‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 15 sur 227 · Annotations du P. César Sportelli · texte numérisé non relu

Annotations du P. César Sportelli

LES APPELS MYSTÉRIEUX

tant même, illuminé par un coup de la grâce, le musulman voit ses ténèbres se dissiper, et s’écrie : « Je veux devenir enfant de l’Église. » Il reçut le baptême et vécut très chrétiennement jusqu’à sa mort1.

Un jour, ravi en Dieu pendant son oraison, Falcoia aperçut des yeux de l’esprit une embarcation prête à sombrer au milieu des flots. Au nombre des passagers il reconnut plusieurs de ses amis et de ses pénitents. Vite il se jette à genoux et supplie le Seigneur d’arracher à la mort ces infortunés. Cette intervention les sauva, car ils racontèrent, pleins de reconnaissance et d’admiration, qu’au fort de la tempête, le vaisseau désemparé allait s’engouffrer dans l’abime quand le serviteur de Dieu leur apparut et les conduisit au port , sans qu’il leur fût possible de comprendre comment ils avaient échappé au naufrage1’.

Or, dans la dernière année de son séjour à Rome, il se produisit un fait qui décida de sa destinée. Il se promenait un jour sur les bords du Tibre avec un de ses confrères, lorsqu’une vision subite absorba complètement toutes ses facultés. En un instant Dieu lui fit comprendre qu’il voulait créer une nouvelle famille religieuse d’hommes et de femmes, dont le but particulier serait l’imitation parfaite des vertus du Sauveur. Par leur humilité, ses membres représenteraient la vie cachée de Jésus, et par leur zèle, sa vie publique, alors qu’il cherchait les âmes dans les vallées et sur les montagnes de la Judée. Cette vision remplit d’une si grande joie le cœur du saint religieux qu’il ne put s’empêcher de la laisser éclater au dehors. Et comme son compagnon paraissait étonné de cette allégresse soudaine et sans cause apparente, l’homme de Dieu ne put que lever les yeux au ciel. A partir de ce moment, sans révéler une faveur divine que d’autres auraient pu traiter d’illusion, il chercha le moyen de susciter dans l’Église le nouvel institut religieux, objet de la céleste communication3. Ses différentes tentatives n’avaient abouti qu’à des échecs. Vers 1710, Falcoia quitta Rome et revint à Naples, où pendant quatre années il chercha vainement des auxiliaires pour réaliser son projet. Élu ensuite général de son ordre , il se donna tout entier à l’administration de ses couvents, sans toutefois oublier sa grande idée. A l’expiration de sa charge, redevenu simple sujet, il rencontraj dans une mission qu’il prêchait à Tarente, douze prêtres zélés qui.

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