REDJEM h D'AIN SEFRA (dj-Mckter
Clicbe Gautier
Apre* les fouille*, qui ont donné un mobilier en cuivre et en fer.
On voit e paries autour Je l'orifice les dalles qui constituaient la chambre funéraire.
E.-F. GAUTIER. — Sahara Algérien. PL XIII.
Cliché Gautier
35. — RED|F.M D DE BENI-OUNIF pendant les fouilles. Autour de l'orifice, dans lequel un ouvrier est accroupi, on distingue tes écaille* de grés fixées dans le sol.
Llichc Oautier
a6. — CIMETIÈRE ACTUEL (Chnrouin) On distingue, aux extrémités de chaque tombe, les deux pierres debout (chehed), comme aussi les cruches cassée* et les écuellcs funéraires.
ETHN0f.HA.PHIE SAHARIENNE 61
« une hauteur de 2 ni. 60 et une largeur de 25 centimètres environ sur chacune de ses quatre faces unies et lisses »; ce dernier trait laisserait croire qu'on est en présence d'un fragment de colonnade basaltique; Motylinski signale au Hoggar l'usage ornementatif de semblables fragments 1 . Chudeau a observé de même la médiocre épaisseur des monolithes à Tit, une quinzaine de centimètres de diamètre; et la pierre debout figurée par Foureau est évidemment de même type. Ces colonnettes minces, qui portent parfois des inscriptions, et qui sont fréquemment associées à des tombeaux, font songer à des stèles funéraires barbares. Dans l'état de nos connaissances le rapprochement ne saurait être une explication. Du moins peut-on affirmer, je crois, que ces pierres debout, d'ailleurs très rares, ne sont pas des menhirs, au sens usuel du mot. Elles n'ont pas de rapport avec les énigmatiques Esnamen de R'adamès dessinés par Duveyrier.
Menhirs, comme dolmens, sont donc inconnus au Sahara, où pourtant les matériaux pour les édifier abondent, gneiss, quartzites, grès, qui se débitent facilement en grandes dalles. C'est une lacune significative. Car les dolmens abondent au contraire dans toute la zone méditerranéenne, de Tanger à l'Enfida tunisienne 1 .
En revanche, sur tout l'immense parcours, d'Ain Sefra jusqu'au Niger, on rencontre, pour ainsi dire à chaque pas, des sépultures qui rentrent toutes dans la même catégorie, celle des redjems.
La dénomination de redjem (pluriel ardjem) a été adoptée par M. le D r Hamy; elle est donc déjà connue et il y a tout intérêt à la conserver; d'ailleurs il n'en existe pas d'autre. Les sépultures do ce genre ont été l'objet déjà de bien des travaux, on les a désignées presque toujours sous la double dénomination de bazina et de chouchety dont chacune désignait une variété particulière'; mais il y a certainement intérêt à réunir ces variétés diverses dans une catégorie unique à laquelle il faut donner un nom.
Une observation préliminaire s'impose pourtant. Le mot redjem, en arabe vulgaire, s'applique à tout tas de pierres, quel qu'il soit, à ceux qui ont un caractère de signal, jalonnant le chemin ou marquant l'emplacement d'un puits, ou encore un caractère religieux \ à ceux mêmes qui ont été dressés par les géodèses du service topo-
1. Bulletin du Comité de l'Afrique française, supplément d'octobre 1907, p. 257, etc.
2. Cités et nécropoles berbères de l'EnJida, par M. E.-T. Hamy. Extrait d u Bulletin de Géographie historique et descriptive, n* 1, 1904.
3. Voir dans Recherche des Antiquités dans le nord de l'Afrique (Instructions adressées aux correspondants du ministère de l'Instruction publique). Paris, Leroux, 1890, p. 42, 43.