Annotations du P. Sportelli
LE PÈRK THOMAS FALCOIA. 75
à son investigation, se réunirent pour vivre sous une règle commune, imiter les vertus du Sauveur, et prêcher TÉvangile aux pau\Tes. Mais, hélas 1 la petite société ne tarda pas à trouver cette vie trop austère et se dispersa bien vite. Falcoia ne se découragea point. « Deus et dies, répétait-il souvent : Dieu fera son œuvre au jour qu'il a marqué*. »
Un autre essai , qui lui avait coûté dix ans de travaux et de soucis, semblait devoir aboutir à une nouvelle déconvenue. A la suite d une mission prêchée en 1719 dans la ville de Scala, les notables (le l'endroit lui manifestèrent le désir de relever une communauté de filles pieuses qui périclitait, faute de ressources et surtout de direction. Son supérieur, le père Filangieri, accueillit favorablement cette proposition; il offrit même une partie de sa fortune pour restaurer le couvent, de sorte que, le 20 mai 1720, douze postulantes des meilleures familles s'y réunirent sous la direction du père Falcoia, chargé de les former à la vie religieuse. Celui-ci les soumit à la règle de la Visitation, et demanda aux visitandines de Naples une religieuse expérimentée pour les initier à Tesprit de Tordre. Mais, Dieu le permettant ainsi, on répondit à toutes ses instances par un refus catégorique. Laissé à sa propre inspiration, le pieux directeur les pénétra de Tesprit qui Tanimait lui-môme et les excita vivement à faire consister toute leur perfection dans l'imitation des vertus de Jésus-Christ. Sous un tel maître, la communauté acquit une grande réputation dans les environs, si bien qu'après trois ans elle comptait plus de trente membres.
Eu de telles conjonctures, qui n'aurait conçu les plus belles espérances? Les religieuses vénéraient un père dont Dieu lui-même se plaisait à mettre en relief, par des grâces extraordinaires, la haute sainteté. Deux sœurs, très gravement malades, avaient dû à ses prières une guérison presque instantanée. La supérieure ellemême allait succomber aux attaques d'une fièvre dont aucun rcnaède ne pouvait avoir raison, quand, sur un ordre de Falcoia, la fièvre disparut subitement. Un immense incendie, qu'aucune force ne parvenait à circonscrire, dévorait les bois qui couronnent les hauteurs de Scala : Thomme de Dieu fit un signe de croix dans la direction de la montagne, et le feu cessa ses ravages.
En 172V, entra au couvent une Napolitaine, de la famille des Crostarosa, qui se nommait Marie-Céleste. Elle avait à cette date vingt-huit ans. Favorisée de grâces extraordinaires dès Tâge le plus