VIII PREFACE
pondre que notre mère s'appelle FÉglise militante, et que beaucoup d'entre nous Tout malheureusement oublié.
La plupart n'ont pas voulu comprendre que le cataclysme de 1789 n'était pas une révolution comme on en a vu dans tous les temps, mais la Révolution des peuples contre Dieu et contre son Christ ou l'apostasie des nations. Aveugles volontaires, en présence des ruines qui s'accumulent, ils continuent de répéter a que le mal n'est pas si grand, que tous lés siècles se ressemblent, et que les hommes ont toujours été les mêmes : maximes générales, dit avec raison le comte de Maistre, que la paresse ou la légèreté inventent pour se dispenser de réfléchir. » Ils dormiront dans leur optimisme jusqu'au jour où, la religion et la morale détruites, la société s*ccroulera sous les coups du socialisme.
D'autres ne se font pas illusion sur la gravité du mal, mais ils le déclarent irrémédiable. Un pays socialement athée, disent-ils, est condamné à voir peu à peu les individus perdre la foi ; et Thistoire ne cite pas de peuples qui aient retrouvé la foi après Tavoir perdue. Avec la religion disparaît le patriotisme, et l'impiété amène l'invasion. C'est la loi providentielle contre laquelle aucune force humaine ne saurait prévaloir. Évidemment, avec d'aussi belles raisons, l'on est peu disposé à combattre : il ne reste qu'à se croiser les bras en attendant les barbares.
A rencontre de ces désespérés se dressent les présomptueux. Ceux-là affirment d'un ton prophétique que la France de Charlemagne et de saint Louis ne saurait périr. La Révolution a beau déchristianiser : Dieu va la tuer par un miracle. La croix qui brille sur le dôme de Montmartre, c'est le signe de la victoh*e. — Oui, nous pouvons l'espérer, ce sera le signe de la victoire, mais à condition que, fidèles soldats du Christ, nous nous rangerons sous l'étendard sacré pour combattre l'ennemi.
Nous reconnaissons volontiers qu'au milieu de l'apathie générale, une phalange glorieuse n'a jamais consenti à désarmer. Mais, il faut l'avouer, les succès de ces militants n'ont pas égalé lem's efforts, parce qu'ils ne s'entendent pas sur la tactique à suivre pour vaincre l'ennemi. Les uns rompent ouvertement avec la Révolution;