Voir appendice IV
s'applique à la grande falaise terminale au sud, la falaise de Glint.
Quant à la dénomination de Bissuel : région de l'Adr'ar Ahnet, elle est bien longue et vague, c'est une périphrase : le nom d'Adr'ar Ahnet, comme Bissuel Ta bien compris, s'applique à une région bien délimitée, et non pas à l'ensemble du pays, qu'il faut appeler Ahnet tout court, comme on dit Mouidir, en englobant l'Açedjerad pour la commodité de l'exposition.
L' Ahnet a eu une singulière fortune en librairie. Il a fait l'objet d'une description géographique détaillée quinze ans avant d'être exploré ou même entrevu par un Européen. En 1887 sept Touaregs de l'Ahnet, au cours d'une razzia malheureuse, furent capturés par les Chaamba, et remis aux mains du gouvernement français. Ce fut l'un d'eux qui accompagna comme guide l'infortuné Crampel. C'était l'époque où le Targui, dans l'imagination du public, après avoir été un chevalier du Moyen âge, tournait décidément au traître de mélodrame; il fut admis, à tout hasard, que le guide avait trahi : on peut affirmer aujourd'hui qu'il n'a jamais revu son pays, ce qui laisse à supposer qu'il partagea le sort de Crampel. Ses six compagnons d'infortune, internés à Alger, furent interviewés régulièrement pendant la durée de leur détention par Masqueray, alors directeur de l'Ecole des Lettres, et le capitaine Bissuel, officier de bureau arabe. Cette collaboration aboutit à la publication d'un dictionnaire, édité par Masqueray, et d'un ouvrage descriptif, intitulé Les Touareg de COuest, par le capitaine Bissuel 1 . C'est la seule fois peut-être qu'un travail de ce genre ait été fait officiellement dans les prisons. Le livre de Bissuel est accompagné d'une carte de l'Ahnet, dont l'original fut dessiné et modelé par les prisonniers avec du sable sur le carreau de la prison. C'est elle qui a servi de base à tous les travaux cartographiques ultérieurs : carte du Sahara de notre état-major, carte de l'Afrique dans l'atlas de Stieler {Blaltl y bearbeitet von Lûdekke). Nous avons rencontré un des collaborateurs du capitaine Bissuel, Tachcha ag Ser ada : il était inconscient de son importance géographique, mais il gardait bon souvenir d'Alger, il l' affirmait du moins, et il exprimait en termes décents son regret de la mort de Masqueray.
La carte de Bissuel, ou plutôt de Tachcha, et le texte qui l'accompagne sont naturellement défectueux, mais beaucoup moins qu'on aurait pu le craindre. La carte figure assez nettement les différentes parties de l'Ahnet, mais non leurs rapports de position, c'est un pêle-mêle de détails justes. Par exemple, l'Adr'ar Ahnet et la mon-