‹ Sahara et Soudan:Chapitre 83 sur 111 · Barlh's Reisen, tome II, p · texte numérisé non relu

Barlh's Reisen, tome II, p

Les tribus qui Tinrent plus tard, et que la chronique en question désigne sous le nom générique de Tedâ, ne manquèrent pas, en leur qualité de nomades indisciplinés, d'entrer bientôt en conflit arec le gouvernement régulier du pays et sa population sédentaire ; de là de longues hostilités, qui réduisirent peu à peu les Kânembou à une complète subordination politique. Partout où les deux éléments, travailleurs de la glèbe et nomades, se trouvaient en présence, la prééminence resta aux seconds. Ultérieurement, il est vrai, les victoires du roi Idri sur les Boulala, alliés des Toubou (fin du xvi* siècle), firent un tort grave à ces derniers, et il semble qu'alors beaucoup d'entre eux se soient vus forcés d'émigrer au Bornou. Depuis lors, la situation politique ne s'était guère modifiée, quand l'arrivée des Oulad Sliman, dans ces derniers temps, et leur, prise de possession violente du Kânem, sont venues donner une nouvelle impulsion au mouvement d'émigration vers le sud.

Nous avons dit que, de ces tribus toubou, celles dont les cantonnements participaient le plus du régime des pluies soudaniennes et qui s'étaient mélangées d'éléments kânembou, ne menaient flus qu'une demi-existence de nomades ; et que d'autres, établies tout près du Tsâd ou refoulés dans les îles du lac, étaient devenues complètement sédentaires ; et cela se comprend de soi. Là où le chameau cessait de prospérer, ils ont dû s'adonner à l'élève du bétail, et lorsque, comme c'était le cas lors de mon passage dans le pays, l'épizootie décimait le bétail, force leur était de chercher un recours dans l'agriculture. Les Wandala eux-mêmes, jusquelà de purs nomades, ont commencé ainsi de modifier leur train de vie, et des huttes de chaume du genre kânembou se sont mises à se grouper çà et là.

Que si nous comparons entre eux Kânembou et Toubou, nous voyons que les premiers ont en général le teint quelque peu plus foncé, et que, dans leurs humides parages du lac Tsâd et des provinces intérieures du Bornou, ils ont perdu de la maigreur et de l'élasticité native des premiers, pour gagner en muscles, en graisse, en stature, en plénitude de visage, tout en ayant, eux aussi, les extrémités d'une finesse remarquable. A ce point de vue physique, ils sont, à coup sûr, plus distingués de formes que les Kanouri leurs voisin^, dont ils diffèrent également par le costume et les mœurs. Ils se coiffent volontiers d'un haut bonnet (Z>/o>S;a), auquel ils entortillent une bande de coton {aliàbou\ qu'ils ramènent souvent sur le bas de leur figure, par une dernière rémi-

niscence du turban et du liiham. Les jeunes gens laissent toIod- Hers croître leur chevelure ; ils la tressent, ils TenjoliTent, au lieu que les Kanouris ont soin de se raser le chef et d'aJler nu-tète.Les jeunes filles, elles, se rasent aux tempes et à l'occiput, ne gardant •qu'une toufife supérieure bellement nattée qu'elles séparent en deux sur le front et qui leur retombe des deux côtés de la tête.

Entre Kanembou et Kanouris, la connexion n'en est pas moins irès étroite, grâce à la pénétration qui s'est faite entre les deux •éléments, et qui date surtout de l'époque où une partie de k population plus ou moins homogène du Kânem reflua au sud de la rivière de Yoô, et se mêla aux gens de ces districts plus méridionaux. De là est sortie la race aujourd'hui dominante au Bornou, «celle des Kanouris.

11 est difficile d'évaluer exactement le chiffre total des habitants du Kânem. Voici cependant, jusqu'à nouvel ordre, de quelle manière je le décomposerais :

TouBOc {Tedà et Ddza,)

1** Tribus restées pures et nomades (Gounda, Aterèta, Worda,

Joaroa, M&da, Jommma, Wandala, Dogorda) 10,000

2* Tribus pures et sédenUires (Bekaroà,Worda, Nôreà, Arodda). 3,000

•3* Tribus mélangées et nomades (Kàdawa, Dibbiri, Orabba).. 4,000 4*> Tribus mélangées, plus ou moins sédentaires (Koumo-

soalla, HawaUa, Moallemin, Orabba) 5,500

KANEMBOU, KANOURIS, MAGOMI ET DALATÔA.

1" Kanembou (Tomâghera, Konkou, Galabou, Koubouri, Sougourti, Tjiroa, etc.) 20,000

2* Kanouris (Boulloua, AnsJ&libou, Rogodobou, BiradouU, Biriwa, Melemmia, Forôbou, Manijaou, Ngalma, Magomi de Fouli, Gens du Dima de Gala) 5,000

DALATÔA.

A Mào, Jagoubberi, Metalla, Mortofou, Djougou, Goumso, etc. 3,000

BOULALA ET KOUKA (présumés).

Ngui4jem, Reddé, Sarabou, Tirra, etc 5,000

DANOA (en arabe Hadddc!;en dâxa, Azâ).

Darkaoua, Ariguimma ou Arigiwa, Amed^a, Bekaroa 6,000

Page 1