‹ Sahara algérienChapitre 57 sur 119 · GOURARA ET TOI! AT · texte numérisé non relu

GOURARA ET TOI! AT

l*.Atlas les dépôts marins pliocènes, on ne sera pas surpris que le Vorland ait subi jusqu'au Touat le contre-coup de mouvements orogéniques aussi jeunes.

Hydrographie.

Le Gourara et le Touat rentrent dans le bassin de l'oued Messaoud, au sujet duquel on a donné, dans le chapitre u, des indications précises. De ce côté le bassin est limité par l'Atlas et le Tadmaït.

La topographie du Tadmaït est presque inconnue; hier encore elle l'était complètement. On sait pourtant que la plus grande partie du Tadmaït déverse vers les oasis ses eaux d'orages: on connaît aujourd'hui l'existence de très grands oueds, tout à fait comparables, comme dimension, à i'oued Mya, qui a simplement sur eux l'avantage de les avoir précédés sur nos cartes; ils coulent tous à l'opposé de l'oued Mya, vers l'ouest, et ils sont tributaires des oasis; ce sont les oueds Tlilia, Ilatou, R'zelan, Sba, Aflissès, etc.

D'autre part les oueds Saoura, Namous, R'arbi, Seggueur descendent de l'Atlas. Un immense réseau-squelette d'oueds quaternaires converge vers les oasis du Gourara et du Touat.

A l'époque actuelle, le trait frappant de l'hydrographie ce sont les sebkhas. Les oasis s'alignent en cordon sur les bords de sebkhas multiples. Il n'y a pas en effet, comme les anciennes cartes l'indiquent à tort, une grande sebkha du Touat, mais un lacis ou un chapelet de petites : l'oasis de Bouda a la sienne, celle de Tamentit en a une autre nettement séparée, etc. La sebkha la plus étendue est probablement celle de Timimoun; en tout cas, c'est la plus pittoresque, avec sa bordure de falaises et de dunes; elle a 40 kilomètres de long sur G ou 7 maximum de large. (Voir pl. V, phot. 0.)

Il est malaisé de préciser ce qu'on pourrait appeler le régime hydrographique de la sebkha. Les habitants du Touat affirment que les leurs ont été des lacs, de mémoire d'homme, et qu'on y a circulé en bateau de ksar à ksar.

On a dit quelles traditions précises ont été recueillies la-dessus par AI. Wattin, interprète militaire.

Quoi qu'il en soit du passé, les oasis sahariennes, dans le présent, ignorent à peu près complètement l'eau naturellement vive et courante.

Les oueds quaternaires coulent peut-être une fois en dix ans.

i. On ne les trouvera pas sur les anciennes cartes. 11 faut les clien lier sur les cartes Prud homme et Niéger.

Quant aux sebkhas, elles ont sur un petit nombre de points, d'étendue très restreinte, de l'eau libre en permanence; au Timmi. par exemple, dans le voisinage d'Adrar, capitale administrative du Touat, on montre, à la limite de la palmeraie, une flaque d'eau qui ne tarit jamais; le niveau de ces mares est sujet à des fluctuations notables suivant les saisons. D'autres petits coins de sebkha ont en hiver un pied d'eau libre qui disparaît l'été. Mais dans l'immense majorité des cas, la sebkha reste toute l'année une étendue de vase plus ou moins séchée, plus ou moins semée de fondrières, et plus ou moins saupoudrée de sel. La couche salée superficielle est tout particulièrement hygrométrique; la surface des sebkhas, terne dans les périodes de plus grande sécheresse, devient étincelante de sel, dès qu'on signale de gros orages, fussent-ils tombés très loin de là. C'est d'ailleurs une loi bien connue en pays désertique que cet accroissement concomitant, paradoxal en apparence, de l'humidité et de la salure superficielle. A mesure que s'accumule l'eau salée contenue dans la masse, la capillarité en entraîne en surface une plus grande quantité, qui s'évapore en déposant un résidu de cristaux. Cette difficulté, on le sait, a entravé, dans l'Egypte anglaise contemporaine, l'extension des cultures 1 .

Ainsi, les sebkhas, qui ne reçoivent pourtant, en règle générale, aucun affluent superficiel, restent très sensibles à l'influence des orages lointains, elles sont, en quelque sorte, un pluviomètre de leur immense bassin fluvial, parce qu'elles sont le point où aboutit toute la circulation souterraine. Si donc les oasis se collent aux sebkhas, s'alignent sur leurs bords, ce n'est pas pour leur valeur propre; les sebkhas, avec leurs terres et leurs eaux, chargées de principes chimiques, sont parfaitement inutilisables, mais elles sont l'indice infaillible d'une abondante nappe d'eau souterraine.

Notons encore que, au Gourara et au Touat, les sebkhas sont toujours, comme l'oued Saoura entier, asymétriques, et si l'on veut hémiplégiques; sur une rive pénéplaine primaire, sur l'autre couches crétacées ou tertiaires; la rive primaire est morte, la végétation et la vie sont concentrées sur l'autre.

Nous avons encore peu de renseignements précis sur le climat des oasis; pourtant le lieutenant Niéger nous donne, sur les pluies, quelques chiffres intéressants. « En 1901, il y avait douze ans que la région n'avait pas eu de pluies... Pendant l'année 1901, quelques pluies. En 1902 on a obtenu, à Adrar, 60 millimètres. » L'hiver

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