Lettre du l" novembre
bi*ef apostolique. J'ai donc prié la sœur de nous aider auprès de la reine, ce qu'elle m'a promis de faire ; mais voici le service que je réclame de vous. Quand vous saurez l'arrivée prochaine de la reine à Caserta, rendez-vous auprès de la sœur Marie -Angèle , et dites-lui comment elle doit s'y prendre pour engager Sa Majesté à soUiciter l'approbation royale. Si la reine promet son concours, je présenterai le bref immédiatement, et je prierai le marquis Brancone de faire son rapport concernant mon mémoire. Que le roi limite nos acquisitions et nos rentes comme il l'entend; pourvu qu'il nous approuve, nous sommes satisfaits. Quinze grains par jour pour chacun, comme aux serviteurs en livrée, et moins encore , cela nous suffit. Nous n'avons que quatre maisons, et dans chacune d'elle dix-neuf sujets, douze pères et sept frères laïques. Sur cette base , que le roi nous assigne de quoi vivre , et rien de plus.
« Je désirerais, avant de mourir, voir cette œuvre définitivement assurée. Tout ce que vous ferez dans cette intention, Jésus- Christ vous en récompensera, car il s'agit du salut de centaines de milliers de personnes, de quarante missions par an, d'innombrables retraites prôchées dans nos maisons, c'est-à-dire de faire recouvrer la grâce chaque année à trente ou quarante mille âmes abandonnées. Que la sœur Marie-Angèle ne craigne donc pas de dire à la reine que Dieu veut la voir s'intéresser à Tavenir de cette grande œuvre, et qu'après Dieu nous n'avons d'autre appui que son cœur royal*. »
Le saint vivait dans l'attente d'une bonne nouvelle qui n'arrivait jamais. Quatre mois plus tard, il écrivait encore à Louis Sagliano : « Je vous remercie de vos charitables démarches auprès de la prieure. Si elle obtient quelque succès, avertissez-moi; sinon, qu'elle se fasse sainte! » Hélas! il attendit eu vain; ni la mère prieure ni la reine ne crurent prudents d'attirer les regards du roi sur la pauvre congrégation, et celle-ci resta suspendue en Tair, comme disait Alphonse, n'ayant pour soutien que le bras de Dieu.