Procès de béalificalion, folio
cr<al^lcnieiit la grande mission qui s'ouvrit le 30 novembre à Foggia. C^ette antique capitale de la Fouille n'était pas plus facile à con- ^ijuérîr que sa voisine. Avec son commerce, ses foires, ses marchés, ^^s arrivages de TAdriatique, ses magasins de blé qui Tont fait surnommer par les anciens le grenier de TApulie, sa brillante couronne de viUas et de villages, Foggia voyait affluer dans sou sein des multitudes d'étrangers. Bien que très fière de ses antiquités chrétiennes, de ses monuments religieux et surtout de son antique Madone, la Vierge aux Sept-Voiles, Tillustre cité n'en vivait pas moins dans le relâchement et la corruption. Sur quinze à vingt mille habitants, on y comptait un millier de femmes perdues ^ d'où l'on pouvait prévoir qu'une cohorte de missionnaires décidés à tonner contre le vice et le péché y seraient assez mal reçus.
Alphonse se rappelait son pèlerinage à Foggia, alors que, treize ans auparavant, un tremblement de terre en avait fait un monceau de ^QÎnes. Dieu avait chAtié la ville coupable, mais les apparitions miraculeuses, comme l'arc-en-ciel après le déluge, lui avaient rendu Ves- Pérance. En ce temps-là tous priaient avec ferveur, demandaient I^^on de leurs péchés, et condamnaient les désordres que Dieu leur ^^isait si durement expier. Hais peu à peu la ville s'était relevée; on ^vait rebâti la collégiale, replacé dans son sanctuaire la Vierge aux ^pt- Voiles, oublié la terrible secousse de 1731, et repris les vieilles ^bitudes d'indifférence et de plaisir. Aussi les habitants furent-ils ^*8ez surpris de voir arriver quinze missionnaires pour livrer un ^>6ant général aux quatre grandes paroisses de la cité. La mis- ^on dura trente-six jours. Alphonse s'était réservé la cathédrale, ^û la Madone miraculeuse, placée sur l'autel, présida aux saints ^^erdces. Son premier sermon, qu'il prêcha devant une foule ^lionne, fut un coup de massue. « Chers habitants de Foggia, ^t-il, pour la première fois que je vous adresse la parole, laissez- ^oitoot d'abord interpeller le Dieu qui m'envoie vous prêcher la 'ï^iasion, laissez-moi lui demander ce qu'il veut que je vous dise. — ligueur mon Dieu, vous m'avez commandé d'aller à Foggia prêter votre saint Évangile, me voici dans la chaire de vérité : que ^ut-il dire à cette ingrate cité? que faut-il dire à vos serviteurs in- ^èles venus ici pour m'écouter? Vous êtes indigné contre eux , et Jô le comprends, car vous avez vainement employé tous les moyens *« les convertir. Vous les avez comblés de bienfaits, et ils vous ont P^yé d'ingratitude. Vous les avez épouvantés par vos châtiments,