‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 107 sur 190 · Le Glorie di Maria, Inlroduzione, EJil. Marielts · texte numérisé non relu

Le Glorie di Maria, Inlroduzione, EJil. Marielts

Jésus. De même qu'elle a porté Jésus dans son sein , elle nous porte dans son cœur jusqu'à ce que le Christ soit forme en nous, donec fonnetur Chrislus in vobis.

D après cette théorie, Marie, constituée par Dieu trésorière et dispensatrice de toutes les grAces, n'est pas seulement corédeinptrice et vraie médiatrice parce qu'elle a donné Jésus au monde, mais aussi parce qu'elle le donne à chacun de nous en nous inoculant le sang rédempteur. Or, n'est-ce pas lace qu'insinue la sainte Église en appliquant à la sainte Vierge ces paroles de l'Ecclésiastique : Vous trouverez en moi tontes les (/races nécessaires pour marc/ter dans la bonne voie, tonte espérance de bien vivre et de bien agir, car je xuis la mère de ta sainte dilectionet de la sainte espérance *. On se rappelle que les auteurs du nouveau bréviaire gallican ont supprimé dans les divers offices de la Vierge ces citations des livres sapientiaux, afia de protester contre la doctrine que nous établissons. Mais pour éliminer cette doctrine, il leur faudrait encore supprimer toute la tradition catholique, que saint Alphonse résume dans son livre àe$ Gloires, et aussi toutes les prières de la liturgie, qui la supposent et la confirment.

Après avoir établi sa thèse, Alphonse s'en prend à Muratori et à ses objections. « Cette proposition, dit-il, que toutes les grâces nous viennent par Marie, ne plait guère à certain auteur moderne, lequel *près avoir traité avec science et piété de la vraie et de la fausse dévotion, se montre bien avare quand il vient ensuite à parler de la dévotion à Marie , car il lui refuse ce glorieux privilège que lui accordent sans la moindre hésitation un saint Germain, un saint Anselme , un saint Jean Damascène , un saint Bonaventure , un saint Antonin, et tant d'autres docteurs. Cet auteur prétend que cette Proposition : Toutes les grâces nous viennent par Marie , ne saurait ^tre qu'une hyperbole , une exagération échappée à la ferveur de î^elques saints. Ce serait une erreur de croire, ajoute-t-il, que Dieu ^® peut nous accorder ses grâces sans l'intercession de Marie , car ï^oos ne reconnaissons qu'un seul médiateur entre Dieu et les homn^es, qui est le Seigneur Jésus. »

<( Mais avec sa permission, je lui répondrai qu'autre chose est la

médiation de justice par voie de mérite, et autre chose la médiation

de grâce par voie d'intercession. Autre chose également est de dire

gne Dieu ne peut pas, autre chose qu'il ne veut pas nous accorder

5a grâce sans l'intercession de Marie. Certes nous confessons liaute-

I. in me omnis gratia vix cl veritatis, in me omnis spes dix et virtuUs. Ego mafer pulchrx dileetionis.,. et sanctx spei. Eccl., x\iv, 24, 25.

SALVr ALPHONSE DE LIGUOUI. — T. I. 27

ment (jue Dieu est la source de tout bien et le maître absolu de toute grâce ; mais n*est-il pas très raisonnable et très convenable de dire que, pour honorer et glorifier la sublime créature choisie par lui pour être la mère de son Fils, notre commun Rédempteur, Dieu l'a faite trésorière et dispensatrice de toutes les grâces destinées aux Ames rachetées par le sang de Jésus-Christ? Nous confessons que Jésus est Tunique médiateur de justice, mais nous disons que Marie est médiatrice de grâce. Elle obtient tout par les mérites de Jésus- Christ, mais tout nous est transmis par son intermédiaii*e. Ainsi parlent les saints Pères et les théologiens, et il n'est pas juste de (lualificr leurs dires d'hyperboles et d'exagérations. Exagérer, parler par hyperboles, c'est sortir des limites du vrai, ce qu'on ne peut sans inconvenance attribuer aux saints, lesquels sont guidés par l'esprit de vérité.

« Cette doctrine , que toutes les grâces passent par les mains de Marie, justifie tous les titres que lui donne l'Eglise. Elle est notre « mère » et notre « vie » puisqu'elle nous donne la grâce, qui est réellement la vie de notre âme; elle est notre « espérance » puiîr que nous avons tout par elle et rien sans elle; elle est la« porte du ciel »^ puisque la grâce descend du ciel par elle et Fàme n'entre au ciel que par elle. Donc « elle nous sauve », quoi qu'en dise Muratori, puisque sans elle nous n'obtiendrions pas les grâces du salut. Donc « elle commande au ciel » en dépit de tous les jansénistes, puisque sa prièi*e est toute-puissante sur le cœur de Dieu. Le Rédempteur ne refuse rien â la corédemptrice établie par lui souveraine dispensatrice de ses grâces. Donc les saints doivent recourir en faveur de leui^s protégés à celle qui s'appelle la reine de tous les saints, et à qui Dieu a confié la clé de ses trésors.

w De cette doctrine découle cette très grave conclusion que 1« i^ccours â rintcrcession de Marie n'est pas seulement utile â notre salut mais nécessaire, non sans doute d'une nécessité absolue ïs^ d'une nécessité hypothétique, et parce que tel est Tordre prondentiol établi par Dieu. « 5#V est votuntas ejus, dit saint Bernard, }*<' inium nos ro/uit habere per Mariam. C'est la volonté de Dieu qtt« nous ayons tout, mais tout par Marie. Donc, conclut ce grand sainl ohoiThons la grâce, mais oherchons-Ia par Marie, quœramm gror tittnè. sed per Mariam ffUTramus. Elle est toute la raison de mon t^spérauoe, fofa rafin v/*r/ me.r. comme s'il eût dit : J'espère en Dieu, souive do la grâce, mais â quoi me servirait la source sans le canal qui est Mario? ^» Co texte de saint Bernard, cité à plusieurs reprises |>ar saint Alphonso, résume admirablement toute cette doctrine.

Il est facile de comprendre, à cette lumière, pourquoi les ennemis de la rédemption s'attaquent toujours au culte de Marie. La sainte Vierge a été donnée au monde comme le canal par où les grâces et tous les dons du ciel descendent continuellement jusqu'à nous. Pour nous ruiner, il suffit d'intercepter ce canal de communication avec le ciel. « Quand Holopherne, dit saint Alphonse, voulu! réduire la ville de Béthulie, il ordonna de couper tous les aqueducs; de même, quand le démon veut perdre une âme, il s'efforce de ruiner en elle la dévotion à Marie. Le canal des grâces une fois fermé, il ne lui est pas difficile de la vaincre. »

Muratori n'eut pas le temps de répondre à cette réfutation de son livre : il mourut en 1750, l'année même de la publication des Gloires de Marie; mais un anonyme, sous le nom de Pritanio redivivo^, le fit pour ainsi dire sortir de sa tombe et protester derechef contre le culte excessif rendu à Marie. Ce nouvel adversaire prétendait, comme Muratori, que les saints, en particulier saint Bernard, s'étaient servis d'un langage hyperbolique. En affirmant que toutes les grâces nous viennent par Marie , ils auraient voulu dire simplement que Jésus, la source de la grâce, nous a été donné par Marie. Saint Alphonse combattit cette interprétation dans une brochure intitulée : Réponse à un anonyme gui a censuré le chapitre V des Gloires de Mane. « Il n'est pas défendu, dit-il, d'employer Thyperbole quand Texagération ressort tellement du contexte que nul ne peut se tromper sur la pensée d'un auteur; mais s'il s'agit de proposition dogmatique, l'hyperbole constituerait une fausseté et niettrait nécessairement les esprits dans l'erreur. On ne peut donc en ce cas l'employer légitimement. » Vingt exemples prouvent ensuite que, par la médiation nécessaire de Marie, les saints ont entendu non pas seulement son rôle dans l'incarnation et la rédemption, mais encore dans la distribution actuelle des grâces. 11 cite en Particulier ce texte de saint Antonin, qui fait ressortir admirable- ^^ni ce grand mystère : « Sorties de la tète, c'est-à-dire du Christ, pODp entrer dans son corps mystique, les grâces comme autant ^'esprits vitaux s'y répandent par la sainte Vierge. A partir du jour où la Vierge-Mère conçut le Verbe divin, elle obtint, si je puis m'exprimer ainsi, une réelle juridiction sur toutes les processions temporelles du Saint-Esprit, de sorte que depuis lore pei^sonne n'a reçu de Dieu aucune grâce si ce n'est par l'entremise de cette

1. Maratori arait signé sa Dévotion bien réglvp du pseudonyme Lamindo Prilanio. Ijtfaetumàe Tanonyme élail intilulé : Lamimli Pritanii rcdirivi Epistola, 1755. 3. Rispotta ad un anonimo etc., lT5r>.

bonne Mère. C'est donc par les mains de Marie que se dispensent toi les dons célestes, toutes les vertus, et toutes les grâces. Marie en fa part à qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut. » Pour ( qui concerne saint Bernard, Alphonse écrase son adversaire sous ui avalanche de textes qui rendent toute réplique impossible.

Mais tel était Tesprit janséniste de cette époque que, vingt ai aprè«, un certain abbé Rolli reprit pour son compte et avec un et prit de dénigrement plus marqué, les thèses de Muratori. Il att^ quait, sous prétexte d'abus, toutes les prières et toutes les dévotioi à la sainte Vierge. C'était en 1775 : saint Alphonse avait alors qua tre-vingts ans. Le saint vieillard n'en reprit pas moins la plum « pour l'honneur, dit-il, et par amour de cette glorieuse Reine, laquelle j'ai voué dès mon enfance une dévotion toute spéciale. Dans une brochure intitulée Courte réponse à rextravaganle tep tative de Vabbé Rolli pour réformer la dévotion à la sainte Vierg^ il bat en brèche les assertions véritablement impies de son adve saire.

Cet auteur en voulait surtout aux litanies, et même à la 5a/t. Casa de Lorette. Selon lui « la translation miraculeuse de la ma sonde Nazareth n'était qu*une fable. » Saint Alphonse lui cite si ce fait l'appréciation d'historiens qui font autorité et en particulii cette décision de Benoit XIV : « La chambre dans laquelle le Verl divin a pris la nature humaine fut transportée par le ministère d anges, comme en font foi non seulement les anciens monuments une tradition non interrompue, mais encore les témoignages d* souverains pontifes, l'unanime persuasion des fidèles, et tant de vc racles qui ne cessent de s'y opérer. »

Quant aux litanies, l'abbâ Rolli en critique presque toutes 1 invocations. Les unes : « Tour de David, Tour d'ivoire, Maison d'oi sont des qualifications affectées, ridicules, et sans aucun sens; 1 autres : « Miroir de Justice, Refuge des pécheurs. Porte du cieU des usurpations injurieuses de titres dus uniquement à Jésus-Chri^ 11 faudrait donc abolir ces litanies. Saint Alphonse lui répond qi « les invocations, appelées par lui ridicules, expriment à merveil la force toute-puissante avec laquelle Marie défend ses serviteurs, • l'ardente charité qui la rendit apte à devenir le tabernacle du Verl éternel. Les titres qu'il qualifie d'usurpations sont très légitimemei donnés à Marie, Tuniverselle médiatrice entre Jésus et les pauvr pécheurs. Quelle outrecuidance dans un prêtre de vouloir aboi des litanies répétées depuis tant de siècles par les fidèles, les prêtr et les religieux, et consacrées par le culte public de l'Église ! »>

XinsiqueHuratori, le critique blânicait par-dessus tout l'usage de cVianter les litanies de la sainte Vierge devant le saint Sacrement exposé. « Pour moi, répond saint Alphonse, je ne vois nul inconvénient à prier la divine Mère de vouloir bien nous accorder le secours de ses prières auprès de Jésus exposé sur nos autels. Dieu nous a donné Jésus comme principal médiateur; mais, dit saint Bernard, Oieu nous a donné également Marie comme avocate auprès de Jésus. '1 nous faut, dit ce grand saint, un médiateur auprès du médiateur iui-même, et personne ne peut nous être aussi utile que Marie. A Jësus nous disons : Miserere nobis, ayez pitié de nous, mais afin d'être plus facilement exaucés, nous disons à Marie : Ora pro nobis, priez pour nous. »

Les scapulaires, chapelets, cordons, et autres dévotions, ne trouvaient point grâce devant Tabbé Rolli. 11 s'emportait avec fureur contre ces chrétiens qui, se trouvant en état de péché, adoptent ces pieuses pratiques avec Tespoir d'obtenir ainsi de Dieu grâce et miséricorde. Il déclarait nettement qu'à tous ces dévots est réservée Véternelle damnation. « En cela, répond saint Alphonse, Tabbé Rolli est d'accord avec Muratori. J'estime beaucoup Muratori, personnage connu de presque toute l'Europe, mais cela ne m'empêche pas de dire que, dans plusieurs de ses écrits, sa piété n'est pas à la hauteur de son génie. La Dévotion bien réglée condamne un chrétien qui, vivant dans la disgrâce de Dieu, met néanmoins sa confiance en Marie et espère par cette intercession échapper à la mort subite et pouvoir se réconcilier avec Dieu. «Une telle espérance, dit-il, ^t nuisible, superstitieuse, contraire aux enseignements de TÉglise, rt il faut absolument s'en dépouiller. » Rolli et Muratori, ajoute Alphonse, ont contre eux Bellarmin, cité par Benoit XIV : « Si les pratiques pieuses accomplies en état de péché mortel ne justifient P^s, dit Bellarmin, au moins elles disposent à recevoir par les mettes de la divine Mère et des autres saints, la grâce de la justilîcabon. » Ils ont aussi le malheur d'avoir contre eux saint Thomas. Le prince des théologiens enseigne en effet que « si les pieuses pratiques accomplies en état de péché ne servent pas à obtenir le salut, «Mes ont néanmoins pour résultat de nous habituer aux bonnes ^vpes et de nous disposer à la grâce sanctifiante. Si par elle-même lûprière du pécheur n'est pasdigne d'obtenir la grâce. Dieu l'exauce cependant par pure miséricorde. »

Ayant ainsi établi contre les jansénistes et les catholiques plus ou moins infectés de jansénisme, le rôle de Marie dans la dispensation des grâces, l'auteur s'efforce de tourner vei»s la divine trésorière les

cœurs que la secte en avait éloignés. Les quatre parties de son vrage visent uniquement à ce but. Les commentaires sur le Si Regina la montrent secourable à tous, même aux pécheurs les j désespérés, proposition prouvée par une infinité de témoignage d'exemples ^ Dans Texposé des /e/^^ et des t'er/«« de Marie, il faii plus attrayant portrait de celle que TÉglise appelle très saio sanctissima, portrait placé sous les yeux des chrétiens pour les es ter à aimer, à vénérer, à prier, à imiter leur Mère du ciel. Enfii quatrième partie énumère les pratiques de piété du vrai servit de Marie : neuvaines préparatoires à ses fêtes, pèlerinages en \ honneur, jeûne du samedi , usage de porter le saint scapulaire surtout récitation quotidienne du chapelet.

Le lecteur trouvera peut-être que je me suis trop étendu soi livre des Gloires de Marie. La raison en est que, pour peindre sf Alphonse, il faut en faire le docteur du salut, mais du salut pa sainte Vierge. On ne le connaîtrait pas si on ne lui donnait « note caractéristique. Ensuite il est nécessaire^ et peut-être plas cessaire encore aujourd'hui qu'au XVIIP siècle, de prêcher le a par Marie à tant de pécheurs impies, endurcis, ignorants, inc vertissables, et que des miracles de miséricorde peuvent seuls rai ner à Dieu. Plus que jamais donc il est opportun de bien conna le livre des Gloires de Marie et de le faire connaître si Ton n sauver les âmes.

Si nous sommes logiques, prêtres, religieux, chrétiens pie nous ferons ce qu'a fait saint Alphonse. Persuadé que toutes grâces sont transmises par Marie, et que par conséquent notre si dépend de notre dévotion à Marie, il s'est dit que pour réussir à c vertir le peuple dans les missions, il faut prier Marie. Il a d établi dans sa règle que l'exercice principal commencera toujc par la récitation du chapelet avec le peuple. De plus, afin de veiller les pécheurs et d'assurer la persévérance des convertis, d chaque mission l'on prêchera toujours un sermon sur la Vie

1. Certains hypercritiques traitent d'apocryphes, d'étranges, d'impossibles, les ioires miraculeuses rapportées dans les Gloires de Marie, Apocryphes! II fin prouver que les auteurs cités par saint Alphonse, les Nieremberg, les Borio, les birt, les Auricmma, sont moins dignes de foi que les Tacite et les Suétone. Ètni Certains faits de l'Écriture et de l'histoire sont plus étranges encore. Imposti Veut-on classer dans les impossibles l'histoire d'un mort qui ressuscite pour ae eo ser? Alors il faut condamner saini Thomas, qui nous parle dMdolAtres et de da tirés de l'enfer, soit que Dieu, dit-il, ne les eût pas condamnés défiaitivement, soi leur peine ait été suspendue. Non étant in inferno finaliter députait. — ^us \ fuit suspensa ad tempus, (Suppl. q. LXXl, a. V. ad 5.) Laissons à Diea sa pais et à la Vierge son crédit.

MsLrie, mère de miséricorde, et sur la néeessito de recourir fréquemment à son intercession si l'on veut persévérer et se sauver. Le missionnaire aura soin d'indiquer les pratiques de piété les plus faciles pour tous. Enfin, comme il est nécessaire d^alimenter les esprits ainsi qu'on alimente les corps, tous les samedis, les rédemptoristes adresseront, dans leurs églises, une courte instruction aux fidèles sur la dévotion à la sainte Vierge. Le livre des Gloii^es leur fournira des sources, non seulement abondantes, mais inépuisables. Or ce n'est pas seulement à ses sujets qu'Alphonse recommandait de prêcher souvent sur la sainte Vierge, c'est à tous les ministres de Dieu. Voici comment il s'exprime là-dessus dans sa préface : « J'ai recueilli les maximes les plus exquises et les plus substantielles des Pères et des théologiens, afin de procurer aux personnes pieuses des lectures propres à les enflammer d'amour envers Marie, et aux prêtres des matériaux pour prêcher et propager de plus en plus la dévotion envers cette divine Mère. Quand on aime une personne, on en parle souvent et volontiers, afin d'amener les autres à l'estimer et à la louer. Bien faible serait notre amour pour Marie si nous nous préoccupions peu de parler d'elle pour la faire aimer. Ensuite, s'il est vrai que toutes les grâces passent par les mains de Marie et qu'on ne peut se sauver sans l'intercession de cette divine Hère, on doit affirmer, par une conséquence nécessaire, que le salut des hommes dépend de la prédication sur la confiance en Marie et la nécessité de recourir à sa puissante intercession. Aussi saint Bonaventure ne craint-il pas d'affirmer que le ciel sera le partage de tous ceux qui s'emploient à faire connaître et aimer la Vierge Marie. »

Que Dieu nous donne de nous pénétrer des Gloires de Marie et d'en pénétrer les autres! Un savant et pieux écrivain* disait en montrant ce livre : « Voilà mon thermomètre spirituel : quand je sais an peu fidèle à la grâce, ce livre, par la moindre de ses pages, meclaire et soutient ma confiance ; quand je me néglige et m'atfiédis, il ne me va presque plus : il devient, pour ainsi dire, trop simple et trop fort pour moi. A ce signe je rentre en moi-même, et j^ reconnais sans peine que ce n'est pas la lumière qui a diminué féclat, mais que c'est l'œil intérieur qui n'est plus capable de la Apporter aussi vive. Je travaille alors à rendre à cet œil de Fàme sa pureté et sa force, et bientôt le thermomètre remonte, l'âme s'é- F lève, et se retrouve à l'unisson des chères Gloires de Marie. »

1. Le baron de Gerfache. La nouvelle Eve, par le Gard. Dechamps, Préface, XI.

Comme tous les ouvrages vivifiés par l'esprit de Dieu, ce livr»touche au cœur les savants comme les ignorants. Aussi a-t-il em nombre d'éditions dans toutes les langues. Réimprimé dix fois Naples en vingt-cinq ans, douze fois à Bassano en un demi-siècl(^ en môme temps qu'on le rééditait fois sur fois à Venise, à Milai::a à Modène, à Turin, on en multiplie les éditions en France, à Pari^ à Tours, à Clermont, à Lille; en Belgique, à Tournai et à Bruxelles en Hollande, à Utrecht et à Bois-le-Duc; en Autriche, à Vienne; ^= Allemagne, à Ratisbonne; en Suisse, à Einsiedeln; en Espagne, Barcelone; en Pologne, à Varsovie; en Irlande, à Dublin; en Amer— que, à Philadelphie et à New-York. Les Gloires de Marier répa^B dues dans le monde entier, inaugurèrent la renaissance du culte ^c: Marie et ouvrirent Tère de Tespérance en montrant d'un côté Vierge immaculée les mains pleines de grâces, et de Tautre chapelet du serviteur de Marie comme moyen de les obtenir. A n(^ 't de continuer l'œuvre du saint en propageant la dévotion à Mari^^ ainsi nous aurons part à ses mérites et nous pourrons répéter 1 prière qui termine les Gloires :

« 0 ma Mère Marie, je vous prie d'agréer cet humble trava^îl C'est le désir de vous voir louée et aimée de tous qui me Ta fait e- :» treprendre. Vous savez combien j'ai désiré finir cet ouvrage ava- ^' que la mort, qui s'approche à grands pas, m'enlève de ce moD(9 <• Maintenant, je puis le dire, je meurs content parce que je laî^^^ après moi un livre qui continuera de prêcher vos gloires et de vo «J» gagner des serviteurs, comme j'ai tâché de le faire depuis que vo •i" m'avez obtenu la grâce de la conversion. 0 Vierge immaculée, j vous recommande ceux qui vous aiment, spécialement ceux c|^^ liront ce livre, plus spécialement encore ceux qui auront la chari^ ^ de me recommander à vous. Donnez-leur la persévérance, et sam^ tifiez-nous tous afin que nous puissions tous ensemble vous lou -^ dans le ciel. 0 ma bonne Mère, je ne suis qu'un pauvre pécheu mais je me fais gloire de vous aimer, et j'espère de vous de grac:^ des grâces, entre autres celle de mourir dans voire amour. Quan vous me verrez dans les angoisses de la mort et que le démon m^ remettra mes péchés devant les yeux, vous me fortifierez, je Tes-^ père, par les mérites de Jésus et par votre intercession, afin que, au sortir de cette misérable vie, je sois admis à vous louer et i vous remercier dans les siècles des siècles. »

Alphonse vécut encore près de quarante ans, mais la Vierge Marie n'oublia ni le livre des Gloires, ni la prière de son serviteur.

Page 1