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Sahara et Soudan:

Parmi les explorateurs de rAfrique, M. le docteur Nachtigal, à qui, en 1876, la Société de géographie de Paris a décerné sa grande médaille d'or, occupe une place tout à fait à part. Son mérite essentiel et original, c'est de savoir accomplir beaucoup de choses avec peu de ressources. A Timproviste, sans fracas^ presque sans apprêts, pris de court par l'occasion même, il fournit, de la Tripolilaine au pays des Gaberis, et de là, par l'Ouadaï, au Soudan égyptien,une odyssée de cinq années pleines (1869-1873), féconde en résultats de tout genre.

Cette odyssée, il l'ouvre par une pointe conquérante vers l'étrange écheveau d'émis et à'enneris qu'habite la peuplade berbère des « Toubou du rocher », et où nul, avant lui, n'avait pénétré. Un peu plus tard, de Kouka, l'hospitalière cité du cheik Omar, il visite les divers districts du lac Tsad et notamment ces vallées du Kanem, où le vaillant de Beurmann son compatriote avait péri d'une mort si tragique ; puis, s'enfonçant vers le sud, sur la rive gauche du grand fleuve Chari, il rejoint le roi de Baguirmi, alors chassé de sa capitale, et, en compagnie de ce prince errant, assiste à des scènes de guerre efiTroyables.

Rentré dans la capitale du Bornou, au mois de septembre 1872, il en repart bientôt pour reconnaître le lac Fitri, gagne ensuite Abesché, chef-lieu de l'Ouadaï, et, poussant toujours à l'est, au travers du Darfour, atteint, après trente-quatre jours de marche, la ville de Khartoum, juste comme une armée égyptienne en partait pour réunir le haut Nil sous la domination des Khédives.

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