Lettre du 6 avril
lardla renouvelle chaque fois que la fondation menace ruine. Le 31 juillet 1733, après le départ de Mandarin! et de ses compagnons, quand tout semblait désespéré, Falcoia écrit à Alphonse : « Le démon veut nous troubler, mais vive Dieu ! les fureurs de Tenfer et ses attentats n'auront d'autre efl'et que de vous enraciner plus solidement dansTamour de la souffrance et la confiance la plus absolue. Or sur ces deux bases s'assoiera cet édifice qui doit monter jusqu'au ciel. Heureux les membres de l'institut ! Ils sont destinés à traîner y par le chemin des douleurs^ le char de la gloire de Dieu à travers le monde entier^. » Deux ans après, le 25 juillet 1735, quand lesTorni, les Viva, et autres personnages, pronostiquaient la fin prochaine delà congrégation, Falcoia annonçait de nouveau, nous l'avons vu dans ce chapitre, qu'au contraire ses membres porteraient le nom de Jésus aux peuples, aux nations, aux royaumes. Enfin, le 6 avril 1736, après la dissolution du no\iciat, alors que Tavenir parait plus sombre que jamais, Falcoia prédit pour la troisième fois que les membres de Y institut doivent porter le saiiit nom de Jésus et l'étendard iéni de la croix, sinon à toutes, du moins à diverses nations du globe\
Comment Falcoia pouvait-il concevoir qu'à Naples, le royaume fermé par excellence, un institut national dépasserait les frontières? Comment a-t-il pu prédire que cet institut, alors au berceau, à peine viable, se répandrait dans le monde entier? Comment a-t-il ûsé renouveler trois fois cette prédiction, et dans les trois circonstances où la mort planait sur ce berceau? Évidemment Dieu, en révélant à son serviteur sur les bords du Tibre la future existence de l'institut, l'avait aussi éclairé sur ses destinées.