‹ Saint Alphonse de Liguori, 1696-1787, Volume 1Chapitre 41 sur 227 · T*nxou, livre I<r, ch. vi · texte numérisé non relu

T*nxou, livre I<r, ch. vi

APOTRE ET FONDATEUR

Alphonse et ses compagnons ne s'entretenaient avec les hommes que par nécessité. »

C'est à cette même époque que le saint joignit à ces rudes mortifications le vœu de jeûner tous les samedis au pain et à l'eau en l'honneur de la très sainte vierge Marie : sainte pratique à laquelle il fut fidèle jusqu’au jour où ses confesseurs, en raison de sa faiblesse et de ses infirmités, la commuèrent d’autorité. En même temps, pour inspirer à tous confiance envers la mère de Dieu, il travaillait à la composition d'un livre qui devint plus tard les Gloires de Marie . Plusieurs lettres qui lui furent adressées à cette époque 1 par le père François Pepe, de la compagnie de Jésus, sur diverses questions théologiques relatives à la sainte Vierge, prouvent qu’Alphonse s’en occupait alors avec ardeur. Du reste, son correspondant l'engage à publier sans retard l’ouvrage qu’il méditait. « Ce n’est pas sans une espèce d’envie, ajoute-t-il, que je considère tous les travaux que vous entreprenez à la gloire de Jésus et de Marie. »

Et cependant, ces travaux qui l’occupaient pour ainsi dire jour et nuit, ne suffisaient pas à son âme d’apôtre. La pensée de se consacrer aux missions étrangères vint l’obséder à Villa comme jadis à Naples. Il se souvenait que, durant ses longs entretiens avec Ripa sur le sort des infidèles, ce dernier lui avait souvent parlé de certaines peuplades africaines qui, dans la région du cap de Bonne-Espérance, n’ont jamais vu de prêtres ni entendu parler du divin Sauveur. La détresse spirituelle de ces brebis sans pasteur lui arrachait des larmes, et sa conscience lui reprochait de ne pas voler à leur secours, lise dévouait, ainsi que ses compagnons, à l’évangélisation des âmes abandonnées : mais ces pauvres Africains n'étaient-ils pas dénués de tout moyen de salut, plus encore que les chevriers des montagnes napolitaines? La charité ne commande- t-el le pas de subvenir aux nécessités spirituelles du prochain, même en s’exposant à de graves dangers? Il posa ce cas de conscience à Falcoia, qui essaya de le tranquilliser.

« Votre désir de secourir les idolâtres du Cap est excellent, lui dit-il, mais je lui voudrais plus d’ampleur. Pourquoi vous apitoyezvous sur ces pauvres abandonnés du Cap de Bonne-Espérance plutôt que sur ceux de l'Asie et même de l’Europe? Ne sont-ce pas aussi des images de Dieu, des rachetés du Christ, des candidats au royaume de Dieu exposés à tomber dans l'enfer? Votre pitié doit embrasser toutes ces misères et vous porter à les secourir toutes. C’est là le

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