Saine et sauve
Ne m’attends pîuài'*jë ne veux pas .as>Mei e au printemps dô'Séricourt ! Les gian«ls bois . fleuris de bourgeons, le soleil |•.'rt'<*!l aut, qui invite les pauvres humains à m verdir comme la feuillée, les chants amoureux des rossignols, la senteur de la glycine, dont les in- • nombrablcs gt-M’i- udes décorent les murs de tonhabitaho-a i'jtim veux ni voir, ni entendre,
ni respirer tout cela! Séricourt, au printemps, me rappelle trop de rires, trop de folles escapades de mon enfarice. Je suis en brouille complète avec le souvenir des amusements de ma première jeunesse, que j’ac-
dise de n’avoir pas.éfè'ü'ssez puissants pour
me retenir à la cKinpa^ne*.
J’ai cherché.* dans* ‘mon veuvage, •/depuis
un an, des motifs de/retraite; mais la làgèreti^
de mou mari, sa'Vxis’ëion du plaisir, m’av^îent *. ••*’*. * . . * . .*"• *
lancée à la pôui'tiûite des joies mpï^aiïi^s
avec uueimpulsiojL^eite* que je n.è. guis ‘plus
m’arrêter. Je me ciwilïpirff à une ‘mule em-
portée dans une descente * rapide et qui s’efforce en vain de ralentir sa course. Tu sais, chère sœur, avec quelle résolution Julien avait exclu de notre intimité tout homme ou toute femme que le club, la toilette, les caquetages d’un groupe de gens à la mode, les courses de clievaux, les paris;
SAINE ET SAUVE. fi
les grandes réceptions officielles, le succès des actrices les plus vulgaires, Bade, Vichy, Trouville, n’absorbaient pas tout entiers.
Huit ans de mariage m’ont si bien façonnée pour ce milieu, que je ne sais pas résister à l’întluence d’une invitation pressante, d’une visite flatteuse pour mon amour-propre, et que je cède sans cesse à la vanité d’être de tel dîner recherché, de telle fête dont ou parlera. La sotte habitude que j’ai prise, de subir le soi-disant bon ton et de partager des distractions qui me paraissent insipides aussitôt que je les ai goûtées !
Ma complaisance envers moi-^même est à bout. Je veux retrouver des émotions dans mon cœur, et redécouvrir des idées dans mon esprit, s’il y en eut jamais, ou s’il en reste! Pour cela, il me faut échapper à des amis dont les dangereux loisirs entravent, depuis une année, mes projets de recueillementé Je
suis plus ferme que tu ne le crois, Léonie, et tu seras bien étonnée de mes résolutions nouvelles, si toutefois je les conduis jusqu’à leur but!...
‘ Mille tendresses.