‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787Chapitre 32 sur 190 · LeUre dli 4 novembre · texte numérisé non relu

LeUre dli 4 novembre

pas dupe de son imagination, peut-être même de l'esprit malin? Comme membre de la Propagande, un champ immense s'ouvrait devant lui à Naples comme dans la province : devait-il et pouvait-il abandonner le certain pour l'incertain , l'œuvre que Dieu lui avait mise en main pour une autre dont l'existence restait problématique? En tout cas, concluait Alphonse, une question de cette importance demandait beaucoup de prières et de longues réflexions. Quant k lui, si bien établies que pussent être les révélations de la sœur, il serait toujours enfant de l'obéissance, et ne ferait jamais on pas dans cette voie nouvelle sans l'assentiment de son directeur. L'évêque de Castellamare abonda dans le sens de son très prudent interlocuteur. « Consultez votre directeur, répondit-il, c*est dans Tordre. J'ai acquis la certitude que l'appel vient de Dieu, et par conséquent je n'ai aucuuè inquiétude sur la réponse qui vous sera donnée. » De retour à Naples, notre saint s'empressa de soumettre toute l'affaire au père Pagano. Celui-ci, contrairement aux espérances de Falcoia, désapprouva complètement le projet en question, et déclara même ne plus vouloir en entendre parler. « C'était là, disait-il, une machination diabolique pour détourner Alphonse de ses fructueuses prédications. Sous quel étendard, si beau qu'il fût, remporterait-il des victoires plus glorieuses pour Dieu et plus avantageuses pour les âmes? La nouvelle milice sortirait-elle jamais des futurs contingents? Il était très permis d'en douter. D'ailleurs, existât-elle dcfeit, la chétive santé de son chef ne lui permettrait pas de guidera travers les vallées et les montagnes ces apôtres d'un nouveau genre : c'est donc pour vous un devoir, conclut Pagano, de rester ce que vous êtes, sans plus songer à changer de vie. »

Habitué dès son jeune âge à considérer la volonté de son directeur comme la volonté de Dieu, Alphonse s'efibrça d'oublier tout ce qui concernait le nouvel institut, mais ce fut en vain ; il se trouva <bns l'impossibilité de penser à autre chose. A chaque instant passaient et repassaient devant les yeux de son esprit ces religieux Toués à l'imitation de Jésus-Christ, ces missionnaires du peuple nusemblant les pauvres abandonnés pour leur enseigner les vérités du salut, ces hommes de Dieu ramenant à Jésus-Christ des enfants qui ne connaissaient plus leur Père, tels que les chevriers de Sainte- Marie des Monts. L'idée que le ciel l'appelait peut-être à ce genre de vie sublime l'obsédait tellement que, peu de jours après la consultation dont nous venons de parler, il retourna chez son direcieorpour lui manifester ses perplexités. Quelle ne fut pas sa stupéfaction d'entendre le père Pagano, subitement transformé, approuver

hautement ce qu'il avait traité de folie quelques jours auparavant! Aux doutes et inquiétudes de son pénitent il répondit que l'idée du futur institut venait évidemment de Dieu. Les nouveaux missionnaires lui procureraient une grande gloire, ils seraient Tinstrument du salut pour des millions d'àmes. Alphonse ne devait pas craindre de s'engager dans la voie que le ciel ouvrait devant lui. Et comme ce dernier s'étonnait de voir son directeur, habituellement si ferme et si tenace, changer ainsi d'opinion en si peu de temps, Pagano répondit qu'il s'en étonnait autant et plus que lui, mais que telle était sa conviction arrêtée. Il n'ignorait pas, ajouta-t-il, qu'une telle décision l'exposerait au ressentiment de la Propagande, peutêtre aux reproches du cardinal Pignatelli, mais, en homme consciencieux, il devait dire la vérité, même à ses dépens. Toutefois, avant de trancher définitivement la question, il rengageait à prendre l'avis de quelques hommes éclairés.

Informé de ce qui venait de se passer, Falcoia lui conseilla d'ouvrir son cœur à Mathieu Ripa, leur ami commun, mais Ripa venait de quitter Naples pour se rendre à Rome, où l'appelaient de nouveau les intérêts de sa congrégation. Alphonse se résolut à consulter deux personnages vénérés dans toute la ville pour leur grande sainteté, le père Vincent Cutica, supérieur des lazaristes, et le père Dominique Manulius, provincial de la compagnie de Jésus. Apres avoir examiné sérieusement le but particulier de l'institut projeté, les deux éminents religieux déclarèrent que cette œuvre intéressait au plus haut point la gloire de Dieu et le salut des âmes. En conséquence, tous deux engagèrent fortement le digne missionnaire à correspondre aux grands desseins de la Providence.

Plus la vocation divine paraissait se confirmer^ plus Alphonse tremblait à la pensée de sa faiblesse et de son incapacité. Pour mieux éclairer sa conscience et celle de son directeur, il voulut examiner de très près et par lui-même les révélations de Marie-Céleste. Falcoia lui avait bien raconté sommairement la vision de la sœur, mais^ aGn de mieux former son jugement, il désirait en connaître les diverses particularités. Accompagné de ses deux amis intimes, Mazzini et Mandarini, il se rendit àScala, sans toutefois leur avouer le but de ce voyage, car il s'était promis de ne révéler son secret qu'après la décision du père Pagano. Nous allons voir que Dieu en disposa tout autrement.

Le lendemain de son arrivée, il entendit la confession des religieuses. Quand la sœur Marie-Céleste se présenta au saint tribunal, il commença par lui demander le récit détaillé de sa vision.

La sœur obéit, puis lui déclara nettement , dit Tavocat au procès de béatification, « que, conformément à la volonté de Dieu clairement manifestée, il devait quitter la ville de Naples, où abondaient les ouvriers évangéliques , et fonder une congrégation de missionnaires dont la vocation spéciale serait de rompre le pain de la parole divine aux habitants délaissés des campagnes. « Je me connais moi-même, repartit Alphonse. J*ai la conscience de mon incapacité, et je ne puis croire que Dieu me demande une œuvre, selon moi, irréalisable. Vous aurez certainement pris pour des illuminations divines les rêveries de votre imagination. » La sœur persista dans son affirmation que Dieu voulait pourvoir au salut des pauvres campagnards, et Tavait choisi, lui Alphonse, pour exécuter cedessein. Là-dessus s'engagea entre elle et lui un débat assez animé, dont Mazzini raconte ainsi les suites :

« J étais à la chapelle, dit-il, pendant que le serviteur de Dieu confessait les religieuses. Tout à coup je Tentendis élever la voix plus que de coutume. Il parlait avec vivacité et semblait contester ce que lui disait sa pénitente. Les confessions terminées, nous rentr&mes à la maison que nous habitions. Il s'enferma dans sa chambreetse mit à sangloter. De ma cellule j'entendais ses gémissements. Comme c'était l'heure du repas, je me permis de frapper à sa porte pour le lui rappeler. Le voyant tout en larmes, je lui demandai ^elle était la cause de sa profonde tristesse. <( L altercation, lui <Ss-je, que vous avez eue tout à l'heure avec l'une des religieuses, D'y est peut-être pas étrangère. S'il ne s'agit pas d'un secret sacra- Dientel, confiez-moi ce qui a pu provoquer cette pénible contestafion, et peut-être cette confidence ramènera-t-elle le calme dans ^otre àme. — Figurez-vous, me répondit-il, que la mère Marie- Céleste soutient que je dois abandonner Naples pour fonder à Scala ^e nouvelle société religieuse, à l'effet d'évangéliser les campagnes. Telle est, me dit-elle, la volonté de Dieu sur moi. C'est une entreprise au-dessus de mes forces. D'ailleurs, vous connaissez mes Waux à Naples, les missions auxquelles j'ai l'obligation de participer, toutes les affaires dans lesquelles je suis impliqué. De là le trouble qui m'agite et les anxiétés sous lesquelles je succombe. Je ne ^'ois pas moyen d'entreprendre cette œuvre, et je crains, si je ne l'entreprends pas, de résister à la volonté de Dieu. >>

« Je m'efforçai de consoler mon pauvre ami et de relever son ^prit abattu. Courage! lui dis-je, il n'y a pas lieu de tant vous tourmenter. Nous ne connaissons pas actuellement la volonté de Keu : attendons qu'elle se manifeste. — D'ailleurs, s'écria-l-il en

SAINT ALPHONSE DE UGUORI. — T. l. ,7

poursuivant son idée, où voulez-vous que je trouve des compagnons? — Qu'à cela ne tienne! répliquai-je, je serai, moi, votre premier compagnon. Allons donc prendre notre repas, puisque c'est rheure, et laissons à Dieu le soin de tout arranger. »

« Ces paroles, ajoute Mazzini, lui rendirent un peu de calme. Il me suivit au réfectoire, où naturellement nous continuâmes l'entretien commencé. Quknd Maudarini entendit parler d'un institut destiné à évangéliser les campagnes, il s'offrit aussitôt comme novice. Cette générosité de ses deux compagnons, en faisant luire à ses yeux quelque espoir de succès, ramena dans son cœur la paix et la joie. »

Le lendemain, dans un nouveau colloque avec la sœur, il se fit redire encore certains détails de la vision que l'intéressaient particulièrement, et la relation qu'il en fit à ses deux amis les impressionna tellement qu'ils se déclarèrent disposés à tout sacrifier pour s'enrôler dans la nouvelle milice. Tous trois s'en retournèrent à Naples avec l'intention bien arrêtée de commencer l'œuvre dès qu'ils y seraient autorisés par leur directeur respectif. A cet effet, Alphonse pria la sœur Marie-Céleste de lui envoyer par écrit un récit circonstancié de tout ce qu'elle avait vu et entendu, afin que le père Pagano, ayant sous les yeux toutes les pièces du procès, pût rendre son jugement en pleine connaissance de cause. En attendant, plusieurs missions qu'il dut prêcher dans la Fouille avec ses collègues de la Propagande l'arrachèrent pour quelques mois à ses graves préoccupations.

Aumoisde janvier 1732, nous le trouvons à Nardo, ville épiscopale de huit mille âmes. Il y prêcha tous les soii*s le grand sermon devant des foules immenses. Sa parole ardente produisit un effet prodigieux. Les pécheurs sortaient de l'église en se frappant la poitrine, même en se meurtrissant le front contre les murailles. Un jour qu'il avait dépeint le péché dans toute sa laideur, une dame, brisée de douleur, expira pendant le sermon. Jamais on n'avait vu pareil mouvement de conversion. Les religieuses de Sainte-Claire voulurent entendre ce prédicateur qui remuait toute la ville; il leur parut un séraphin dont les paroles, comme autant de flèches, perçaient les cœurs et les enflammaient de l'amour de Dieu. L'une d'elles, avancée dans la perfection, désira l'entretenir un instant, mais à peine eurent-ils échangé quelques paroles, qu'ils restèrent comme en extase en présence du Dieu dont leurs cœurs étaient également pleins.

De Nardo, Alphonse se rendit à Polignano, où la mission pro-

duisitles mêmes fruits de salut. Dans cette ville se trouvait un couvent de carmélites infesté depuis longtemps par les esprits mauvais. Ses prières comme ses sages recommandations délivrèrent les religieuses de ce terrible fléau.

Pour se reposer de ses labeurs, Alphonse entreprit, à la fin de février, le pèlerinage de Foggia, qui, depuis une année, attirait le peuple chrétien de toutes les provinces du royaume. Le 20 mars 1731, vers neuf heures du matin, un épouvantable tremblement de terre avait failli ensevelir toute la ville sous ses ruines. Pendant que les maisons s'écroulaient écrasant des centaines de personnes, un prêtre intrépide courut à la collégiale, où Ton vénérait une Madone miraculeuse connue sous le nom de la Vieille-Image, et, comme l'église ébranlée menaçait ruine, il emporta le précieux tableau et le déposa dans Téglise des capucins, au milieu d'un peuple qui fondaiten larmes. Trois jours après, de fréquentes commotions du sol feisant craindre de nouveaux désastres, les habitants se portèrent en ^ grande foule au nouveau sanctuaire de la Madone, qu'il fallut élever un autel en plein air pour y placer la sainte Image. C'était te Jeudi-Saint : tout le peuple avait les yeux tournés vers le tableau, ^'itièrement recouvert d'une feuille d'argent^, à l'exception d'un ^'^ux de forme ovale à l'endroit de la tête, quand, pendant la sainte ''^^sse, la Vierge Marie apparut tout à coup dans cet ovale sous la "Çure d'une jeune fille de quinze ans, non en peinture mais avec *pUt le relief et l'incarnat d'une personne vivante. A cette appari- ^^n céleste, Tassistance poussa des cris de joie et de reconnaissance : ^ était-ce pas Farc-en-ciel après la tempête ? Ce miracle se renou- ^^la les trois jours suivants et maintes fois encore dans le courant d^ l'année. De là les foules innombrables de pèlerins qui accoudaient à Foggia de tous les points du royaume pour vénérer la ï^done miraculeuse.

11 n'en fallait pas tant pour attirer notre saint à Tautel de sa *^onne Mère. A Foggia, il se trouva de suite en pays de connais- ^Oce, car cette ville dépendait alors de l'évêché de Troia , que son ^ïicle, M«^ Gavalieri, avait illustré par ses vertus. Un chanoine, don Francesco Garzilli, intime ami de l'évèque défunt, tint à honneur 4'héberger le pèlerin de la Madone. L'évèque lui-même, M^ Fac- ^i, en visite à Foggia, vint le premier présenter ses .hommages ^^ digne neveu de son saint prédécesseur, au zélé missionnaire que se disputaient la capitale et les provinces. Gentilshommes, prêtres

^' Parce que le temps en a effacé les couleurs.

séculiers, religieux, suivirent son exemple. Comme toute la ville, informée de sa présence, désirait entendre l'éloquent prédicateur, l'évêque lui proposa de prêcher une ncuvaine en l'honneur de la miraculeuse Image. Alphonse refusa d'abord, alléguant qu*il n^avait pas mission de ses supérieurs pour évangéliser Foggia; mais le prélat lui ayant répondu qu'en pareil cas on devait présumer l'autorisation, et que d'ailleurs il prenait sur lui toute responsabilité, Alphonse s'inclina devant cette décision et commença la neuvaine. Dès l'ouverture, l'église devint trop étroite pour contenir la foule des auditeurs. On fut obligé les jours suivants d*établir la chaire en dehors du saint lieu. Les prédications amenèrent une telle abondance de pénitents qu'on dut avoir recours à tous les confesseurs des environs. Non content de convertir les pécheurs, le zélé missionnaire tonna contre les occasions de péché, de manière à opérer une véritable réformation des mœurs et d'assurer ainsi la persévérance des convertis.

A six milles de Foggia, dans un bois écarté, s'élève un sanctuaire de Marie, honorée sous le vocable de la Vierge à la Couronne. Le dernier samedi d'avril, de nombreux pèlerins y allaient faire leurs dévotions, et le lendemain ils se livraient à de véritables bacchanales. C'était durant toute l'octave un scandale. Après Tavoir énergiquement flétri, Alphonse annonça qu'il bénirait toute la population, excepté pourtant ceux qui se préparaient à déshonorer le sanctuaire de la Madone. Aucun habitant de Foggia ne voulut encourir cetanathème, d'où il arriva que, malgré l'entraînement de la coutume, les divertissements criminels n'eurent pas lieu cette année.

La Vierge miraculeuse aida singulièrement son bien-aimé serviteur durant cette neuvaine. Les apparitions de l'année précédente se renouvelèrent plusieurs fois à la vue de tous les auditeurs, et en particulier du missionnaire, qui ne pouvait en détacher ses yeux. Un soir après le sermon, pour contenter sa piété et voir le tableau de plus près, il gravit les marches de l'autel. Pendant qu'il contemplait la pieuse Image, la Vierge Marie lui apparut tout à coup et le jeta dans un ravissement qui dura près d'une heure. Quand il revint à lui, ne pouvant contenir l'élan de sa joie, il entonna Y Ave, maris Stella ^ que les trente témoins de cette scène continuèrent avec lui. Les traits de l'apparition s'imprimèrent si bien dans son esprit que, le lendemain, ayant appelé un peintre, il le mit à môme, par sa description, de les reproduire sur la toile *.

1. Celte peinture exiale encore dans notre maison de Ciorani, ou du moins elle existait ayant l'envahissement du royaume de Naplcs par les troupes piémontaises.

Quarante-cinq ans après, il fut question de couronner la Vierge miraculeuse. On pria le missionnaire d'autrefois, alors évèque de Sainte-Agathe des Goths d'attester le miracle dont il avait été témoin : « Nous déclarons sous la foi du serment, écrivit-il, quen Tannée 1732 , pendant que nous annoncions la parole sainte dans la ville de Foggia, nous avons vu plusieurs fois et en des jours différents, la face de la très sainte Vierge Marie apparaître dans le tableau connu sous le nom de la Vieille-Image. La Vierge avait les traits d'une jeune fille de treize à quatorze ans. Sa tète était couverle d'un voile blanc, son visage saillant et mobile comme celui d'une personne vivante. Nous ne pouvions considérer cette céleste apparition sans verser des larmes d'attendrissement. Nous attestons de plus que nous n'avons pas été le seul témoin de ce prodige : il a été vu de tout un peuple qui,. par ses cris etses larmes, se recommandait à la Mère de Dieu. »

Le cœur embaumé de ce doux et ineffable souvenir, Alphonse entreprit un second pèlerinage, que depuis longtemps il désirait feire. A huit lieues de Foggia, le mont Gargan dresse ses cimes pittoresques à cinq mille pieds au-dessus de l'Adriatique. Sur ces rocs majestueux apparut, il y a quinze cents ans, l'archange saint ^chel, et lui-même traça remplacement du sanctuaire qu'on de- ^'î^it élever en son honneur. C'est là que, de siècle en siècle, les Peuples sont venus réclamer sa protection. Aujourd'hui encore, <pîand revient le 8 mai, la fête de l'Apparition, des milliere de pè- *^rios, suivant l'exemple de leurs pères, gravissent en chantant des ^nliques les crêtes escarpées de la montagne pour s'agenouiller et prier devant l'autel du grand archange. Le pieux mis- ^^Oûnaire ne pouvait s'éloigner de ces contrées sans visiter à son ^^^^ le sanctuaire de saint Michel, l'un des patrons de son bap- '^Dïe, l'insigne protecteur des chrétiens, pour lequel il professait et professera toujours une singulière dévotion.

^-ï^ passant à Manfredonia, il reçut la visite de l'archevêque, du CDapi^pg^ et de plusieurs gentilshommes, qui, après l'avoir complinieatê, le supplièrent de leur accorder une neuvaine de prédicauous^ comme il l'avait fait à Foggia; mais, n'ayant aucun mandat "^ ^s supérieurs, il ne crut pas devoir accéder à leurs instances *^ "^ou veuille, dit-il à l'archevêque, que ma condescendance à l'é- ?^Pa du peuple de Foggia, ne passe point à Naples pour une désobéissance qui mérite châlimcnt! »

1^^ lendemain, il gravissait les pentes abruptes du Gargan, puis célébrait l'auguste sacrifice sur l'autel dédié à Tarchange. A son

angélique piété, à son recueillement qui tenait de Textase, les i sistants auraient pu le prendre pour un esprit céleste venant 1 bas rendre hommage au chef des milices sacrées.

Pauvre Alphonse ! il avait bien raison de se placer, avant de i tourner à Naples, sous Tégide du puissant antagoniste de Satan, moment était venu où Tenfer allait se déchaîner contre lui et coni Tœuvre rédemptrice dont il devait être le fondateur.

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