‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 104 sur 190 · Tim., IV, 2-5; II · texte numérisé non relu

Tim., IV, 2-5; II

s^ei^Tïi. Le fondateur continuera de défendre sa congrégation toujours r&:i.^iiacée par le régalisme, dirigera ses sujets et s'efforcera de les ri-^ultiplier; le missionnaire, autant que ses forces le permettront, ooTitinuera ses campagnes en faveur des âmes abandonnées; et c^vxa.nd, à certains intervalles, la faiblesse ou la maladie le forcei*oot de s'arrêter, le soldat du Christ prendra la plume pour défendre, non plus seulement à Na pies mais dans le monde entier, Jésus et les âmes qu'il a rachetées de son sang.

Si Ton demande comment le saint pourra suffire à cette triple besogne, il faut répondre que Tamour centuplait ses forces, et ensuite qu'il avait trouvé un merveilleux secret pour allonger ses journées et réaliser ainsi des œuvres qui paraissent impossibles. Ce secret, que le procès de canonisation appelle « nouveau, caractéristique du serviteur de Dieu, et digne de tout éloge, » consistait dans le vœu héroïque de ne jamais perdre une parcelle du temps qui nous est accordé par la divine Providence, mais d'en consacrer tous les moments au service de Dieu et des âmes, à prier, â méditer, ^ prêcher, à confesser, à écrire, sans dérober à Dieu ne fût-ce qu'une seconde pour une fantaisie ou un plaisir personnel. On ne s^ît pas au juste quand Alphonse s'astreignit à cette terrible obli- S'fition, mais ce fut certainement avant l'époque à laquelle nous ^*i sommes arrivés. Déjà, pour remplir son vœu, il ne s accordait plus qu'une courte récréation le matin et le soir; encore faisait-il '^•^uler la conversation sur des sujets édifiants et utiles. A ceux qui y tuaient lui faire visite ou lui demander conseil, il accordait les ^'^stants réclamés par les convenances ou les affaires, puis il levait *^ séance. Nul ne fut plus ennemi des entretiens inutiles ou prolongés. Ceux qui l'ont connu le plus intimement pour avoir vécu longtemps dans sa société , ont tous déposé que jamais ils ne Ta- ^^îent vu oisif. Et non seulement il travaillait et priait tout le long ^u jour, mais souvent il consacrait la moitié de ses nuits soit à 1 oraison soit à la composition de ses ouvrages.

I>eux contemporains, Alphonse et Voltaire, ont ainsi traversé »€Ur siècle en travaillant sans relâche, l'un pour Dieu, l'autre con- ^^ Dieu. Voltaire naquit en 1694, Alphonse en 1696. Voltaire ïï^ouput en 1778, Alphonse en 1787. Tous deux avaient reçu du t^^l des talents hors ligne. Le premier s'en servit pour une ceuvre 4^ haine, le second pour une œuvre d'amour. L'un s'unit au Christ p^rle lien de la plus indestructible amitié, l'autre se déclara « l'enlïemi personnel » de ce même Christ, Fils de Dieu. Alphonse créa fine société de rédempteurs pour travailler avec lui au salut des

Ames; Voltaire créa la secte encyclopédique pour corrompre '^ perdre tous les rachetés de Jésus-Christ. Le suppôt de Satan bafoil^^ cinquante ans durant, TÉglise, ses dogmes, sa morale, ses sacr^' menls, son culte; Thomme de Dieu glorifia, pendant ce mèn:^ ^ demi-siècle, tout ce que l'autre venait de souiller. Voltaire ver^*^ le poison, Alphonse le contre-poison. Voltaire, aimé des âm^^ avilies, restera le docteur de l'éternelle perdition; Alphonse, aim ^ des âmes pures et du pécheur qui tend à se purifier, sera toujour— = vénéré comme le docteur du salut, le maître très sûr des voierî?qui mènent au ciel. Et tandis que l'église satanique élèvera d^ ^ statues à Voltaire, ministre et coopérateur de Satan, l'Église d ^ Dieu érigera des autels à saint Alphonse, l'un des plus puissan*^ auxiliaires du divin Rédempteur.

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