TYPE DES POINTES DE LA ZOUSEANA (Musée d'Alger
(Grandeur nature.)
d'une façon générale, et à de très rares exceptions près, les pointes du type Zousfana n'ont jamais été trouvées dans l'est (cf. la collection Foureau) ; et la réciproque est vraie, on va voir que les rares pointes connues dans la Saoura et au Touat sont presque toutes du type Zousfana.
Ces deux types sont connus et classés en Algérie. Voici comment M. Pallary caractérise ce dernier : « Pointes de trait pédonculées, grosses, massives, irrégulières, très rarement symétriques... toujours cet outillage est façonné sur une seule face. » Il provient toujours de stations en plein air d'après M. Pallary, qui déclare n'avoir jamais trouvé d'industrie similaire dans les grottes; et qui conclut ainsi : « Aux temps néolithiques succède en Algérie la période numide et berbère, et c'est sans doute le contact des étrangers qui, introduisant dans notre pays les métaux, a dû amener cette décadence de la pierre que nous avons constatée dans les ateliers en plein air '. »
Ainsi les grosses pointes seraient un type de décadence, et représenteraient la dernière phase du néolithisme africain, contemporaine des métaux et presque moderne.
Les petites pointes soignées d'Ouargla se retrouvent bien elles aussi en Algérie, d'après Pallary; elles sont « l'épanouissement du néolithique oranais »; mais elles s'y trouvent toujours dans les dépôts supérieurs des cavernes (grottes des Troglodytes, du Polygone, de Noiseux et de la Tranchée), en compagnie d'une faune qui n'est pas tout à fait actuelle *. Voilà qui est intéressant, sous la plume d'un homme comme M. Pallary, connaisseur excellent de la préhistoire algérienne. Nous constatons ici, comme à propos des gravures, que les belles traditions de taille se sont conservées bien plus tard au Sahara qu'en Algérie. Et nous acquérons la notion que ces innombrables gisements de l'erg oriental, particulièrement signalés et exploités par M. Foureau, constituent probablement une province à part, cantonnée dans le bas Igargar.
Station de Tar'it. — Dans la palmeraie de Tar'it on trouve deux gisements néolithiques. Ils sont très médiocres; des débris, de vagues grattoirs, mélangés à des morceaux d'œuf d'autruche percés et travaillés. Pas une seule pointe décente de flèche ou de javelot.
Les silex de Tar'it se trouvent en deux points :
1. Paul Pallary, Caractères généraux des industries de la pierre, L'IIommr préhistorique, février 1905. p. 40.