Grès rouge
Toutes ces couches sont peu ou prou fossilifères, mais surtout les calcaires. Dans les schistes et dans les grès rouges, on trouve des dépots plâtreux, parfois cristallisés. Cette formation constitue une arête de faible altitude, — une vingtaine de mètres, très continue sur une trentaine de kilomètres et jalonnée par les trois puits.
Ces couches, au moins dans la partie nord de l'arête, plongent à l'ouest de 45° au moins, et d'autre part sur la rive droite de l'O. In Belrem dont elles longent la rive gauche, les grès éodévoniens plongent dans le même sens et semblent s'enfoncer en stratification concordante sous le Néo-Dévonien, le contact étant ennoyé. De sorte
1. MM. Flamand et Ficheur, après un examen très sommaire, avaient rattaché ce* fossiles au Carboniférien (voir E.-F. Gautier, le Mouidir-Ahnet, dans La Géographie* juillet 1004). Ce qui rend tout à fait certain, d'après M. Hauir, l'Age supradevonien c'es» la présence de Spirifer Verneuilli, accompagnée de Produclella cf. dissimilit, etc.
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qu'on croirait avoir affaire à un plissement qui aurait affecté les deux terrains. Une étude attentive montre qu'il n'en est rien.
En effet, les coupes aux deux puits septentrionaux Afoud dag Rali et Bel Rezaïm montrent bien les couches néo-dévoniennes plongeant à l'ouest de 45°.
Mais, au puits d'In Belrem, la stratigraphie est bien différente. Au puits même on retrouve, parfaitement horizontaux, ces mêmes calcaires fossilifères qui, aux deux autres puits, sont redressés énergiquement. Au sud du puits d'In Belrem, l'accident néo-dévonien n'est plus une arête, c'est une falaise où les couches néo-dévoniennes sont horizontales. Au pied de la falaise on voit affleurer un paquet de ces mêmes couches (ou du moins elles m'ont paru telles), extrêmement redressées et voisines de la perpendiculaire. La faille se constate donc directement.
En somme, le long de l'O. In Belrem, le contact est anormal entre l'Éo- et le Néo-Dévonien.
De Taloak à Baba Ahmed. — On a déjà parlé de la section septentrionale de cet itinéraire, depuis Baba Ahmed jusqu'à une quinzaine de kilomètres au sud de Tirechoumin. On a dit qu'il court là un pli hercynien, où le Garboniférien joue un rôle important, et qui s'arrête court à une ligne de faille, au delà de laquelle les couches carbonifériennes sont horizontales.
Ces couches horizontales s'étalent en plateau jusqu'à Haci Ar'eira sur un trajet d'une quinzaine de kilomètres. A la base sont des schistes très fissiles (ktoub), passant au grès en plaquettes. Au sommet, des calcaires violets fossilifères.
D'autre part, M. Villatte a rapporté des fossiles carbonifères de deux points situés à une petite distance dans l'ouest (Tin Tenai et l'O. Kraam). La bande carboniférienne s'étend donc jusque-là. Au delà, entre Haci Ar'eira et l'oued In Gharen, à travers l'ennoyage, on voit percer, à deux ou trois reprises, des couches dont je ne puis pas indiquer la succession exacte, mais qui sont des bancs de grès bien lités, des grès en plaquettes, des schistes fissiles, des argiles schisteuses et des bancs de calcaires bleus à Crinoïdes. Le faciès est à peu près le même que celui du Carboniférien (?) de l'oued Inesmit. Ces couches, quand elles ne sont pas horizontales, sont affectées d'une plongée légère vers le nord ; je crois que leur horizontalité a été dérangée par de petites failles.
Au sud de 10. In Gharen, le long de l'oued Adrem, jusqu'à Taguerguera, sous les ergs Tessegafi et Ennfouss, le placage des
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alluvions et des dunes soustrait le sous-sol primaire à l'observation sur de grands espaces. La région est une vaste cuvette où viennent converger tous les oueds de l'Ahnet et de l'Açedjerad ; l'oued Adreru est souvent encaissé entre des terrasses d'alluvions anciennes (terrasses de cailloutis auprès de H. Tadounasset).
Toutes les fois que le sous-sol primaire apparaît, il est d'aspect assez uniforme, des argiles et des marnes schisteuses de couleurs vives, avec d'assez rares intercalations de bancs calcaires très minces. Malgré l'uniformité du faciès, cette formation essentiellement argileuse ou marneuse se rapporte à deux étages, Méso- et Néo-Dé vonien. En effet, sur tout le pourtour méridional de l'erg Tessegaii les gisements fossilifères abondent.
Au-dessus des berges de 1*0. Tadounasset sur les flancs d'une gara haute de 50 mètres environ, M. Villatte a recueilli dans des marnes une faune étudiée par M. Haug, qui conclut ainsi 1 : « L'ensemble de la faune possède incontestablement un cachet néo-dévonien. »
D'autre part, « un peu à l'est du campement de l'O. Tadounasset. a Tin Taggaret, M. Villatte a recueilli encore dans des marnes > plusieurs fossiles méso-dévoniens étudiés par M. Haug 2 .
Enfin, nous pouvons signaler deux nouveaux gisements mésodévoniens à Meghdoua et près de Taloak (à 3 ou 4 kilomètres -V.-E. en bordure de l'erg).
A Meghdoua la formation a une vingtaine de mètres, se décomposant ainsi de la base au sommet.