juin et 3 juillet
but de voire institut : aider Jésus à sauver tous les hommes, pour lesquels il a versé son sang, car, bien qu'il puisse tout faire par luimême, il veut qu^onFaide en tout. Or il vous a mis en main deux grands moyens de coopérer au salut de tous : celte congrégation qoe vous devez développer autant qu'il vous sera possible afin de pourvoir aux nécessités des âmes abandonnées , et le recours à la divine miséricorde en faveur des infortunés qui languissent encore dans les ténèbres du paganisme. Rogate Dominum fuessis lU mittat operarios in messem suam. Par vos prières vous leur serez plus utile que par votre présence. »
Cette réponse ne le satisfit pas complètement, car il adressa sur ce point au père Pagano une vraie consultation théologique, dont voici lerésumé. « Les théologiens de Salamanque donnent pour commune l'opinion qu'en cas de nécessité grave, on doit secourir le prochain même au risque de grands dangers. Or les infidèles du Cap se trouvent, relativement au spirituel, dans une nécessité grave, on pourrait même dire avec plusieurs théologiens dans une nécessité extrême. Donc il faut leur porter secours, fût-ce au prix de grands sacrifices. On pourrait répondre, ajoute-t-il, que si par le passé nul n'a secouru ces populations, il existe maintenant des évèques chargés de lesévangéliser, et que dès lors ces contrées, n'étant plus dépourvues de secours, les particuliers sont dispensés de pourvoir au salut des infortunés qui les habitent. »
Naturellement Pagano répondit : « Vous avez vous-même résolu k casde conscience que vous me proposez, en sorte qu'il ne me reste rien à dire. Je n'ajouterai que cette simple considération bien propre, ce me semble, à dissiper vos inquiétudes. Les Torni, les Jorio, l^Costara, et tant d'autres personnages que vous connaissez, tous ^rès doctes, très zélés, très consciencieux, ne se croient pas obligés de partir pour le cap de Bonne-Espérance, mais ils se contentent de servir Dieu dans le poste que la Providence leur a assigné. »
On De sait ce qu*il faut le plus admirer dans xVlphonse, ou de son zèle ardent pour le salut des âmes, ou de sa délicatesse de conscience, ou de sa parfaite obéissance. A la voix de ses directeurs, il s^rifia un projet qu*il nourrissait depuis longtemps dans son cœur ^^ consacra tous ses efforts au développement de sa congrégation. Nulle difficulté, nulle impossibilité apparente ne l'arrêtera jamais,
^l finalement l'obéissance lui donnera la victoire.