Lettre au ?• Villaoi, octobre
248 APOTHE ET FONDATEUR.
voie, comme il est convenu, l'ébauche de la règle. » Cette première ébauche fit place à plusieurs autres, écrites de la main du saint fondateur, et sur lesquelles on voit encore ces mots tracés par Falcoia : « A corriger » ou simplement : Beîie, Souvent le saint pressait révoque de lui envoyer ses idées sur telle ou telle matière, et souvent aussi Falcoia lui répondait que sa santé ou ses occupations ne lui avaient pas permis de s'en occuper. A Castellamare, on lit dans une salle contiguô à la cathédrale cette inscription : « Ici M«** Falcoia et don Alphonse de Liguori ont travaillé ensemble à la confection des statuts diocésains et à la Règle du Très-Saint-Rédempteur. » Le chapitre décida qu'au moyen des prescriptions déjà en vigueur, des notes laissées par Falcoia et des ordonnances édictées dans ses différentes sessions, on travaillerait à former, sur les bases existantes, un corps de lois complètement organisé. C'est ce travail d'ensemble qu'Alphonse va entreprendre, et qu'il présentera plus tard à l'approbation du pape et du chapitre général.
Ainsi la congrégation, constituée en corps religieux par rémission des vœux, placée sous la direction de son saint fondateur, munie d'une règle presque entièrement élaborée, passait, après dix ans d'une vie tourmentée, de Tenfance à l'adolescence. Ses membres étaient peu nombreux, mnis capables, pour la plupart, d'actes héroïques. Déjà ils avaient remué le diocèse de Naples et dix autres diocèses : que ne feront-ils pas après avoir reçu ce nouveau baptême de la profession religieuse!
Le premier acte du recteur majeur fut de se replacer sous le joug de l'obéissance. Adolescent, Alphonse avait fait vœu d'obéir au père Pagano; prêtre, il obéissait, également en vertu d'un vœu, à M^' Falcoia; recteur majeur de sa congrégation, il enchaîna de nouveau sa volonté et fit le vœu d'obéir en tout au père Cafaro, qu'il choisit dès lors pour son directeur. Comme Jésus, son modèle, il obéira jusqu'à la mort, et Von peut ajouter sans exagération jusqu'à la mort delà croix. Aussi, en récompense de ses abaissements volontaires, Dieu le glorifiera comme il a glorifié son divin Fils.
Après le chapitre, bien que chargé des intérêts généraux de l'institut, Alphonse continua de gouverner la maison de Ciorani ; mais il en détacha trois pères qui, sous la conduite de Sportelli, avaient déjà jeté les fondements d'une nouvelle maison à Xocera de Pagani. Nous devons maintenant raconter les débuts assez tourmentés de cette fondation, qui aura la gloire de posséder Alphonse pendant une grande partie de sa vie et de conserver après sa mort ses restes vénérés.