‹ Sahara et Soudan:Chapitre 52 sur 111 · CONSTITUTION POLITIQUE DU PAYS · texte numérisé non relu

CONSTITUTION POLITIQUE DU PAYS

tpoducteur des étrangers près du Cheik; c'était à lui de traiter les hôtes royaux, de recevoir de tous les points du pays les béliers destinés aux sacrifices solennels et de les distribuer aux familles princières, aux fonctionnaires de la cour et aux étrangers. Ce dignitaire, dont le district administratif s'étendait jadis tout autour de l'ancienne Résidence, ou Kasr Eggomo, a perdu de nos jours ime grande partie de ses attributions, et n'a plus guère qu'un titre nominal.

Parmi les autres titulaires d'offices, je citerai le Ziguibada^ messager royal ou commissaire urbain à Kouka, lequel administre en outre un important district provincial; VArdjinâma, fonctionnaire militaire à la suite du Kegamma, qui a le privilège de porter Télendard devant le Cheik quand celui-ci sort; le Fouf/omay gouverneur de Ngornou, la seconde ville bornouane ; le Zefita77îa{emplo\é militaire); le Kazelma, déjà mentionné; le Kagoustèma^ autre chef à la fois provincial et guerrier, etc., etc. N'omettons pas messieurs les Eunuques, dont le premier a le litre de Joiirôma, avec maint revenant-bon, et la haute sur- \eillance de certains districts. De tous les fonctionnaires de vieille date, ce sont les seuls dont les attributions se soient maintenues sans la moindre éclipse. Quant aux femmes de la famille royale, elles jouent au Bornou, comme dans tous les Etals nègres de rislam, un rôle qui ne laisse pas que d'être considérable : c'est ainsi que la reine mère ou Magnira dispose, par investiture, de nombre de districts et de localités, et que la première femme du Cheik, laquelle porte le titre de GoumsOy a aussi une grande situation officielle.

Mais les gros personnages entre tous, ce sont ces esclaves aux- (jnels est confiée, avec le titre de Kachellawa (capitaines), la puissance militaire du Bornou. Les principaux d'entre eux siègent, je l'ai dit, à la Nôkena. Bien qu'en cas de branle-bas général de guerre, l'ensemble des tribus du pays forme l'élément de défense nationale, ces chefs ont néanmoins en permanence sous leurs ordres une force toujours disponible qui constitue un noyau d'armée et suffit d'ordinaire à tenir eu respect les peuplades païennes du voisinage.

Le premier de ces capitaines, le Kachella Bilâl déjà mentionné, était, lors de mon séjour à Kouka, un vieillard chargé d'ans, qui passait pour le guerrier le plus résolu et le plus brave de l'Empire, cl jouissait depuis un demi-siècle de la plus haute considération. Il était chef de la tribu kânembou des Sougourti, et gou-

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