H8 CONSTITUTION POLITIQUE DU PAYS
près du maître, selon sa dignité. A côlé du divan royal, s'asseoient, par ranç d'âge, les fils et les frères du Cheik. En face sont accroupis les Kokenâwa.
Cette assemblée, toutefois, épave de Tancienne constitution aristocratique du pays, n'est plus aujourd'hui qu'une ombre, et n'a aucune puissance effective. Tout se décide par la volonté du souverain et par l'influence de ses favoris ; un simple esclave, s*il est fort en crédit, est un personnage devant lequel un conseiller ne peut que s'incliner. La plupart des charges de cour, comme sous tous les régimes autocratiques, sont d'ordinaire le lot d'esclaves, en qui le maître a plus de confiance qu'en ses propres parents ou ses quasi-pairs, et sur le dévouement desquels il se croit fondé à compter davantage. Pour les mêmes raisons, le soin de la défense du pays et les postes militaires sont le plus souvent aux mains de fonctionnaires d'origine servile. Quant à leurs frères, les princes bornouans les tiennent toujours un peu en suspicion, et, partant, ne leur réservent pas leurs premières faveurs ; cette méfiance s'étend généralement à quelques-uns des fils, dont on a soin de restreindre l'autorité.
Parmi les fonctionnaires, le plus puissant était autrefois le Kegamma ou chef militaire, dont le ressort principal d'activité se trouvait naturellement à la partie sud de l'empire * (du côlé du nord le pays confine au Sahara), vers les régions qu'habitent les peuples païens; actuellement, ce titre de Kegamma tend à tomber de plus en plus en oubli ; mais la fonction existe toujours; elle était exercée, au temps de mon séjour, par le Kachella Bilâl. En seconde ligne venait le Jej^ima^ qui avait pour mission essentielle de surveiller les Touareg et de garantir le pays contre leurs attaques : encore une charge à peu près disparue, bien que le titre en subsiste toujours. Le soin de protéger la frontière appartient maintenant au Digma. Le troisième dans la hiérarchie était l'héritier présomptif du trône (fils ou frère du souverain), lequel portait le titre de Tchiroma^ commandait les tribus des Djatko et des Mobber, sur la rive septentrionale du Yoô, à quelques journées au nord-ouest de Kouka, et administrait, au sud-est de l'empire, les anciens districts sô (ou sou) de Ngâla, Ndiffou, Kâla, Kebira, Sangaia, Logomàné, Kâza, et la tribu schôa des Béni Schekk. Cette dernière charge, plutôt accrue que diminuée, était lors de mon voyage aux mains du
1. C'est-à-dfre depuis la frontière du Sokoto, à l'ouest, Jusqu'à Logon : dlslricte de Daia (capitale Ooubjeba), de Mabani et de Boulgoa.