Id., p
3. Il s'ensuit que l'expression de plissement calédonien est inexacte, puisque ce plissement n'affecte pas le Silurien supérieur. Mais cette expression est provisoirement commode encore qu'inadéquate.
PU d'In R'ar. — Le pli hercynien d'In R'ar est encore plus ma connu que celui d'Ain Cheikh, pourtant son étude nous conduit à des conclusions identiques.
D'après un rapport manuscrit de M . Voinot, les couches primaires plongent en sens inverse de part et <T autre du golfe primaire.
D'autre part, sur l'itinéraire de Tirechoumin à Baba- Ahmed et dans le prolongement du golfe, on rencontre successivement des couches qui plongent à l'est, au voisinage de Tirechoumin, et à l'ouest au voisinage de Baba Ahmed. Il ne semble donc pas douteux qu'il n'y ait là un grand pli anticlinal étiré nord-sud.
Le pli d'In R'ar s'arrête brusquement à 15 kilomètres environ au sud de Tirechoumin, à une ligne de faille au delà de laquelle le Carboniférien fossilifère se présente brusquement en couches horizontales sur de grandes étendues. Plus au sud, on ne retrouve plus de couches carbonifériennes ou dévoniennes plissées, et quand on arrive à des couches plissées, elles appartiennent au substratum calédonien. Ici donc encore nous pouvons délimiter avec précision les domaines respectifs des plissements hercyniens et calédoniens (fig. 50).
En somme, dans le Tidikelt occidental, d'In R'ar à Ain Cheikh, le sous-sol primaire est une pénéplaine où l'on distingue deux faisceaux de plis hercyniens, entre lesquels le horst calédonien projette un promontoire jusqu'à la falaise crétacée. Et si les détails manquent. •ce sont là du moins des traits généraux absolument exacts.
Sud d'In Salah. — Dans le Tidikelt oriental (In Salah), la structure de la plate-forme primaire est plus mal connue et plus incertaine ; je n'ai de documents que sur la route d'In Salah au Mouidir par Haci el Kheneg (route faite en partie de nuit).
Le puits d el Kheneg est dans des grès bien lités, interstratiGés de quelques lamelles argileuses; à travers les couches minces d'argile les couches gréseuses sont réunies par des colonnettes de grès, très régulières, qui se débitent en rondelles tout à fait semblables, comme forme et comme dimension, à des bourres de fusil de chasse; dans les argiles, j'ai recueilli une llhynchonnelle.
Malheureusement, ce fossile n'est pas caractéristique. D'après le faciès, on pourrait croire les couches d'el Kheneg éodévoniennes? (surtout à cause des « bourres de fusil », mais c'est naturellement un indice très faible). En tous les cas elles appartiennent plutôt à la série dévonienne.
On sait que dans un échantillon de schistes provenant de Haci el Kheneg et rapporté par le lieutenant Cottenest, M. Flamand a décou-
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vert des Graptolithes 1 ; ces schistes ont été recueillis au campement à quelques centaines de mètres du puits. Leurs relations stratigraphiques avec les terrains voisins sont inconnues.
11 semble impossible d'attribuer au Silurien les grès à colonnettes de H. Kheneg — qui par définition ne sont pas des schistes à graptolithes. Mais ces grès supposés éodévoniens sont à peine dérangés, ils plongent vers l'ouest d'une inclinaison très légère. Ils ont donc échappé au plissement hercynien, et, comme à Garet Tamamat ils reposent vraisemblablement sur le horst silurien.
Seulement je ne puis pas indiquer, dans le Tidikelt oriental les limites exactes de ce horst.
Le substratum primaire apparaît, le long de l'oued Inesmit, au pied de la falaise crétacée, à une quarantaine de kilomètres au S.-S.-E. d'In Salah. Il est représenté par des schistes fissiles noirs, des calcaires bleus àCrinoïdes et kCyathophyllum en bancs réguliers, des marnes, des grès en plaquettes.
C'est un faciès qui rappelle celui des couches carbonifériennes. Les strates plongent au N.-N.-O., d'une inclinaison légère, mais plus accusée qu'à H. el Kheneg. Je n'ose pas risquer d'hypothèse explicative.
Malgré l'incertitude des limites exactes, il n'est pas douteux que l'extrémité du horst calédonien ne voisine avec In Salah puisque Haci el Kheneg est à une centaine de kilomètres seulement de l'oasis.
Nous sommes donc certains que le placage crétacé du Tidikelt, sur toute sa longueur, recouvre à peu près la vieille suture en zigzag des domaines hercynien et calédonien.
M. Flamand a signalé un plissement hercynien à l'est du Tidikelt (Aïn Rallia)', et rien naturellement n'empêche de croire que la zone des plis hercyniens ne réapparaisse plus loin à l'est.
Pourtant le pli d'Ain Kahla a un axe cristallophyllien ou cristallin, et cela le rapprocherait plutôt des plis calédoniens que des hercyniens. La question n'existait pas au moment où M. Flamand a vu ce pli; puisque alors, l'existence au Sahara de plis calédoniens n'était pas soupçonnée. Elle mériterait un supplément d'information; si le pli d'Aïn Kahla est hercynien, il faudrait conclure que les plis hercyniens gagnent en intensité, d'ouest en est. Car les plis occidentaux ne
1. G.-B.-M. Flamand, Sur l'existence des schistes à graptolithes à Haci el Kheneg C B. Ac Se., U CXI, p. 954-937, 3 avril 1905.
2. Une phrase de deux lignes dans G.-B.-M. Flamand : Mission au Tidikelt. La Géographie, 1900, p. 301.
sont pas assez énergiques pour amener à l'affleurement des couches aussi anciennes.
Géologie de la pénéplaine entre le Tidikelt et le Mouidir-Ahnet.
Entre le Tidikelt et les premiers contreforts du Mouidir, de l'Ahnet et de l'Açedjerad s'étend une région naturelle, caractérisée par son extrême aridité. Elle est donc particulièrement difficile à connaître puisqu'on la traverse à marches forcées. Nous en avons amorcé l'étude en étudiant le substratum primaire du Tidikelt.
Cette région a été traversée par moi, seul ou en compagnie de M. Chudeau, suivant trois itinéraires différents — d'In Salah au Mouidir — de Taloak à Baba Ahmed — de Taourirt à Taloak.
D'In Salah au Mouidir. — On a déjà parlé des premières couches rencontrées, celles de l'O. Inesmit et de Haci el Kheneg.
Au pied des premières pentes du Mouidir, aux puits de Afoud dag Rali, Bel Rezaïm et In Belrem, on rencontre des couches particulièrement intéressantes parce qu'elles sont très fossilifères. Les fossiles, étudiés par M. Haug, appartiennent au Dévonien supérieur *.
La succession des couches est la suivante de bas en haut :