‹ Sahara et Soudan:Chapitre 95 sur 111 · C*est du groupe des Djilloua qu*est sorti le cheik Omar · texte numérisé non relu

C*est du groupe des Djilloua qu*est sorti le cheik Omar

2. Où ils s'appellent Ngomatibou (gens du Ngomati), tandis qu'ailleurs ils gardent leur nom primitif de Ngomut

Les Kanouris n*ayaat pu, on le conçoit, refouler ou absorber complètement les habitants originaires du Bornou, on retrouve, en divers districts du pays, des groupes compacts de population indigène qui ont gardé leur empreinte d^unité, avec leur langue et leurs mœurs. Tels sont les Makari au sud-est, les Manga, au nord-ouest, les Gamergou, lesMobber, et aussi les Keribina, sorte de tziganes demeurés réfractaires à toute assimilation.

Les Makari ou Kotoko, — car ils portent ces deux noms, dont rétymologie n'est pas connue, — constituent la population de la province bornouane de Kotoko et celle du royaume vassal de Logon ; ils sont islamisés et proches parents des insulaires du lac Tsâd, de la peuplade païenne des Mousgo, de celle des Kamergou et des gens du Mandara. On prétend généralement qu'ils sont venus des districts moyens du Chari, et ont occupé la région qu'ils habitent, après en avoir refoulé ou absorbé l'élément indigène, entre autres les Sô (ou Keribina?). A Ngala, ancienne cité sô, se trouve un grand mausolée de terre, formant un carré de deux mètres et demi de hauteur environ, où sont enterrés, dit-on, trente-cinq de leurs rois. Les morts sont inhumés assis, chacun sous un cône de terre cuite qui lui fait un monument funéraire. Ce mausolée tombe de plus en plus en ruines, et l'on voit de toutes parts saillir au dehors les ossements royaux et s'émietter les tertres d'argile.

Les Makari, physiquement, diffèrent beaucoup des Kanouris. Ils sont, en général, plus foncés de teint que ceux-ci, massifs de forme, de traits peu réguliers, et, dans leur pays de marécages, très enclins à l'embonpoint. Ils se livrent avec ardeur à l'agriculture, à l'industrie et à la pèche. Leurs bourgades principales, dans la province de Kotoko, sont Missené, Ngâla, Afadé, Maffaté, Goulfeï, Kousseri, Tillam et Sangaia, chacune ayant à sa tète un chef indigène ou roi, à côté duquel se trouve, pour le surveiUer, un gouverneur bornouan {alifa), qui, la plupart du temps, ne lui laisse qu'une autorité nominale. Seul, le Logon, bien que tenu dans les liens d'une étroite vassalité, a un chef jouissant, dans son ressort, de pouvoirs pléniers.

Les Keribina, qu'on regarde à tort ou à raison comme un reste des Sô, habitent en petit nombre dans la même région, où ils mènent une existence un peu déconsidérée de forestiers et de chasseurs. Plus d'une fois, au cours de mon voyage, j'ai aperçu les enclos ou parcs en manière de cernes où ils acculent et tuent le gibier. Us ont cependant aussi quelques centres d'agglomération ,

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tel que la petite ville de Koultchi, où j'ai eu occasion de séjour^ ner au milieu d'eux. Ceux que j'ai vus là parlaient uniquement la langue logonienne *, et je ne leur ai rien trouvé de particulier, si ce n'est qu'ils portaient tous un arc et des flèches, et que, quoique sectateurs de l'Islam, ils mangeaient sans scrupule la chair du cochon et du sanglier, gibier qui abonde dans leurs districts

Les Gamergou sont établis à la partie méridionale du Bornou proprement dit, au nord du Mandara et du territoire des Margui ; localités principales : Yaloé, Gâwa, Gouëgué, etc. Us ressemblent absolument à leurs voisins les gens du Mandara, si ce n'est qu'ils parlent un dialecte un peu différent. D'indépendance politique, de chefs propres, cette peuplade n'en a point. Ses communautés se gouvernent tout à fait à la manière bornouane. On dit que le paganisme n'a point entièrement disparu de chez elle.

La petite tribu desMobber, cantonnée dans le district de Bakâra, à trois journées environ de Kouka, et sur la rive gauche de la rivière de Yoô, est, suivant les uns, un dernier reste des Beddé, installés jadis à la frontière du Bornou, suivant les autres, un sangmèlé de Kânembou et de Beddé, ou de Sô et de Kânembou. Elle s'adonne à l'élève des boeufs kouri et à la culture du coton.

Plus nombreux sont les Manga, qui occupent les districts de même nom, sur deux cents kilomètres environ d'étendue, au nord du cours supérieur de la rivière de Yoô. Bien que parlant le kanouri, ils n'ont aucun rapport avec les principaux éléments constitutifs de la population bornouane. On est surpris, vu leur importance, de ne les point trouver mentionnés dans les chroniques dont j'ai parlé ci-dessus. Barth en conclut qu'ils sont sans doute une tribu sang-mêlé ; mais, ce qui contredit l'hypothèse, c'est qu'ils ont, parait-il, un idiome à part, se rapprochant de celui des Beddé, et que leur extérieur, leurs mœurs, leur genre de vie offrent un cachet d'unité remarquable. C'est une race vigoureuse, d'assez haute taille, mais lourde, vilaine de traits, qui n'a pour tout vêtement qu'un tablier de peau, et porte, en sus de l'arc, une petite hache de combat à l'épaule. Ce genre d'armement, joint à sa façon d'enclore ses bourgades de fourrés protecteurs, ainsi qu'à l'habitude des femmes de se voiler le visage à la mode tôubou, donnerait à penser que les Manga du Bornou pourraient être un rameau détaché de ces Danoa qui semblent avoir peuplé originairement le district kànemois du Manga ; mais, d^un autre côté, la similitude

1. Ils semblent néanmoins user d'un autre dialecte spécial, qui se rapproche de l'idiome des Yédina.

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de noms peut fort bien être ici toute fortuite ; Fidentité des Danoa avec les Manga est d'ailleurs lo^n d'être démontrée, et uae tribu aussi nombreuse n'aurait guère pu émigrcr du Kânem au Bornou sans qu'il en fût fait mention par les chroniques ou la tradition. J'inclinerais plutôt, s'il est vrai qu'il y a analogie de langues entre les Manga et les Beddé, à voir dans les premiers une peuplade indigène soumise par les Kanouris, et dont le nom, au lieu d'avoir rien de nationaliserait alors une appellation décernée après coup, — le fait est fréquent, -^ par les conquérants. Ce qui militerait dans ce sens, c'est que j'ai entendu dire à plusieurs reprises par des Kanouris que ce mot Manga n'a pas été à l'origine un nom de tribu^ mais que c'est une corruption de Madinga^ terme qui signifie « gens difficiles ». Ce qui prouve, en tout cas, que cette peuplade ne peut être englobée dans les Kanouris, ce n'est pas seulement son caractère typique, c'est aussi cette circonstance, qu'eUe-même considère les Kanouris comme des étrangers, et qu'à l'instar des gens d'Haoussa, elle les désigne par le nom de Bâlé, Ses localités principales sont Golbagoroum, Mammari, Dounou, Oefoa, Kâfi, Sourrikolo, Boundi, Ngourou, Malam, Bensâri, etc.

A l'ouest et au nord-ouest des Manga, se trouvent les provinces de Goummel et de Zinder, peuplés d'Haoussans, de Touareg et de Kanouris ; plus au nord, est celle de Mounio, où aux éléments précités se mêlent en outre des Feliata. Sur cette même frontière occidentale du Bornou, au-dessous des Manga, habitent, je l'ai déjà dit, les Beddé (bourgades : Dàdegir, Massaba, Dôyo, Fititi, etc.) ; au sud des Beddé, les Nguizzem de l'est (bourgades : Bagari, Lurgoum, Lafia et autres) ; plus bas, se rencontrent les Kerrikerri, puis viennent successivement les Fika et les Bâbir (ou BAbor), avec lesquels nous touchons au fleuve Binoué, près duquel ils se mélangent aux Feliata et aux Batta. Le territoire de ces tribus est à six ou sept jours environ de Kouka. A l'est des Bâbir, au dessous du district de Mabani, habitent les Margui, dont, les districts les plus orientaux sont gagnés à llslam et soumis eflectivement au Bornou. A leur suite, du côté de l'est, et au sud des Gamergou, se trouve le petit pays vassal et mahomélan de Mandara (ou des Wandala), et, entre celui-ci et la frontière ouest du LiOgon, s'étendent les groupes septentrionaux de la peuplade païenne des Mousgo, dont quelques chefs ont embrassé la religion du prophète et reconnu la suzeraineté du Bornou.

La période principale d'émigration des Magomi et de leurs congénères s'ouvre au milieu du treizième siècle et va jusqu'à la fin

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du quatorzième, époque où les rois du Kâaem transplantèrent leur siège au Bornou, et durent naturellement entraîner avec eux un fort contingent de population, désireux de se soustraire à la domination des Boulala. Mais il y eut, à diverses dates ultérieures jusqu'à un temps très rapproché de nous, de nouveaux exodes, composés surtout de Toubou et de Kànembou.

Les Arabes sont aussi représentés au Bornou, quoiqu'ils y soient beaucoup moins nombreux qu'au Dâr-Fôr et dans TOuadaï. Ils semblent y être venus principalement de Test, et, pour la plupart, assez tard. Il y a même certains groupes d'entre eux dont la parenté avec les tribus du Soudan oriental est chose facile à prouver. Je ne parle ici, bien entendu, que de ces Arabes de longue main domiciliés dans le pays, qui, en kanouri, portent le nom de Schoa, et sont essentiellement distincts de ceux qui viennent en passant, à titré de guerriers ou de trafiquants, du littoral nord de l'Afrique, et que les Bornouans appellent TTos^Vt. Ces Schoa présentent un tjpe physique qui varie selon le degré de mélange avec l'élément local. Là où ils forment des agglomérations un peu importantes et ont pour voisins des peuplades de même sang, il9 ont conservé le teint clair et la physionomie de leurs ancêtres ; ailleurs, ils sont devenus plus ou moins semblables aux indigènes ; et, en ce cas, la dégénérescence s'accuse d'abord dans la couleur de la peau, puis dans les traits du visage ; l'idiome, chez eux, ne se laisse entamer qu'en tout dernier lieu, à tel point que j'ai vu, au Bornou, des Arabes qui, bien qu'établis avec leurs familles, depuis nombre de générations, à quelques journées seulement de Kouka, connaissaient fort mal la langue kanouri ; c'était moi, étranger, qui étais obligé de leur servir de truchement. Somme toute, les Schoa ne paraissent pas prospérer très bien au Bornou ; sous ce climat humide et malsain par endroits, leur race dépérit peu à peu, à moins qu'ils ne renoncent à leur individualité, pour se sauver par le croisement avec l'indigène.

Les premiers contingents arabes sont venus, dit-on, en conquérants dans le pays, en même temps que les Magomi : tels sont les Djôama et les Asela, qui, dès l'époque des rois du Kânem, ont valeureusement combattu contre les Sô. Les Djôama prétendent être un rameau détaché des Oulad Raschid de l'Ouadai ; le soin

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qu'ils ont mis à se conserver, autant que possible, purs de tout mélange (leur teint en général semble être resté clair) est cause que leur nombre a beaucoup décru. Ils habitent les districts de Magommeri et de Karagouâro, et se subdivisent en Hamediya et Sawarima. Tous réunis, ils ne sont pas plus de deux milliers.

Les Asela, la plupart foncés de peau, sont six mille environ, répartis en Serâdjiya et Oulad Aïna, et demeurent dans le district d'Oudjé.

Les tribus arabes les plus anciennes, après celles-ci, sur le territoire bornouan, sont: 1^ les Salâmât, beaucoup plus nombreux, mais demeurés infiniment moins purs ; ils habitent exclusivement à la partie sud-est du royaume, dans la province de Kotoko, le Logon, le district de Balgué (au nord du Mandaraj, et sont trente mille environ, décomposés en une quantité de groupes, dont les principaux sont les Darbiggueli et les Béni Zeïd ; — 2* les Kawàlima, les Assala, les Béni Hasen et les Béni Bedr, toutes peuplades parentes les unes des autres, et qui sont établies, les Kawâlima (au nombre de vingt mille) à Test de Ngala (Ren, Woulegui, etc.) et dans le district de Ngomâti ; les Assala (quatre ou cinq mille), dans la région de Mâgommeri et au Ngomati; les Béni Hasen (mille têtes environ), au nord-est du Mandara ; les Béni Bedr enfin (plus nombreux), demi-nomades, demi-laboureurs, dans le pays d'Oudjé.

Tout récemment, parait-il, sous le règne du cheik Mohammed el-Amin el-Kànemi, deux autres tribus arabes ont émigré au Bornou : celle des Chozzâm (deux mille), peuplade sang-mêlé, fixée toute entière dans le district de Ngomâti, où elle va, de plus en plus, s'attachant à la glèbe ; et celle des Oulàd Hamêd, très nombreuse, très prospère aussi, qui habite, partie au Logon, partie dans le Ngomâti.

Tous ces Schoa réunis ne dépassent guère actuellement le chiffre de cent mille âmes ; au temps du voyage de Barth, ils étaient, semble-t-il, plus nombreux, car ils pouvaient fournir huit mille cavaliers, chiffre qui, au moment de mon séjour à Kouka, était tombé à cinq mille à peu près. 11 est vrai que, dans Fintervalle, il s'était passé un événement sur lequel je reviendrai plus loin, et qui avait sensiblement éclairci la population arabe du Bomou : c'était le pèlerinage guerrier de ce Fellata fanatique (Schefeddin), qui, parti des pays du Niger, traversa le Bomou sud et le Baguirmi, en entraînant partout d'immenses multitudes après lui. Des localités entières se trouvèrent vidées d'un seul cdup ; c'est ainâ

qu*à Ren, cité sô naguère très peuplée, il ne restait plus, lors de mon passage, qu'une cinquantaine d*habitants à peine, et que la ville d'Afadé, où Barth avait trouvé huit mille âmes, n'en renfermait plus que deux mille.

Au Bornou, les Schoa durent renoncer au chameau de leurs pères, pour se faire pasteurs ; puis, faute d'espace suffisant, dans ce pays de population dense, pour continuer leur train de vie nomade, force leur fut de s*adonner à l'élève du cheval et aussi un peu à l'agriculture. Une épizootie, qui a récemment décimé leurs troupeaux, les a même obligés de se tourner de plus en plus vers la glèbe, si bien que mainte tribu est devenue, depuis lors, entièrement sédentaire. C'est ce qui explique le rôle économique important qu'ils jouent au Bornou. Ce sont eux qui approvisionnent de grain, de beurre, de riz sauvage et de bœufs, les principaux marchés du pays, et spécialement le grand marché du lundi à Kouka. Je parlerai de leurs mœurs, de leurs habitations et de leur costume, à propos de mon voyage à travers leur district ; pour le moment, je ne veux que dire un mot de leur condition politique.

Chaque tribu est sous Tautorité d'un doyen (en arabe, Boschschetch), et chaque groupe de tribu sous la direction d'un cheik, qui a lui-même pour supérieur un dignitaire de Kouka. Comme impôt régulier, chaque fraction des Kawâlima, des Assâla, des Béni Hasen, des Béni Bedr, des Chozzâm et des Oulad Hamèd *, livre tous les trois ans un quantum de chevaux, de bœufs, de cruches de beurre, et, tous les ans, la dîme (en arabe, Aschovr) des céréales.

. Les Djôama et les Asella sont soumis à des redevances analogues, sauf qu'ils n'ont pas à faire de livraison régulière de chevaux, et que les autres contributions sont, chez eux, non pas collectives, mais levées sur chaque feu à part, et annuelles. D'autres tribus sont tenues de fournir, qui, des bœufs, qui, des esclaves, qui, des vêtements, du miel, du riz sauvage, des moutons.

Un quart des revenus réguliers va au dignitaire de Kouka qui a la haute main sur le groupe tributaire, et comme cet administrateur en titre ne lève pas l'impôt en personne, mais charge de ce soin un procureur qu'accompagne un messager d'Etat appelé Â'mgutam, ces deux représentants réclament en outre dans chaque village un « droit d'hospitalité » [Dijâfa) en espèces, grains, bétail ou vêtements. Déplus, lors de la nomination d'un autre Basch-

1. C'est-à-dire des tribus schoa domiciliées en m^oure partie au centre du royaume.

scheïch, le souverain exige de la circoùscription un certain nombre de chevaux, dont le nouvel investi a sa part, sans préjudice, d'ordinaire, d'une esclave en sus. Enfin, en cas d'expédition, toutes les tribus schoa sont astreintes au service du ban ; chaque guerrier a droit à la moitié de sa prise, si celle-ci consiste en esclaves, chevaux et bétail, au tout, si elle consiste en objets inanimés (vêtements^ joyaux, etc.) ; quant aux armes conquises, elles sont exclusivement butin d'État.

Pour achever l'énumération des éléments constitutifs de la population bornouane, il me faut dire un mot des Touareg, des Fellata, des Baguirmiens et des Ouadaïens établis dans le pays:

Les Touareg {Kindin) sont représentés par les Keleti, qui occupent, en commun avec la tribu sang-mêlé des Djatko (Koubouri, Tomâghera, Kai Borkoua), le district de Doutschi, à une centaine de kilomètres à l'ouest-nord-ouest de Kouka. Il y a des siècles qu'ils habitent cette marche-frontière du royaume, car déjà Idris Amsâmi se servait d'eux contre leurs congénères du désert ^. On trouve encore des Touareg au Zinder, quelques-uns aussi au Mounio, et l'on remarque que les habitants de la ville de Dikoa passent pour descendre également de Kindin.

Les colonies de Fellata, on l'a vu plus haut, datent au Bornou du seizième siècle, et, encore qu'elles aient dû diminuer, à l'époque où le cheik el-Kànemi refoula les hordes de la tribu fanatique, il est resté néanmoins, au centre, à l'ouest et au sud, quelques fragments de cette intéressante peuplade. Quant aux émigrés du Baguirmi, qu'on désigne, ce semble, sous le nom de Kardé^ et à ceux de l'Ouadaï, ils ne figurent que pour un très faible appoint. Somme toute, la population bornouane que Barth a cru pouvoir évaluera un chitTre minimum de cinq millions d'âmes, me parait se décomposer comme il suit :

Kanouris 1,500,000 âmes.

Kâiiembou, Koyam et Tooboa 750,000

Makari du Bornou et du Logon, avec les Kerebina

et le groupe nord-est des Mousgo 750^000

Manga et fraction soumise des Beddé 750,000

Haoussans, Fellata du Mounio, du Zinder et du

Goummel 500,000

Wandala (Mandara), Gamergou et Margui soumis. 350,000

Arabes, Fellata, Touareg et autres étrangers 250,000

Nguiszem, Kerrikerri, BAbir, etc 350,000

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