‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 11 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LE FElî SACRÉ.

Los douze flammes de la charité sacerdotale. — Vie active et vie contemplative. — A la campagne. — Tribulations intérieures. — Pourquoi Dieu envoie ces croix de l’esprit aux âmes privilégiées. — Alphonse on chaire. — Caractère de sa prédication. — Alphonse au confessionnal. — Trois insignes convertis : Pierre Barbarose, Nardono, Jean Olivieri. — Conférence populaire. — Grand émoi des autorités. — La secte des Côtelettes. — Barbarèse et Nardono emprisonnés. — L’GEuviv dos Chapelles. — Allons au peuple.

Notre-Seigneur est venu allumer dans les cœurs le feu de la charité. Partout où se rencontre une matière inflammable, c’est-àdire une Ame disposée, il jette la divine étincelle, mais ce n’est pas seulement une étincelle, c’est une flamme d’amour qui embrase le nouveau prêtre. La chasuble dont le pontife lui couvre les épaules symbolise, dit l’Église, la céleste charité. De là, au sortir de l’ordination, les élans d’Alphonse vers la perfection, et son zèle passionné pour la conversion des pécheurs, dont témoignent les résolutions suivantes :

1. Je suis prêtre, ma dignité l’emporte sur celle des anges : je suis donc obligé de vivre avec une angélique pureté.

2. Un Dieu daigne m’obéir : à plus forte raison dois-je obéir à sa voix, aux inspirations de sa grâce, aux volontés de mes supérieurs.

3. La sainte Église m’a fait un honneur souverain : je dois l’honorer moi-même par la sainteté de ma vie, par mes travaux, par une lutte incessante contre l’erreur et l’impiété.

k. J’offre Jésus au père éternel : je dois me revêtir de ses vertus afin de traiter dignement le plus auguste des mystères.

5. Le Seigneur m’a fait ministre de la réconciliation, médiateur entre Dieu et l’homme : il faut donc me conserver dans l’amitié de Dieu pour rendre efficace mon rôle de médiateur.

LE FEU SACRÉ

6. En moi les fidèles contemplent le modèle des vertus auxquelles ils aspirent : mon devoir est donc de les édifier toujours et de me montrer grave, prudent, réservé, mais sans rudesse ni fierté.

7. Le prêtre doit triompher de l'enfer, de la chair et du monde : donc correspondance à la grâce divine afin de remporler la victoire dans ce terrible combat.

8. Les pécheurs attendent de moi leur résurrection : je dois donc y travailler par mes prières, par mes exemples, par mes paroles et par mes œuvres.

9. Prêtre de Jésus-Christ, il me faut haïr le respect humain, les amitiés mondaines, Fambition et l’intérêt, qui discréditent le sacerdoce et perdent tant d’ecclésiastiques.

10. Le recueillement, la ferveur, l'exercice de l’oraison, la pratique des vertus solides, seront ma conlinuelle occupation si je veux plaire à Dieu .

11. Je ne dois chercher que la gloire de mon Dieu, la sanctification de mon âme et le salut de mon prochain. J’ai le devoir d’y travailler toujours, fût-ce au prix de ma vie.

12. Je suis prêtre enfin, c’est-à-dire obligé par état d’inspirer aux âmes la vertu et de glorifier Jésus, le Prêtre éternel l.

De ces douze maximes résultait pour le nouveau prêtre l’obligation de se dévouer, comme le Rédempteur lui-même, à une double vie : la vie contemplative et la vie active ; mais, avec la perspicacité de l’homme dirigé par l’esprit de Dieu, Alphonse comprit, comme tous les saints, que l’action doit naître de la contemplation, l'amour du prochain de l'amour de Dieu, le zèle apostolique de la vie intérieure, et que le plus grand danger du prêtre actif, c’est de vouloir enflammer les âmes sans entretenir en lui-même le feu sacré. Dès le début de sa vie sacerdotale, il s’astreignit par un règlement inviolable aux exercices quotidiens sans lesquels, faule d’aliment, la piété meurt bien vite.

La journée s’ouvrait invariablement par l’oraison, puis venait la préparation à la sainte messe. Il avait composé pour son usage personnel la prière suivante, dont chaque expression révèle la pureté de son cœur : « Seigneur, je vais offrir votre sang pour les pécheurs, mais aussi pour moi, le plus pervers et le plus ingrat de tous, je vais l’offrir à l’effet d’obtenir de votre miséricorde les grâces dont j’ai besoin, spécialement la grâce de toujours célébrer dignement, et non seulement de persévérer, mais de croître perpétuellement

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