‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 35 sur 227 · I. Lettres de Sarnelli des 9 et 14 juillet · texte numérisé non relu

I. Lettres de Sarnelli des 9 et 14 juillet

RENAISSANCE

septembre, il prêchait à la cathédrale, au milieu d’un grand concours de peuple, la neuvaine du Crucifix miraculeux. Du reste Dieu bénit son obéissance et son abnégation. Non seulement ses œuvres de Naples ne souffrirent pas de son entrée dans l’institut, mais, armé de l’ouvrage qu’il méditait, et soutenu par les prières de ses frères, il parvint, comme nous le verrons plus tard, à extirper de la ville de Naples le chancre qui la rongeait.

L’entrée de Sarnelli dans la congrégation réveilla les désirs de son ami Hazzini. « J’ai vu Mazzini, disait don Janvier dans ses lettres au saint fondateur. Le brave homme brûle toujours de vous rejoin** dre. Il attend avec soumission, mais non sans tourment, que son directeur l’y autorise. Comme ce dernier a en profonde estime le père Manulius, j’espère qu’il finira par se décider *. » Sarnelli se trompait; le directeur en question persista dans son refus, sous le vain prétexte que l’institut n’était pas suffisamment établi. Avec un pareil raisonnement aucune société religieuse ne pourrait ni se former ni se développer, car la première condition d’existence et de développement pour une congrégation nouvelle c’est de pouvoir s’incorporer les sujets que Dieu lui envoie. Consulté à ce sujet, Falcoia répondit qu’on avait déjà trop temporisé et que Mazzini devait changer de directeur. « Il arrive un moment, dit-il, où ce changement devient très licite. Plusieurs fois sainte Thérèse a usé de ce droit, et moi-même je ne serais pas entré chez les Pieux-Ouvriers si je n’avais suivi son exemple. Si des hommes de sagesse et d’expérience ne doutent nullement de la vocation de Mazzini, pourquoi ne suivrait-il pas leur avis, malgré les défenses de son père spirituel? Il faut obéir à Dieu plutôt qu’à un homme dont les commandements n’obligent après tout qu’en raison de leur conformité avec la volonté divine. Tout le rôle des directeurs consiste à faire exécuter les volontés du Dieu dont ils tiennent la place. Quand donc on a de graves raisons de penser que le père spirituel contrarie les desseins de Dieu sur nous, il faut, après avoir pris l’avis d’hommes prudents et expérimentés, laisser sa direction; quand, par exemple, une vocation se présente avec les signes ordinaires : un désir ardent et constant d’acquérir une perfection plus grande, de fuir les dangers du monde et de travailler de toutes ses forces au service de Dieu, si le directeur s’y oppose, il travaille contre l’intérêt spirituel du pénitent, et celui-ci doit l’abandonner. Sainte Thérèse parle longuement dans sa Vie du grand tort que fit à son àme un de ses directeurs.

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