VIII PRÉFACE
Nous n'avons nullement la prétention qu'elle soit géographiquement justifiée. Elle serait même absurde en géographie humaine. Aussi le chapitre III du présent volume sera-t-il consacré à l'ethnographie préhistorique du Sahara tout entier, partie soudanaise incluse. A tout autre point de vue cette division est commode, elle permet de traiter à part des questions distinctes.
Par exemple, au point de vue géologique, la limite est bien nette entre le Sahara gréseux et calcaire du nord, et le Sahara central (Hoggar et Tanezrouft) avec ses roches métamorphiques, archéennes et éruptives.
Entre le nord et le sud la nature différente des vestiges de l'âge quaternaire met une vive opposition. Dans le nord, ce sont des lits d'oueds profondément gravés; le chapitre h du présent volume est une monographie d'un fleuve quaternaire. Dans le sud, au contraire, les traces les plus apparentes qu'a laissées le quaternaire sont des dunes fossiles. Ceci revient à dire que dans le nord le désert a succédé à la steppe et dans le sud la steppe au désert : un gros fait qui n'a jamais été mis en lumière.
Nous avons donc pu nous partager le Sahara sans nuire à l'unité des sujets respectivement traités.
En ce qui me concerne, le présent volume, qui paraît sous ma responsabilité, n'est pas le moins du monde un compte rendu de voyage; c'est une exposition synthétique des résultats obtenus, et on a donc emprunté à la bibliographie du sujet tous les renseignements susceptibles d'éclairer cette synthèse.
On a donné une place faible ou nulle, d'une part aux résultats astronomiques et topographiques, d'autre part aux résultats paléontologiques.
Les premiers sont relégués dans un appendice; il est vrai qu'ils ont été utilisés pour l'établissement des deux cartes, qui accompagnent les chapitres n et vu; il est vrai aussi que ces deux cartes font ressortir quelques faits nouveaux et intéressants (cours de l'O. Messaoud, dessin de l'Açedjerad, position