ces deux vanités, une fois en pré-

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