‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 4 sur 227 · CHAPITRE F · texte numérisé non relu

CHAPITRE F

ENFANCE ET ADOLESCENCE 1696-1713

La famille des Liguori. — Don Joseph. — Dona Anna Cavalieri. — Naissance d’Alphonse-Marie. — Prédiction de S. François de Hieronymo. — Les aines et les cadets. — Une mère chrétienne. — Le P. Thomas Pagano. — La congrégation des jeunes nobles. — Un trait de sainteté précoce. — « Je dois tout à ma mère. - — LV*tudiant. — Les langues. — Les beaux-arts. — Les codes napolitains. — Don Joseph et les jeux de cartes. — Le docteur de seize ans.

Dans les dernières années du dix-septième siècle vivaient à Naples deux époux aussi distingués par leurs vertus que par leur naissance : don Joseph de Liguori et dona Anna Cavalieri.

Don Joseph descendait d’une antique et illustre famille. Il y avait des Liguori à Naples avant qu’on n’y vît des rois. Un Marc Liguori gouvernait la cité vers la fin du douzième siècle. Mêlés aux guerres féodales, alliés aux vieilles races patriciennes, les ancêtres de don Joseph comptaient parmi les plus nobles d’entre les gentilshommes napolitains. Il en était fier, et à juste titre. Capitaine des galères royales, le descendant des Liguori n’entendait pas déroger; il espérait bien par son courage et sa fidélité se montrer digne de ses aïeux, occuper avec honneur le siège de la Porta-Nuova l, que de temps immémorial les siens avaient illustré, et mériter toujours les bonnes grâces de son auguste souverain, l’empereur et roi Charles VI 2.

Comme on le voit, don Joseph ne ressemblait en rien à ces fils de famille dégénérés qui prétendent suppléer par des quartiers de noblesse à l’absence ou à l’insuffisance du mérite personnel. Ami du travail, esclave du devoir, il n’avait cessé de développer les qualités naturelles dont Dieu l’avait doué. Contrairement aux

1. Naples avait à ses portes desScdili, lieux de réunion où les nobles délibéraient sur les impôts ou sur leurs propres intérêts.

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