Poudingue fossilifère l ra
Au sommet. 5. Calcaire à crinoïdes i m ,5Q
Dans les poudingues, les fossiles abondaient, mais si mal conservés et si fragiles qu'il a été impossible de les recueillir. A coup sûr les crinoïdes prédominaient. Le calcaire bleu du sommet avait tout à fait l'aspect des calcaires de Béchar.
La réapparition de ces calcaires au milieu des grès tendrait évidemment à faire croire qu'il s'agit de formations très voisines, dont la plus récente est la simple continuation, sans lacune, de la plus ancienne.
M. Gentil signale au Maroc, dans le Haut-Atlas, des grès Permiens en relation avec des calcaires Dinantiens 1 . Ici il semble bien qu'il faille conclure à un âge carboniférien.
M. le lieutenant Poirmeur a rapporté des fossiles de deux points qui sont ainsi désignés* : « 1° vallée de l'O. bou Gharraf, affluent de l'O. bou Dib;... à fleur de terre, dans un îlot formé par un affleurement rocheux, dans le lit de l'oued. — 2 J Gueb el Aouda, piton rocheux, qui domine l'O. Béchar à 25 kilomètres au sud du ksar. » Les deux échantillons sont des moulages en grès rougeàtre, ferrugineux, de plantes houillères. M. Bureau a reconnu dans le premier Stigmaria fîcoides, et il écrit à son sujet : « Il est clair que ce rhizome bien que n'étant plus in loco nata/i, n'a pas subi un transport violent
t. C. r. sommaire Soc. géol. de Fr., 6 juin 1905, p. 95. La note est 1res brève. 2. Ed. Bureau, Le terrain houiller dans le nord de l'Afrique, C. H. Ac S., t. CXXX. Vil», p. 1029-1631. 20 juin 1904.
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E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.
Pl. xxii i
Cliché Gautier
44. - DJEBEL BÊCHAR Vu du Sud, c'est-à-dire de la Zousfana, sur laquelle il se termine par une falaise.
Cliché Gautier
4$. - DJEBEI. BÊCHAR
Vu du Nord, c'est-à-dire de la cuvette synclinale de Colotllb-Béchar. On distingue nettement 1 Inclinaison des couches dans la montagne. Au premier plan Modjbed.
LA ZOUSFANA
ni à une longue distance. » L'autre est Lepidodendrum Veltheimianum. Ces types appartiennent à la phase la plus ancienne de la végétation carbonifère.
D'autre part M. G.-B.-M. Flamand a trouvé dans la même région de petits lits de houilles à empreintes végétales'. Ces grès houillers du Béchar, ennoyés sur de grandes étendues, pourraient présenter après tout un intérêt pratique. Sur le chapitre de la houille saharienne on est en général très sceptique. La question a été traitée avec une haute compétence par M. Haug, qui aboutit à des conclusions négatives, à propos des échantillons et des fossiles rapportés par M. Foureau de l'erg d'Issaouan. Mais Issaouan et Béchar sont à mille kilomètres l'un de l'autre, et les conditions du gisement sont bien différentes et même inverses. M. Haug écrit :
« Tant que l'on envisageait les calcaires carbonifères de l'erg d'Issaouan comme du carbonifère inférieur on pouvait conserver l'espoir de rencontrer au-dessus d'eux des terrains houillers, mais à présent que l'âge moscovien et ouralien de ces calcaires est établi, il n'est plus permis de garder des illusions à cet égard i . »
Au Béchar c'est justement l'étage inférieur, Dinantien, qui est calcaire, franchement marin. Les étages supérieures au contraire sont gréseux et ont un faciès de formation littorale.
Roches secondaires — Dans le nord de la région étudiée ce sont les roches secondaires qui dominent; elles constituent à peu près toute la masse du Grouz, où elles sont représentées par une grande variété d'étages depuis le Lias jusqu'au Cénomanien. Je n'ai fait qu'entrevoir le Grouz dont la géologie est certainement très délicate à débrouiller. Je ne puis que renvoyer à la carte géologique récente de M. Poirmeur*.
En dehors du Grouz dans la région de Colomb-Béchar, et même, semble-t-il, dans celle du bas Guir le Cénomanien couvre de grands espaces. Il est riche en superbes fossiles de détermination facile *. Il est représenté par le faciès qui lui est habituel dans tout le Sud- Algérien, à la base des marnes gypseuses, au sommet des calcaires clairs, très durs. Les marnes font parfois défaut, à Ben Zireg par exemple. La formation n'est pas puissante, une cinquantaine de
1. Flamand. C. H. Ac. Se, 17 juin 1007. C. r. sommaire Soc. yéol. de Fr., p. 1 ri I et 137.