Duveyrier, p. 222 et
générale, pour un peuple pasteur, l'existence de l'eau à l'air libre est une condition sine qud non d'existence; on ne voit pas les Touaregs abreuvant toutes leurs bètes seau par seau péniblement tiré du puits.
Ceux du Hoggar élèvent certainement des bœufs à bosse du Soudan ; Guillo Lohan en a vu par troupeaux d'une quarantaine Motylinski les signale fréquemment. Les Touaregs du Mouidir-Ahnet ne semblent pas en avoir; pourtant les prisonniers de 1887 ont affirmé le contraire à Rissuel '; et il ne parait pas incroyable que le Mouidir- Ahnet puisse nourrir quelques bœufs, cela n'est pas en tout cas impossible a priori.
Il y a d'assez beaux troupeaux de chèvres et de moutons sans laine [deman). Les chameaux 1 sont naturellement la partie la plus précieuse du cheptel. Il y aurait une comparaison intéressante à faire entre les méharis touaregs et ceux d'Ouargla (élevés par les Chaamba). Que ceux-ci, habitués au sable, se coupent les pieds sur les cailloux des hummadas, c'est sans doute une simple question d'entraînement. On a signalé depuis longtemps des différences de poil : le méhari targui est parfois tout blanc; et des différences déstructure générale : le méhari targui est moins massif, plus léger. Ce qui frappe surtout, c'est ce qu'on pourrait appeler ses qualités morales; il est familier, souple, et môme silencieux; cette dernière qualité est particulièrement rare chez ses congénères; de son maître à lui on croit deviner des liens de confiance et de compréhension mutuelle. En somme, c'est un méhari plus évolué, plus éloigné, par la sélection et le dressage, du chameau de bât dont j'imagine qu'il est issu. Aussi il fait prime, les Chaamba eux-mêmes reconnaissent sa supériorité, malgré leur amour-propre d'éleveurs.
Le Mouidir. — La partie étudiée des plateaux Touaregs se divise en deux parties, en deux individualités bien distinctes, au point de vue géographique et humain, le Mouidir et l'Ahnet.
Le nom de Mouidir est une déformation, dans laquelle il est difficile de dire la part qui revient à la phonétique arabe et à l'européenne, du nom berbère Immidir. La forme incorrecte, consacrée par l'usage, me paraît avoir '''liminé tout à fait l'autre.
Il s'agit ici d une petite partie du Mouidir, la lisière occidentale. Encore que le Mouidir lato sensu soit en dehors de notre sujet,